Titres adossés à des obligations souveraines
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté le rapport de Jonás FERNÁNDEZ (S&D, ES) sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les titres adossés à des obligations souveraines.
La proposition vise à mettre en place un cadre propice au développement, impulsé par le marché, des titres adossés à des obligations souveraines (SBBS). Les SBBS pourraient être en mesure daider à une meilleure diversification des expositions souveraines des banques, à un affaiblissement de linterdépendance entre banques et émetteurs souverains et à un élargissement de loffre dactifs à faible risque libellés en euros facilitant la mise en uvre de la politique monétaire.
La commission compétente a recommandé que la position du Parlement européen adoptée en première lecture dans le cadre de la procédure législative ordinaire modifie la proposition de la Commission comme suit :
Surveillance par lAEMF
Le règlement amendé charge lAutorité européenne de surveillance (Autorité européenne des marchés financiers - AEMF) de surveiller les marchés des SBBS et des obligations dÉtat sous-jacentes pour détecter en permanence tout signe de perturbation.
À la lumière des observations de lAEMF et en se fondant sur les rapports de celle-ci, la Commission serait habilitée à donner, par voie dacte délégué, une définition claire de «liquidité du marché» et à déterminer une méthode pour la calculer ainsi que les critères que lAEMF devrait utiliser pour évaluer si un État membre na plus accès au marché aux fins du présent règlement.
Les SBBS étant des produits nouveaux, dont les effets sur les marchés des titres de dette souveraine sous-jacents sont inconnus, le texte amendé prévoit que le comité européen du risque systémique (CERS), les autorités nationales compétentes et les autorités nationales désignées en matière dinstruments macroprudentiels superviseraient le marché des SBBS.
À cette fin, le CERS exercerait les pouvoirs qui lui sont conférés en vertu du règlement (UE) nº 1092/2010 du Parlement européen et du Conseil et, le cas échéant, émettrait des alertes et formulerait des suggestions de mesures correctives à lintention des autorités compétentes.
Structure des tranches, paiements et pertes
En vertu du règlement, une émission de SBBS serait composée dune tranche senior et dune ou de plusieurs tranches subordonnées. La valeur nominale dencours de la tranche senior devrait égale à 70 % de la valeur nominale dencours de toute lémission de SBBS.
Le nombre et la valeur nominale dencours des tranches subordonnées seraient déterminés par lentité ad hoc. Il est toutefois précisé que la valeur nominale de la tranche junior devrait être au moins égale à 5 % de la valeur nominale dencours de toute lémission de SBBS.
Émission de SBBS et obligations des entités ad hoc
Les SBBS seraient élaborés par des entités privées créées à la seule fin d'émettre et de gérer ces instruments.
Les États membres devraient garantir que le traitement appliqué à la détention dobligations souveraines par des entités ad hoc est le même que celui accordé à toute autre détention de la même obligation souveraine ou dautres obligations souveraines émises aux mêmes conditions.
Exigences de notification des SBBS
Au moins une semaine avant lémission dun SBBS, lentité ad hoc concernée devrait déposer une demande de certification de lémission de SBBS en notifiant à lAEMF que le SBBS qui sera émis satisfait aux exigences du règlement.
LAEMF ne certifierait une émission de SBBS que lorsquelle est entièrement convaincue que lentité ad hoc qui en fait la demande et lémission de SBBS respectent toutes les exigences prévues par le règlement. Elle devrait indiquer sans retard injustifié à lentité ad hoc ayant introduit la demande si la certification est octroyée ou refusée.
LAEMF retirerait la certification octroyée à une émission de SBBS si par exemple lentité ad hoc a obtenu la certification au moyen de fausses déclarations ou si lémission de SBBS ne respecte plus les conditions de sa certification.
Frais de surveillance
LAEMF facturerait des frais aux entités ad hoc. Ces frais seraient proportionnels au chiffre daffaires de lentité ad hoc concernée et couvriraient lintégralité des dépenses nécessaires de lAEMF en ce qui concerne les autorisations de SBBS et la surveillance des entités ad hoc.