Evaluation et gestion des risques d'inondation
La Commission a présenté le cinquième rapport sur la mise en uvre de la directive-cadre sur leau (2000/60/CE) et de la directive «Inondations» (2007/60/CE) basés sur les deuxièmes plans de gestion de district hydrographique de la Commission et les premiers plans de gestion des risques dinondation préparés par les États membres pour la période 2015-2021.
La directive «Inondations», introduite en 2007 comme lune des réponses aux importantes inondations autour du Danube et de lElbe à lété 2002, définit un cadre visant à réduire les risques de dommages provoqués par les inondations au sein de lUE. Avec lavancée des changements climatiques, les incertitudes en matière de gestion des risques dinondation requièrent un suivi et un ajustement continus des pratiques afin de réduire au maximum l'ampleur des dommages.
Le présent rapport se concentre sur les progrès réalisés à ce jour, sur la base des premiers plans de gestion des risques dinondation. La Commission a indiqué avoir tenu compte de commentaires apportés par le Parlement européen, entre autres, sur les précédents rapports de mise en uvre. Le Parlement a adopté une résolution portant sur leau en 2015, soulignant les synergies entre les plans de gestion de district hydrographique et les plans de gestion des risques dinondation.
Directive «Inondations» - conclusions des premiers plans de gestion des risques dinondation
Le rapport a indiqué quen cas de maintien du statu quo (cest-à-dire dans lhypothèse de la poursuite de lactuel régime de protection contre les inondations par débordement direct de cours deau et de la période de retour actuelle de cent ans), les dommages pour lUnion européenne résultant de leffet combiné du climat et des changements socio-économiques devraient passer de 6,9 milliards dEUR par an à 20,4 milliards dEUR par an dici les années 2020, à 45,9 milliards dEUR dici les années 2050 et à 97,9 milliards dEUR par an dici les années 2080.
Presque tous les États membres ont communiqué les conclusions de leurs évaluations préliminaires des risques dinondation ainsi que leurs cartes des zones inondables et leurs cartes des risques dinondation dans leurs plans de gestion des risques dinondation. Tous les États membres ont fixé des objectifs relatifs à la gestion des risques dinondation et ont inclus des mesures destinées à réaliser ces objectifs.
Toutefois, tous les objectifs ne sont pas suffisamment élaborés pour prévoir la mise en uvre dune surveillance, et les mesures ne sont pas toutes clairement liées à des objectifs; considérés conjointement, ces manquements pourraient présenter des difficultés pour le deuxième cycle (2016-2021), au cours duquel les États membres sont censés évaluer les progrès réalisés. Le nombre des mesures varie sensiblement entre les États membres, allant de quelques mesures individuelles à des milliers de groupes de mesures. Environ 50% des mesures concernent la prévention et la préparation, environ 40% les risques de dommages provoqués par les inondations et les 10% restants le rétablissement.
Les 26 États membres évalués ont tous inclus des solutions fondées sur la nature dans certains ou dans lensemble de leurs plans de gestion des risques dinondation, soit en tant projets, soit en tant quétudes préparatoires. Bien que la directive «Inondations» ne fasse pas mention de la couverture dassurance contre les risques dinondation, plus de la moitié des plans de gestion des risques dinondation évalués mentionnent au moins quelques mesures connexes, y compris de sensibilisation.
Tous les États membres ont indiqué le degré de priorité des mesures, ou ont indiqué un calendrier de mise en uvre. En guise dillustration, environ 10% des mesures communiquées étaient de priorité critique, 60% de priorité très élevée ou élevée, 20% de priorité modérée et la part restante de priorité limitée. 19 des 26 États membres évalués ont procédé dans une certaine mesure à une analyse coûts-avantages des mesures.
Environ la moitié des États membres évalués ont procédé à des estimations des coûts des mesures de lutte contre les inondations disponibles. Toutefois, dans de nombreux cas, ces estimations ne portaient pas sur lensemble des mesures ou des plans de gestion des risques dinondation. Dans 23 des 26 États membres, la plupart des plans de gestion des risques dinondation ont recensé des sources de financement; cependant, dans de nombreux cas, celles-ci se rapportent à des mécanismes de financement possibles au sens large, par exemple les Fonds structurels et dinvestissement européens.
Recommandations
Le rapport a signalé que, bien quil sagisse des premiers plans de gestion des risques dinondation, il apparaît clairement que tous les États membres ont fondamentalement intégré le concept de la gestion des risques dinondation, même si le degré pratique délaboration varie. Les États membres devront fournir des efforts soutenus au cours des cycles suivants pour réaliser le principal objectif de la directive «Inondations» consistant à réduire lampleur des conséquences négatives potentielles des graves inondations.
Aux fins des deuxièmes plans de gestion des risques dinondation, le rapport a recommandé aux États membres de : (i) établir un lien clair entre la mise en uvre des mesures et la réalisation des objectifs afin dêtre en mesure dévaluer les progrès réalisés à partir du deuxième cycle; (ii) identifier des sources de financement spécifiques pour garantir la mise en uvre des mesures.
Selon le cas, la Commission procédera avec les États membres au suivi des recommandations contenues dans le présent rapport et ses documents daccompagnement, afin d'assurer une meilleure mise en uvre des exigences au titre de la directive-cadre sur leau. Elle veillera également à renforcer lapplication des obligations juridiques visant les principales pressions sur lenvironnement aquatique, telles que celles découlant de la directive sur le traitement des eaux urbaines résiduaires et de la directive sur les nitrates.
En dernier lieu, le rapport a noté quen Europe, leau est de plus en plus affectée par les changements climatiques. La conformité avec la législation européenne sur leau contribue déjà à gérer les incidences du changement climatique, en anticipant des phénomènes de sécheresses et dinondations plus fréquents. La politique de lUnion européenne dans le domaine de leau présente un potentiel considérable datténuation des changements climatiques, pour autant que des actions efficaces soient prises dès à présent.