Résolution sur l'Egypte, et plus particulierèment sur la situation des défenseurs des droits de l'homme dans le pays
Le Parlement européen a adopté une résolution sur lÉgypte, et plus particulièrement sur la situation des défenseurs des droits de lhomme dans le pays. La résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, ALDE, GUE/NGL, Verts/ALE et ECR.
Le Parlement a condamné les restrictions répétées des droits démocratiques fondamentaux, notamment la liberté dexpression en ligne et hors ligne, la liberté dassociation et de réunion, le pluralisme politique et létat de droit en Égypte. Il a demandé au gouvernement égyptien de mettre fin à tous les actes de violence et dintimidation perpétrés en Égypte contre les défenseurs des droits de lhomme, les manifestants, les journalistes, les activistes, les personnes LGBTI, les minorités, notamment les Nubiens, les organisations de la société civile, ainsi que dautres groupes.
La résolution a cité spécifiquement 18 défenseurs des droits de lhomme et professionnels des médias et a invité le gouvernement égyptien à les relâcher immédiatement et sans conditions. Il a rappelé au gouvernement égyptien que la prospérité à long terme de lÉgypte et du peuple égyptien va de pair avec la sauvegarde des droits de lhomme universels ainsi quavec létablissement et lancrage dinstitutions démocratiques et transparentes.
Les députés ont ensuite demandé aux autorités égyptiennes dabandonner toutes les enquêtes pénales sans fondement ouvertes à lencontre dONG, notamment le «dossier de financement étranger», et dabroger la loi draconienne sur les ONG. Ils ont rappelé que lÉgypte a engagé une bataille juridique contre les ONG lannée dernière, en adoptant une loi exigeant lapprobation, par les agences de sûreté de lÉtat, de leur financement, quil soit dorigine nationale ou étrangère, ce qui équivaut, dans les faits, à les interdire. Les 16 accusés dans l«affaire des financements étranger» 173/2011 se voient reprocher davoir établi et exploité des succursales dorganisations internationales sans licence gouvernementale. Le Parlement a encouragé le remplacement de cette loi par un nouveau cadre législatif, qui sera rédigé en véritable consultation avec les organisations de la société civile.
Les députés se sont déclarés gravement préoccupés par les représailles contre des personnes qui coopèrent ou cherchent à coopérer avec des organisations internationales de défense des droits de lhomme ou avec des organes des Nations unies chargés des droits de lhomme, comme, dernièrement, le rapporteur spécial des Nations unies sur le logement convenable. Ils ont également souligné leur inquiétude concernant les procès de masse tenus par les tribunaux égyptiens et ont demandé que le gouvernement égyptien cesse dappliquer la peine de mort, qui a été prononcée dans au moins 144 exécutions réalisées sous le président Al-Sissi.
Le Parlement a discuté dautres sources dinquiétude, notamment létat durgence en place actuellement, les persécutions répétées des minorités dÉgypte, la torture et le meurtre du chercheur italien Giulio Regeni en janvier 2016, et les mesures discriminatoires mises en place après juin 2017 envers les citoyens qataris. Il a noté que les possibilités dopposition politique pacifique avaient été supprimées tout au long du processus électoral présidentiel de 2018, marqué par un déni massif du droit des électeurs égyptiens à la participation politique.
Les députés ont invité lÉgypte à honorer lengagement quelle a pris dans le cadre des priorités du partenariat UE-Égypte adoptées le 27 juillet 2017 de promouvoir la démocratie, les libertés fondamentales et les droits de lhomme, malgré un recul continu des droits de lhomme, de la démocratie et de létat de droit. la VP/HR et les États membres ont été invités à subordonner la poursuite de la coopération avec lÉgypte au respect des droits de lhomme.
Le Parlement a réaffirmé que les mesures de gestion des migrations ou de lutte contre le terrorisme ne doivent pas porter atteinte aux droits de lhomme. Il a prié le SEAE de faire face à la récente évolution de la situation en Égypte et duser de tous les moyens dinfluence dont elle dispose pour faire pression sur lÉgypte afin quelle améliore la situation des droits de lhomme.
Les députés ont également demandé à la VP/HR et aux États membres de maintenir une position forte et unifiée sur la posture de lUnion européenne à légard des droits de lhomme lors de la réunion du Conseil dassociation UE-Égypte prévue le 20 décembre 2018.
En dernier lieu, le Parlement a déploré vivement la réticence des autorités égyptiennes à organiser une mission de la sous-commission des droits de lhomme du Parlement au Caire et attend de lUnion quelle dénonce le refus persistant des autorités égyptiennes dautoriser cette visite.