État du débat sur l’avenir de l’Europe
La commission des affaires constitutionnelles a adopté un rapport dinitiative de Ramón JÁUREGUI ATONDO (S&D, ES) sur létat du débat sur lavenir de lEurope.
Les députés ont rappelé que lUnion européenne était un exemple dintégration supranationale sans équivalent qui avait apporté une paix durable ainsi que la prospérité et le bien-être depuis la déclaration Schuman du 9 mai 1950. Or, ces dernières années, lUnion a fait face à de nombreuses crises qui ont mis à lépreuve sa résilience et sa capacité à agir de façon décisive et unie.
Au vu des nombreux défis actuels et futurs tant internes quexternes que doit relever lUnion, les députés ont appelé lUnion à promouvoir un nouvel esprit de coopération et de solidarité entre ses membres sur la base du traité sur lUnion européenne et de la charte des droits fondamentaux, tandis que lobjectif de « créer une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens » devrait continuer à inspirer les mesures prises par lUnion pour renforcer encore lintégration européenne.
Relever les défis communs
Les chefs dÉtat ou de gouvernement qui sont intervenus devant le Parlement lors des débats sur lavenir de lEurope ont tous reconnu la nécessité de relever ensemble les défis de lavenir et de mieux faire ce qui ne peut être réalisé quensemble.
Dans cet esprit, les députés ont réaffirmé que lintégration différenciée devait rester ouverte à tous les États membres et continuer à servir de méthode en vue dune intégration européenne approfondie, sans pour autant être confondue avec lidée dune Europe «à la carte».
La crise ayant créé un déséquilibre entre les principales institutions de lUnion au profit du Conseil européen, les députés ont réaffirmé leur attachement à la méthode communautaire comme étant la mieux adaptée au fonctionnement de lUnion. Ils ont préconisé pour les procédures de prise de décisions, lapplication du principe du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil et, pour la législation, lutilisation de la procédure législative ordinaire dans tous les domaines où cela est possible.
Les députés ont réitéré leur suggestion de transformer le Conseil en une véritable chambre législative sur pied dégalité avec le Parlement en mettant à profit le potentiel du traité de Lisbonne, et daméliorer la transparence du processus décisionnel. Dans la perspective dune éventuelle révision des traités, ils ont suggéré dattribuer également le droit dinitiative législative au Parlement européen.
Priorités
Les députés ont regretté le caractère non contraignant du socle européen des droits sociaux qui ne peut, de ce fait, réorienter lattention portée par lUnion aux politiques économiques, au marché intérieur et aux politiques budgétaires vers des objectifs de politique sociale.
Dans le cadre du débat sur lavenir de lEurope, les députés ont insisté sur limportance :
- dassurer une convergence économique et sociale vers le haut dans le cadre du processus du Semestre européen ;
- dintégrer lobjectif de protection de lenvironnement dans toutes les politiques et mesures de lUnion ;
- de poursuivre le processus dapprofondissement et dachèvement de lUEM afin de contribuer à préserver la stabilité de la monnaie unique et de faire converger davantage les politiques des États membres dans les domaines de léconomie, de la fiscalité et du marché du travail, ainsi que leurs normes sociales;
- dun engagement politique fort, dune gouvernance efficace et dune responsabilité démocratique aux niveaux européen et national, et en particulier du contrôle parlementaire aux différentes étapes du semestre européen par le Parlement européen et les parlements nationaux ;
- de poursuivre lengagement en faveur du processus conduisant à lachèvement de lunion bancaire ;
- de recenser et de supprimer les obstacles au marché intérieur, ainsi que de contribuer à garantir la protection des citoyens et dachever lunion des marchés des capitaux;
- de poursuivre le réexamen complet de la législation existante en matière de TVA;
- de reconnaître limportance de la politique agricole commune (PAC) soutenue par un budget correctement financé ;
- de se pencher sur la manière de réformer le système budgétaire de lUnion afin de fournir un budget adéquat pour garantir le financement des politiques prévues.
Politique migratoire
Le rapport a déploré labsence daccord entre les États membres sur les priorités et la mise en uvre dune politique exhaustive en matière dimmigration à léchelle de lUnion, qui permettrait dorganiser et de réguler les flux migratoires, de contrôler plus efficacement les frontières extérieures de lUnion, de coopérer avec les pays dorigine et de transit et de garantir le respect des droits fondamentaux des migrants et des demandeurs dasile.
Les députés ont souligné la nécessité de surmonter les contradictions entre les intérêts exposés par les États membres et le mécontentement exprimé par les citoyens, afin de ne pas mettre en danger le projet dintégration européenne qui pâtit directement de linstrumentalisation de la question des migrations par les partis eurosceptiques.
Défense
Les députés ont rappelé leur demande en faveur de la création dun Conseil permanent des ministres de la défense qui serait présidé par le haut représentant de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission (HR/VP). Ils ont souligné limportance dune responsabilité démocratique appropriée concernant les décisions prises dans ce domaine ainsi que la nécessité de renforcer la coopération entre le Parlement européen et les parlements nationaux à cet égard.
Politique commerciale
Soulignant que la politique commerciale commune devait demeurer un pilier fondamental de la politique extérieure de lUnion, les députés ont appelé lUE à prendre linitiative à léchelle mondiale en matière de politique commerciale, aux niveaux multilatéral et bilatéral et à être en première ligne pour la défense dun système commercial mondial axé sur le développement, ouvert, fondé sur des règles, juste et durable.
Enfin, le Parlement a souligné que ni la souveraineté nationale, ni la subsidiarité ne sauraient justifier ou légitimer la soustraction systématique dun État membre aux valeurs fondamentales de lUnion européenne.