Régime commun applicable aux importations. Codification
La Commission a présenté son trente-septième rapport annuel sur les activités antidumping, antisubventions et de sauvegarde de lUnion européenne, et sur lutilisation dinstruments de défense commerciale (IDC) par des pays tiers ciblant lUnion en 2018. Ce 37e rapport décrit deux volets de lactivité de lUnion européenne en matière de défense commerciale :
- à titre exceptionnel et au-delà de ce que prévoient les obligations légales, le présent rapport fait spécifiquement le point sur les principaux défis, évolutions et réalisations de la Commission Juncker dans le domaine de la défense commerciale ;
- le rapport décrit les activités antidumping (AD), antisubventions (AS) et de sauvegarde de lUnion européenne, ainsi que les activités de défense commerciale des pays tiers contre lUnion en 2018. Cette partie du rapport a été élaborée conformément aux règlements relatifs aux activités antidumping, antisubventions et aux mesures de sauvegarde.
Réalisations de la Commission Juncker
La Commission a observé quen 60 ans dhistoire des instruments de défense commerciale (IDC) de lUnion européenne, la période la plus difficile a probablement été celle allant de 2014 à 2019. La surcapacité mondiale dans le secteur de lacier a engendré une augmentation considérable des demandes de mesures de défense commerciale.
Mise à jour des règles de défense commerciale de lUnion européenne
Les nouvelles réalités du marché mondial et une vague croissante de pratiques commerciales déloyales ont clairement démontré un urgent besoin defficacité et de sécurité accrues. Ces règles modernisées sont entrées en vigueur le 8 juin 2018 et ont mis en uvre les changements suivants :
- lamélioration de la méthode de calcul de la marge de préjudice, qui est un élément fondamental de lapplication de la règle du droit moindre, une des principales caractéristiques des IDC de lUnion. Le calcul des prix non préjudiciables a été actualisé afin de mieux tenir compte des réalités économiques actuelles, notamment en prévoyant un bénéfice minimal de 6% ainsi que la possibilité de tenir compte des investissements et des besoins de lindustrie de lUnion en matière de R&D lors du calcul de la marge de préjudice. En outre, les nouvelles règles peuvent prendre en considération lexistence de distorsions des prix des matières premières, qui affectent de plus en plus les échanges commerciaux actuels ;
- un délai plus court pour linstitution de mesures provisoires a été adopté : normalement, ces mesures doivent désormais être adoptées dans un délai de sept mois, et au plus tard dans un délai maximum de huit mois, alors quil fallait auparavant neuf mois ;
- lintroduction dun système de pré-alerte concernant linstitution de mesures antidumping et antisubventions provisoires. Aucune autre juridiction de défense commerciale nutilise un tel système ;
- les PME de lUE bénéficieront dun soutien supplémentaire lorsque lUE envisagera dadopter des mesures de défense commerciale ou quelle sera affectée par de telles mesures ;
- pour la première fois, la législation en matière de défense commerciale permet à la Commission, dans un certain nombre de circonstances bien définies, de prendre en considération les aspects sociaux et environnementaux dans les pays à lexamen. Cela vaut en particulier en ce qui concerne la règle du droit moindre lorsquil sagit de déterminer la marge de préjudice.
Augmentation des activités de défense commerciale
La surcapacité mondiale dans le secteur de lacier a engendré une augmentation considérable des demandes de mesures de défense commerciale. En instituant 25 nouvelles mesures de défense commerciale sur lacier au cours de cette période, la Commission a apporté une contribution importante, sinon essentielle, à la viabilité et à la compétitivité mondiale de lindustrie sidérurgique européenne.
En outre, lUE a pris un certain nombre de mesures pour mieux protéger lindustrie sidérurgique dans le domaine de la défense commerciale par la surveillance des importations, laccélération des enquêtes, louverture denquêtes fondées sur la menace de préjudice (si cela se justifiait) ou lapplication rétroactive de droits définitifs, le cas échéant.
De plus :
- entre novembre 2014 et décembre 2018, 170 dossiers de défense commerciale ont été ouverts et 95 mesures ont été appliquées afin de rétablir des conditions de concurrence équitables. Parmi ces dernières, 35 sont de nouvelles mesures et les autres sont des renouvellements ou des prolongations de mesures existantes ;
- les mesures IDC de lUnion européenne instituées depuis le début du mandat de la Commission ont permis de préserver, de façon efficace, plus de 124.000 emplois. Le secteur de lacier est celui qui en a tiré le plus profit, avec plus de 86 000 emplois protégés. Dans lensemble, les mesures de lUnion européenne qui étaient en vigueur à la fin de 2018 ont effectivement protégé 320.000 emplois industriels directs de la concurrence déloyale.
La Commission est intervenue lorsque des pays tiers prévoyaient dinstituer des mesures de défense commerciale injustifiées contre des exportations de lUnion. Lactivité de défense commerciale dans le monde na cessé daugmenter depuis 2014 et a atteint un niveau record en 2018, année au cours de laquelle les services de la Commission sont intervenus dans environ 70 enquêtes de défense commerciale à létranger.
Mesures de sauvegarde
En 2018, lUE a ouvert trois enquêtes de sauvegarde: une enquête erga omnes sur les produits sidérurgiques et deux enquêtes bilatérales contre le Cambodge et le Myanmar/la Birmanie sur le riz Indica, conformément aux règles du système de préférences généralisées.
En ce qui concerne les produits sidérurgiques, la Commission a noté que, le 23 mars 2018, les États-Unis ont institué un droit à limportation de 25% sur les produits sidérurgiques. LUnion européenne a estimé que ces mesures nétaient pas justifiées juridiquement et a réagi dans le cadre dune action à trois niveauxoutre la contestation des mesures américaines dans le cadre du système de règlement des différends de lOMC et limposition de mesures de rééquilibrage.
La Commission a entrepris des actions de défense commerciale en ouvrant une enquête de sauvegarde, la première depuis 2002. En effet, en raison des droits institués par les États-Unis, les fournisseurs mondiaux ont commencé à détourner une partie de leurs exportations des États-Unis vers lUE. Afin déviter une autre hausse brutale des importations qui risquait daggraver la situation économique déjà fragile des producteurs dacier de lUnion (en raison de la surcapacité mondiale), la Commission a adopté des mesures de sauvegarde définitives erga omnes. Ces mesures, prenant la forme de contingents tarifaires, maintiendront les flux commerciaux habituels et la diversité des sources dapprovisionnement dont lindustrie utilisatrice de lUnion a besoin, tout en protégeant lindustrie productrice de lUE contre le détournement de trafic.
Au sein du comité des sauvegardes de lOMC, lUE a soulevé une série de préoccupations concernant les enquêtes de sauvegarde menées par dautres membres de lOMC (comme le Chili concernant le lait en poudre et le fromage Gouda, les États-Unis concernant les panneaux solaires ou la Turquie concernant le papier peint). Par ailleurs, lUE a répondu aux questions dautres membres de lOMC concernant louverture de son enquête de sauvegarde sur certains produits sidérurgiques.