Accord de partenariat et de coopération avec le Turkménistan
Le Parlement européen a adopté par 589 voix pour, 54 contre et 23 abstentions, une résolution sur le projet de décision du Conseil et de la Commission relative à la conclusion, par lUnion européenne et la Communauté européenne de lénergie atomique, de laccord de partenariat et de coopération établissant un partenariat entre les Communautés européennes et leurs États membres, dune part, et le Turkménistan, dautre part.
Un accord de partenariat et de coopération (APC) avec le Turkménistan a été paraphé en 1997 et signé en 1998. 14 États membres des 15 signataires initiaux ont depuis lors ratifié lAPC (le Royaume-Uni étant la dernière partie restante). Le Turkménistan a ratifié lAPC en 2004. Ladhésion à lAPC par les États membres qui ont adhéré à lUnion après la signature de laccord fait lobjet dun protocole et dune procédure de ratification distincts.
Une fois pleinement ratifié, lAPC conclu pour une période initiale de dix ans, puis renouvelé chaque année, ce qui permet à lUnion de se retirer de laccord si de graves doutes se posent au sujet du respect des droits de lhomme ou dautres infractions graves.
Critères de référence crédibles et viables à court terme
Le Parlement a demandé au Conseil, à la Commission et à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) de fixer durgence les critères de référence à court terme suivants pour mesurer les progrès durables accomplis par les autorités du Turkménistan, sur la base des recommandations des Nations unies, de lOrganisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), et avant de donner son approbation à lAPC.
Ces recommandations portent en particulier sur le système politique, létat de droit et la bonne gouvernance, les droits de lhomme et les libertés fondamentales :
- séparation claire entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et, notamment la possibilité et la garantie dune réelle participation de la population aux processus décisionnels de lÉtat, y compris une concertation avec des experts internationaux sur la conformité de la Constitution du Turkménistan avec ces principes démocratiques ;
- suppression des restrictions à la déclaration et au fonctionnement des organisations non gouvernementales;
- mise en uvre des engagements pris par le gouvernement turkmène dans son plan daction national sur les droits de lhomme (PANDH) pour la période 2016-2020;
- cessation des pratiques de détention secrète, de disparition forcée, de travail forcé et de torture et la communication dinformations sur le sort des personnes disparues ;
- autorisation des visites de la part des Nations unies et des organisations internationales et régionales de défense des droits de lhomme ;
- garantir laccès libre des citoyens à diverses sources dinformation, y compris les moyens de communication internationaux ;
- cessation des persécutions et des actes dintimidation à lencontre des journalistes indépendants et des militants de la société civile et des droits de lhomme ;
- mettre un terme au système informel et arbitraire dinterdictions de voyage.
À plus long terme
La résolution a également formulé des recommandations à long terme en faveur davancées durables et crédibles en ce qui concerne le système politique, létat de droit, la gouvernance, les droits de lhomme et la liberté, lesquelles devraient être prises en considération après lentrée en vigueur de lAPC :
- respect des principes de pluralisme politique et de responsabilité démocratique, avec des partis politiques et dautres organisations qui fonctionnent correctement, à labri de toute ingérence;
- poursuite de la mise en uvre de réformes à tous les niveaux, conformément aux objectifs de développement durable des Nations unies, et dans tous les domaines de ladministration, en particulier dans le système judiciaire et les services répressifs;
- garanties solides et efficaces contre la corruption à haut niveau, le blanchiment dargent, la criminalité organisée et le trafic de stupéfiants;
- mise en uvre intégrale de la loi interdisant le travail des enfants;
- respect de lexercice pacifique et légitime du droit à la liberté dexpression, à la liberté dassociation et à la liberté de religion ou de conviction;
- liberté générale de circulation des personnes, tant à lintérieur quà lextérieur du pays.
Mécanisme de suivi
La vice-présidente/haute représentante est invitée à mettre en uvre et à soutenir publiquement le mécanisme de suivi des droits de lhomme, ce qui permettra au Parlement dêtre dûment informé par le Service européen pour laction extérieure (SEAE) de la mise en uvre de lAPC, après son entrée en vigueur.
Les députés ont également plaidé pour une interaction plus étroite avec le Parlement européen et la société civile dans lélaboration des dialogues annuels sur les droits de lhomme et pour une consultation du Parlement lors de lélaboration de mises à jour de la stratégie de lUnion européenne sur les droits de lhomme au Turkménistan.
Le Parlement a enfin salué la déclaration de la VP/HR de novembre 2018 concernant la mise en place dune délégation de lUnion à part entière à Achgabat. Cela devrait contribuer à renforcer les moyens daction diplomatiques de lUnion dans le pays et faciliter les contacts indirects avec des citoyens du pays, renforçant ainsi considérablement les capacités de suivi de la situation des droits de lhomme.