Accord-cadre institutionnel (ACI) entre l’UE et la Confédération suisse. Recommandation
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport de Doru-Claudian FRUNZULICĂ (S&D, RO) sur une recommandation du Parlement européen au Conseil, à la Commission et à la vice-présidente de la Commission et haute représentante de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité concernant laccord-cadre institutionnel entre lUnion européenne et la Confédération suisse.
La commission du commerce international, exerçant ses prérogatives de commission associée, a également exprimé son avis sur ce rapport
Le Conseil a déclaré que lobjectif dun accord institutionnel global avec la Suisse devrait être de protéger lhomogénéité du marché intérieur et de garantir la sécurité juridique des autorités, des citoyens et des acteurs économiques. De son côté, le Conseil fédéral suisse souhaite conclure un accord institutionnel avec lUnion qui garantisse une sécurité juridique en matière daccès au marché et préserve la prospérité de la Suisse ainsi que son indépendance et son système juridique.
Un partenariat étroit
Les députés ont souligné que la Suisse et lUnion avaient bâti un partenariat étroit, que la Suisse était fortement intégrée dans lUnion européenne et que les deux parties partageaient les mêmes valeurs et faisaient face aux mêmes défis régionaux et mondiaux. Lintégration de la Suisse au sein du marché intérieur de lUnion est un facteur de croissance économique fondamental, qui fait de lUnion européenne le principal partenaire économique et commercial de la Suisse.
Les députés ont appelé de leurs vux la conclusion de laccord-cadre institutionnel dans les meilleurs délais, afin dapporter une cohérence à lensemble complexe des 120 accords bilatéraux existants, y compris en mettant en place un mécanisme de règlement des conflits. Ils ont salué le fait que les négociateurs ont convenu du texte final de laccord et ont invité le Conseil fédéral suisse à prendre la décision de conclure laccord dès que la consultation des parties prenantes aura abouti à un résultat positif à cet égard. Ils ont demandé aux parties dorganiser dès que possible une réunion interparlementaire des législateurs de lUnion et de la Suisse, afin quils puissent débattre de tous les aspects de cet accord.
Libre circulation des personnes
Soulignant que libre circulation des personnes était un pilier essentiel et non négociable des politiques de lUnion, les députés ont pris acte de la mise en uvre de linitiative relative à la «préférence nationale light» et du fait que, selon le Conseil, le texte qui en découle peut être mis en uvre selon des modalités compatibles avec les droits dont jouissent les citoyens de lUnion au titre de laccord sur la libre circulation des personnes pour autant que lordonnance dapplication nécessaire règle les questions en suspens, comme celle du droit à linformation concernant les offres demploi et celle du respect des droits des travailleurs frontaliers.
Les députés rappellent toutefois que la question de la migration des ressortissants de pays tiers ne devrait pas être assimilée à la libre circulation des personnes consacrée par les traités. Ils soulignent la nécessité de surveiller de près la mise en uvre de lordonnance afin dévaluer sa conformité avec laccord sur la libre circulation des personnes.
Contribution de la Suisse aux programmes européens
Les députés ont estimé que les contributions financières de la Suisse à des programmes tels que le Fonds de cohésion sont dans son propre intérêt et doivent être poursuivies, se félicitant des effets positifs de la contribution de la Suisse sur les États membres bénéficiaires. Ils ont rappelé que la Suisse tirait dimportants bénéfices de sa participation au marché unique et souligné que la future contribution de la Suisse à la politique de cohésion de lUnion était essentielle et devrait être considérablement accrue, sur le modèle des subventions EEE/Norvège.
Marchés publics et services
Les députés ont exprimé leur soutien à la volonté de conclure un partenariat commercial révisé qui couvre des domaines tels que les services, y compris les services numériques, le droit de propriété intellectuelle, la facilitation des échanges, la reconnaissance mutuelle en matière dévaluation de la conformité et les marchés publics, et qui comporte un chapitre sur le commerce et le développement durable. Ils ont plaidé pour une coopération approfondie, afin de mieux protéger les indications géographiques et pour un élargissement du mécanisme bilatéral de règlement des différends.
La Suisse est invitée à poursuivre ses efforts visant à aligner sa stratégie «Suisse numérique» sur le marché unique numérique européen. Elle est également invitée à appliquer les directives de lUnion pertinentes afin de maintenir son niveau actuel de protection sociale et de salaires dans le cadre de loffre de services transfrontière.
Les députés ont insisté sur la nécessité de continuer à approfondir la coopération afin de lutter contre lévasion fiscale et de renforcer la justice fiscale.
Le rapport a également salué :
- le rôle de facilitateur joué par la Suisse dans la mise en place de structures fédérales complexes et darrangements constitutionnels négociés dans un climat de paix, afin de favoriser la coexistence dindividus de différentes origines ethnique ;
- la participation et lappui de la Suisse aux missions de sécurité et de défense de lUnion, comme EUFOR, ALTHEA, EULEX Kosovo, EUTM Mali et EUBAM Libye, et aux travaux de lAgence européenne de défense ;
- la contribution et la coopération de la Suisse dans le contexte de la migration de masse dans lespace Schengen et de la mise en uvre de lagenda européen en matière de migration.
Les députés se sont félicités de lassociation de la Suisse à lintégralité du programme Horizon 2020 et ont souhaité la poursuite de la coopération dans le cadre des futurs programmes de recherche. Ils ont invité la Suisse à engager des négociations concernant son association aux programmes Erasmus.