Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: emploi et aspects sociaux dans le cadre de l’examen annuel de la croissance 2019

2018/2120(INI)

La commission de l’emploi et des affaires sociales a adopté un rapport d’initiative de Marian HARKIN (ADLE, IE) sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: emploi et aspects sociaux dans le cadre de l’examen annuel de la croissance 2019.

Socle européen des droits sociaux

Soulignant que les objectifs et engagements sociaux de l’Union sont tout aussi importants que ses objectifs économiques, les députés ont invité la Commission et les États membres à renforcer les droits sociaux de manière à construire une véritable dimension sociale pour l’Union. Ils ont demandé le plein engagement du Semestre européen en faveur du socle européen des droits sociaux, mettant en avant l’égalité de traitement et l’égalité des chances entre les femmes et les hommes, le droit à la même rémunération pour un travail de valeur égale et le droit à des services de soins de qualité et abordables.

Investissements

Les députés ont insisté sur la nécessité de pallier le manque d’investissements dans la recherche et l’innovation en matière d’infrastructure, y compris dans les services sociaux, de santé et de soins, ainsi que dans la promotion de la santé et dans la prévention des maladies, dans l’efficacité énergétique de logements décents et dans le capital humain. Ils ont invité la Commission et les États membres à investir dans une éducation et une formation de qualité, abordables, accessibles et ciblées, en renforçant les mesures de requalification et de recyclage, y compris les compétences numériques et transférables, et promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie et le développement des compétences.

Salaires décents

Les députés ont invité la Commission et les États membres à examiner de près la question de la pauvreté et à mettre en œuvre des mesures visant à améliorer la qualité des emplois et à réduire les écarts de rémunérations, notamment en augmentant les planchers salariaux, le cas échéant, sous la forme de salaires minimaux fixés à des niveaux décents.

Lutter contre le chômage et remédier à l’inadéquation des compétences

Si les taux de chômage dans l’Union se situent à leur niveau le plus bas, le taux de vacance d’emploi dans l’Union était de 2,2 % en 2018, contre 1,9 % en 2017.

Le rapport a souligné que l’adéquation entre les qualifications et les compétences d’une part et les possibilités d’emploi d’autre part était une condition préalable à la création d’un marché européen du travail compétitif. Pour y parvenir, les députés ont suggéré de faciliter une coopération plus étroite des systèmes éducatifs avec les entreprises et les organisations professionnelles, par exemple en encourageant la formation en alternance, l’apprentissage, l’expérience professionnelle et la validation des acquis sous toutes ses formes et à tous les niveaux, notamment dans l’enseignement supérieur.

L’intégration des chômeurs longue durée à l’aide de mesures individuelles adaptées est également un facteur essentiel pour lutter contre les inégalités, la pauvreté et l’exclusion sociale.

Les États membres sont invités à veiller à ce que les jeunes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation (NEET), y compris y compris les jeunes handicapés, puissent bénéficier de la garantie pour la jeunesse de façon concrète et significative. L’enseignement des compétences numériques de base dans les établissements d’enseignement devrait être renforcé.

Le rapport a invité la Commission et les États membres à :

- promouvoir des mesures afin de réduire le travail non déclaré, de permettre la reconnaissance des droits du travail des employés de maison et des prestataires de services de soins et d’améliorer les conditions de travail;

- accroître la portée et l’efficacité des politiques actives du marché du travail ;

- intensifier les efforts visant à intégrer davantage les personnes handicapées sur le marché du travail ;

- prendre en compte les intérêts des PME et des microentreprises dans le processus d’élaboration des politiques ;

- intensifier leurs efforts en vue de garantir une imposition plus équitable, y compris dans l’économie numérique ;

- prendre toutes les mesures nécessaires pour améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et favoriser l’égalité des genres.

Retraites

Tout en étant conscients du défi que constitue, pour les États membres, le renforcement de la pérennité des régimes de retraite, les députés ont souligné qu’il était essentiel d’en préserver la solidarité. Ils estiment que la meilleure façon de garantir des retraites durables, sûres et adéquates pour les femmes et les hommes consiste à augmenter le taux d’emploi total et la création d’emplois de qualité pour tous les âges, en améliorant les conditions de travail et d’emploi, et à engager les dépenses publiques supplémentaires nécessaires.

Les réformes des systèmes de retraite devraient se concentrer entre autres sur l’âge effectif de la retraite et refléter les évolutions sur le marché du travail, les taux de natalité, la situation sanitaire et patrimoniale, les conditions de travail et le taux de dépendance économique; estime que ces réformes doivent également tenir compte de la situation  des femmes, des jeunes et des travailleurs indépendants, qui sont confrontés à l’emploi atypique ou précaire, à des périodes de chômage involontaire ou à une réduction du temps de travail.