Rapport annuel sur la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de David MCALLISTER (PPE, DE) faisant suite au rapport annuel du Conseil sur la mise en uvre de la politique étrangère et de sécurité commune.
Dans un contexte où les conditions de sécurité dans lUnion nont jamais été plus instables, imprévisibles et complexes, les députés estiment quil est temps pour lUnion européenne de prendre son destin en main et dassumer son rôle en tant que puissance politique et économique à part entière et souveraine dans les relations internationales. Convaincus quaucun État membre de lUnion nest capable à lui seul de relever efficacement les défis mondiaux actuels, ils appellent à une véritable politique étrangère et de sécurité commune européenne, fondée sur lautonomie stratégique et son intégration, notamment sur le plan des capacités, dans les domaines industriel et opérationnel.
Les députés regrettent que, trop souvent, les États membres défendent en priorité leurs intérêts nationaux sans se préoccuper des conséquences éventuelles en Europe, ce qui nuit à lunité, à la cohérence et à lefficacité de lUnion. Ils plaident pour une plus grande solidarité et une coordination renforcée entre lUnion et ses États membres en vue de protéger la démocratie, les valeurs communes, la liberté et les normes sociales et environnementales de lUnion.
Le rapport appelle lUnion à rester fidèle à ses principes, à savoir la démocratie, les droits de lhomme et létat de droit et préconise denvisager une politique de «moins pour moins» pour les pays tiers dont la gouvernance, la démocratie et les droits de lhomme connaissent une régression. Il demande aux institutions et aux États membres dagir de manière stratégique en poursuivant une approche intégrée et en mettant à profit tous les moyens à leur disposition afin de renforcer linfluence géopolitique de lUnion et son image dans le monde et de protéger ses intérêts.
Les députés recommandent que laction extérieure de lUnion soit dotée de ressources financières suffisantes au titre du prochain cadre financier pluriannuel (CFP 2021-2027) et que lUnion axe ces ressources sur les priorités stratégiques, tout en insistant sur la nécessité dassocier le Parlement au contrôle et au pilotage stratégique des instruments de financement extérieur.
Le rapport invite le SEAE à créer des coalitions thématiques entre pays partageant les mêmes valeurs et à instaurer un dialogue avec les puissances émergentes afin de garantir les biens publics mondiaux que sont la paix et la sécurité. Ils invitent en outre tous les États membres à respecter le principe de solidarité consacré par les traités (article 80 du traité sur le fonctionnement de lUnion européenne) et à prendre les mesures qui simposent pour faire face à la crise migratoire.
Les députés recommandent entre autres:
- de renforcer la résilience intérieure de lUnion face à lingérence extérieure et de définir une stratégie commune avec ses partenaires internationaux, lorsquil sagit de protéger tant les infrastructures critiques que les institutions que les caractéristiques fondamentales des démocraties européennes;
- dinvestir dans la stabilité et la prospérité des Balkans occidentaux, réaffirmant que la perspective européenne pour les pays des Balkans occidentaux doit conduire à leur adhésion à part entière, pour autant quils satisfassent à lensemble des critères;
- dencourager le resserrement des relations dans le cadre du partenariat oriental en renforçant les liens économiques grâce aux accords commerciaux et dassociation, à laccès au marché unique et aux contacts interpersonnels plus étroits, y compris par la facilitation et libéralisation en matière de délivrance de visas, lorsque toutes les exigences sont remplies;
- de promouvoir le développement économique et social de la rive sud du bassin méditerranéen méridional et de lAfrique subsaharienne pour aider les pays à lutter contre les causes profondes de linstabilité.
Jugeant le partenariat transatlantique indispensable pour la sécurité et la prospérité des deux côtés de lAtlantique, les députés regrettent le désengagement progressif des États-Unis vis-à-vis de lordre mondial multilatéral, à savoir notamment leur retrait de laccord de Paris. Ils demandent à lUnion de faire preuve dunité, de fermeté et de proportionnalité dans ses réponses à ces décisions pour réaffirmer son plein soutien au plan daction global commun conclu avec lIran. Ils réaffirment aussi leur détermination à soutenir la souveraineté, lindépendance et lintégrité territoriale des partenaires de lUnion, condamnant lannexion illégale de la Crimée par la Russie et lintervention militaire de cette dernière dans lest de lUkraine.
Soulignant que lUnion doit jouer un rôle de premier plan au Moyen-Orient et dans le Golfe persique, les députés regrettent la décision du gouvernement américain de déplacer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem et exhortent lUnion à jouer un rôle moteur en ce qui concerne la relance dun réel processus de paix au Proche-Orient qui vise à la mise en place dune solution à deux États. Ils demandent à lUnion de tout mettre en uvre pour faire cesser les crimes et lutilisation darmes chimiques contre le peuple syrien. Ils condamnent également lutilisation répétée par la Russie de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies estimant quelle sape les efforts internationaux déployés en faveur de la paix et pour régler les conflits.
Les députés considèrent que la mise en place dune coopération structurée permanente (CSP) dans le cadre de projets de défense et lexamen annuel coordonné en matière de défense (EACD) contribueront à renforcer la coopération en matière de défense et à optimiser les dépenses budgétaires en matière de défense. Ils se prononcent pour une industrie de la défense forte, y compris par la promotion dun marché unique des produits de cybersécurité.
Enfin, le rapport souligne que la mise sur pied de nouveaux formats, tels quun Conseil de sécurité de lUnion, comme le préconise la chancelière Merkel et le président Macron, et de nouvelles méthodes de coordination plus poussées au sein de lUnion et avec les instances internationales pourrait rendre le processus décisionnel plus efficace dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité (PESC).