Pleine application des dispositions de l'acquis de Schengen en Bulgarie et en Roumanie: abolition des contrôles aux frontières terrestres, maritimes et aériennes intérieures
Le Parlement a adopté par 514 voix pour, 107 contre et 38 abstentions, une résolution sur lapplication de la totalité des dispositions de lacquis de Schengen en Bulgarie et en Roumanie: suppression des contrôles aux frontières intérieures terrestres, maritimes et aériennes.
Les députés rappellent que toutes les conditions nécessaires à lapplication intégrale de lacquis de Schengen ont été remplies par la Bulgarie et la Roumanie en 2011. Avec la décision du Conseil du 12 octobre 2017, la Bulgarie et la Roumanie se sont vu accorder un accès passif au système dinformation sur les visas. Dans son projet de décision du 18 avril 2018, le Conseil a proposé lapplication intégrale des dispositions restantes de lacquis de Schengen relatives au système dinformation Schengen dans les deux États membres.
Le Parlement estime dès lors que la proposition visant à répartir en deux actes juridiques la suppression des contrôles aux frontières intérieures afin de fixer des délais différents de suppression des contrôles aux frontières terrestres, maritimes et aériennes constitue un changement significatif par rapport au texte du projet de décision du Conseil du 29 septembre 2010 approuvé par le Parlement.
Les députés craignent que lintroduction dune approche en deux étapes puisse avoir une incidence négative sur le futur élargissement de lespace Schengen. En effet, la répartition de la décision du Conseil en deux actes juridiques (lun pour la suppression des contrôles aux frontières aériennes et maritimes et lautre pour les frontières terrestres) codifierait, sur le plan juridique, le principe actuel de deux poids, deux mesures dans lespace Schengen, où la Bulgarie et la Roumanie ont toutes les obligations et responsabilités des membres à part entière de Schengen, mais ne bénéficient pas de la libre circulation.
La résolution souligne que le maintien des contrôles aux frontières intérieures de la Bulgarie et de la Roumanie a une incidence négative sur les exportations et les importations en provenance et à destination des deux États membres et sur les opérations de transport au départ et à destination de certains des plus grands ports de fret et de passagers du Sud de lEurope, ce qui se traduit par des pertes financières et une augmentation des dépenses. Selon les estimations, la réintroduction des contrôles aux frontières pourraient coûter de 50 millions à 20 milliards deuros à lUnion européenne pour les coûts ponctuels et 2 milliards deuros par an pour les coûts de fonctionnement.
Dune manière générale, les États membres devraient prendre une décision relative à lélargissement de lespace Schengen uniquement sur la base du respect des conditions pertinentes dapplication de lacquis de Schengen après lachèvement du processus dévaluation.
Le Parlement a invité le Conseil à présenter dès que possible un nouveau projet de décision sur lapplication de la totalité des dispositions de lacquis de Schengen en Bulgarie et en Roumanie sur la base de son projet de décision du 29 septembre 2010 et, au moyen dun acte juridique unique, à prendre une décision immédiate en vue de la suppression des contrôles aux frontières intérieures terrestres, maritimes et aériennes. Il a invité le Conseil à utiliser la même démarche à légard de la Croatie.
Les députés ont enfin rappelé que le Conseil ne peut prendre une décision sur lapplication des dispositions de lacquis de Schengen en Bulgarie et en Roumanie quaprès consultation du Parlement. Ils ont invité à nouveau le Conseil, sil entend sécarter du texte approuvé par le Parlement dans sa résolution législative du 8 juin 2011, à en informer celui-ci.