Défense de la liberté académique dans l’action extérieure de l’Union. Recommandation à la vice-présidente/haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de WAJID KHAN (S&D, UK) sur une recommandation du Parlement européen au Conseil, à la Commission et à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant la défense de la liberté académique dans laction extérieure de lUnion.
Selon lUNESCO, lexercice des libertés académiques doit être garanti aux enseignants de lenseignement supérieur. Cela qui englobe la liberté denseignement et de discussion en dehors de toute contrainte doctrinale, la liberté deffectuer des recherches et den diffuser et publier les résultats, le droit dexprimer librement leur opinion sur létablissement ou le système au sein duquel ils travaillent, le droit de ne pas être soumis à la censure institutionnelle et celui de participer librement aux activités dorganisations professionnelles ou dorganisations académiques représentatives.
Le monde universitaire et les établissements denseignement sont de plus en plus vulnérables à lingérence, aux pressions ou à la répression exercées par les États, le monde des affaires ou les acteurs non étatiques. Or, lautonomie est une condition préalable indispensable pour permettre aux établissements denseignement daccomplir correctement leur mission. Elle nécessite une protection constante contre les pressions illégitimes exercées par lÉtat ou par des intérêts commerciaux.
Face à ce constat, le rapport recommande au Conseil, à la Commission et à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité:
- de reconnaître explicitement limportance de la liberté académique dans les déclarations publiques, les politiques et les actions liées à laction extérieure de lUnion, en mettant notamment en exergue les principes selon lesquels les idées ne sont pas des crimes et que lautonomie des établissements denseignement doit être protégée à tout moment;
- de souligner que les revendications de liberté académique relèvent de la législation en vigueur en matière de droits de lhomme et découlent du droit à léducation et des droits à la liberté dexpression et dopinion, et de dénoncer publiquement les attaques portées contre la liberté académique;
- dapporter un soutien aux établissements, aux membres du personnel et aux étudiants menacés ou qui ont été victimes dattaques violentes ou de contrainte, et de condamner publiquement ces actes en abordant la question à tous les niveaux;
- de promouvoir légalité daccès au monde universitaire, indépendamment de lappartenance ethnique, de la caste, du handicap, de la nationalité, des croyances religieuses, de lidentité de genre, de lorientation sexuelle ou de tout autre caractère distinctif;
- de souligner que les atteintes à la liberté académique peuvent également prendre la forme de cyberattaques;
- daborder la question de la liberté académique dans les différents types de dialogues politiques, y compris les dialogues sur les droits de lhomme et les consultations avec les pays partenaires;
- dencourager tous les États à promouvoir la déclaration sur la sécurité dans les écoles et ses lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre lutilisation militaire durant les conflits armés;
- de collaborer avec les Nations unies, le Conseil de lEurope, les agences internationales, la société civile et les communautés de lenseignement supérieur afin de créer des mécanismes de suivi et de signalement des attaques, des menaces et des restrictions indues à lencontre de lenseignement supérieur et des universitaires;
- dinstaurer un dialogue régulier avec les communautés universitaires et les organisations afin de concevoir les meilleurs cadres dorientation, initiatives et stratégies de défense possibles pour la liberté académique;
- de contribuer au développement des capacités en vue de la réalisation denquêtes rapides, approfondies et transparentes en cas de violations de la liberté académique;
- dintensifier les efforts diplomatiques avec les pays partenaires par une coopération bilatérale et multilatérale en ce qui concerne des incidents préoccupants impliquant des menaces ou des attaques contre la liberté académique;
- de réexaminer les mécanismes existants de soutien et de protection des défenseurs des droits de lhomme afin de développer les capacités à détecter les cas dattaque contre la liberté académique et de fournir une assistance, y compris un soutien et une protection durgence;
- de garantir que les programmes dassistance macrofinancière de lUnion pour les pays tiers ainsi que les politiques des institutions financières européennes ne portent pas atteinte à la liberté académique;
- de créer de nouvelles initiatives dans le cadre de programmes existants et futurs en vue de mettre place de nouvelles mesures financées par les programmes de lUnion pour favoriser le placement duniversitaires, de chercheurs et détudiants de cycle complet à risque bénéficiant dune protection internationale dans des établissements européens denseignement supérieur et de recherche;
- de soutenir les efforts normatifs en cours aux niveaux régional et international, en adoptant, par exemple, une déclaration internationale sur la liberté académique et lautonomie des établissements denseignement supérieur;
- dencourager lUnion et ses États membres à prendre linitiative au Conseil des droits de lhomme des Nations unies sur les questions de liberté académique.