Résolution sur le recul des droits des femmes et de l’égalité hommes-femmes dans l’Union
Le Parlement européen a adopté une résolution déposée par la commission des droits de la femme et de légalité des genres sur le recul des droits des femmes et de légalité hommes-femmes dans lUnion.
La décennie en cours a vu la montée en puissance dun mouvement organisé au niveau européen et mondial qui lutte contre légalité hommes-femmes et les droits des femmes, y compris dans lUnion européenne.
Les domaines dans lesquels ce recul est particulièrement marqué semblent communs aux différents pays et comprennent des domaines comme lintégration dans les différentes politiques des questions dégalité entre les hommes et les femmes, la protection sociale et la protection des travailleurs, léducation, la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, la prévention et la lutte contre la violence à légard des femmes et la violence sexiste, les droits des personnes LGBTI+, la présence de femmes à des postes politiques décisionnels et le financement approprié pour des organisations et mouvements de défense des droits des femmes.
Les députés ont également indiqué quau cours de la première moitié de 2018, plusieurs États membres ont été le théâtre dun mouvement de rejet de la convention dIstanbul, ouvrant ainsi la voie aux discours de haine, notamment à lencontre des personnes LGBTI+.
Ils ont condamné la requalification de la politique dégalité entre les sexes en cours dans certains États membres, qui consiste à la réduire à une politique centrée sur la famille et la maternité. Ils se sont inquiétés de la grande influence quexercent, dans la conception des politiques au niveau national, les opposants aux droits des femmes en matière de procréation et à lautonomie des femmes, en particulier dans certains États membres, et de la volonté de ces opposants de restreindre les droits des femmes et de saboter leur accès aux soins de santé, notamment en ce qui concerne laccès au planning familial et à la contraception, ainsi que des tentatives de restreindre ou de révoquer le droit à linterruption volontaire de grossesse.
Les députés ont souligné que lindice dégalité de genre indique que les inégalités persistent et que les progrès observés entre 2005 et 2015 sont très limités, et que tous les États membres ont encore des progrès à accomplir.
Le Parlement a demandé à la Commission et aux États membres de réaffirmer leur engagement en faveur de légalité hommes-femmes, des droits des femmes et des droits des personnes LGBTI+, y compris des droits des minorités les plus vulnérables. Il a demandé que soient dénoncés sans réserve les discours et mesures qui portent atteinte aux droits, à lautonomie et à lémancipation des femmes dans tous les domaines.
Considérant quil est essentiel dinvestir dans léducation comme moyen de prévenir le recul, le Parlement a invité la Commission et les États membres à sensibiliser davantage le public à limportance et aux avantages que présentent, pour la société, la sauvegarde des droits des femmes et de légalité entre les hommes et les femmes et lélimination des stéréotypes sexistes, et à soutenir davantage lélaboration et la diffusion détudes et dinformations fondées sur des données factuelles dans le domaine des droits des femmes.
Le Parlement a invité la Commission et les États membres à :
- faire en sorte que les droits des femmes et les droits des personnes LGBTI+ soient protégés et reconnus comme des principes dégalité dans le cadre de la démocratie et de létat de droit ;
- accroître le financement en faveur de la protection et de la promotion des droits des femmes et de légalité entre les hommes et les femmes, y compris en ce qui concerne la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, dans lUnion et dans le monde;
- réexaminer leurs mécanismes de distribution, de suivi et dévaluation des subventions et à veiller à ce quils tiennent compte des problématiques hommes-femmes et soient adaptés aux difficultés que peuvent rencontrer certaines organisations et certains mouvements, notamment de petite et moyenne taille, dans un environnement hostile à leur cause;
- mettre à disposition les ressources financières suffisantes pour mettre en uvre les instruments destinés à lutter contre toutes les formes de violence, notamment de violence à légard des femmes;
- fournir un soutien direct et significatif aux organisations de femmes dans les pays qui font lexpérience dun sous-financement systématique et dattaques par des organisations de la société civile afin de garantir la continuité des services interrompus qui protègent et soutiennent les femmes et leurs droits ;
- promouvoir la réalisation dune évaluation de la situation actuelle dans lUnion en ce qui concerne la prostitution dont les réseaux de trafiquants profitent du marché intérieur, et dattribuer des moyens financiers à des programmes qui permettent aux victimes de la traite des êtres humains et dexploitation sexuelle déchapper à la prostitution;
- inclure la promotion et lamélioration de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation dans la prochaine stratégie de santé publique;
- supprimer et à inverser les restrictions budgétaires imposées aux programmes en faveur de légalité hommes-femmes, aux services publics et, en particulier, à loffre de soins de santé en matière de sexualité et de procréation;
- réviser la directive de refonte 2006/54/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relative à la mise en uvre du principe de légalité des chances et de légalité de traitement entre hommes et femmes en matière demploi afin de supprimer lécart salarial entre les hommes et les femmes.
Le Parlement a regretté que lintégration dune perspective de genre dans le processus budgétaire nait pas été reconnue comme principe horizontal dans le règlement fixant le cadre financier pluriannuel pour les années 2021 à 2027 et a invité le Conseil à modifier de toute urgence ledit règlement. Il a également invité le Conseil à :
- débloquer la directive relative à un meilleur équilibre entre les hommes et les femmes parmi les administrateurs non exécutifs des sociétés cotées en bourse afin de remédier au grave problème de la sous-représentation féminine au plus haut niveau des instances de décision économique;
- débloquer la directive relative à la mise en uvre du principe de légalité de traitement en dehors du marché du travail, indépendamment de lâge, du handicap, de lorientation sexuelle ou de la croyance religieuse, qui vise à étendre la protection contre la discrimination par une approche horizontale.