Budget 2020: état prévisionnel des recettes et des dépenses, Section I – Parlement
Le Parlement européen a adopté par 328 voix pour, 187 contre et 72 abstentions, une résolution sur létat prévisionnel des recettes et des dépenses du Parlement européen pour lexercice 2020.
Les députés ont rappelé quun budget de 2 068 530 000 EUR a été proposé par le Secrétaire général pour lavant-projet détat prévisionnel du Parlement pour 2020, ce qui représente une hausse globale de 3,58 % par rapport au budget 2019 ainsi que 18,38 % de la rubrique V du cadre financier pluriannuel (CFP 2014-2020). Près des deux tiers du budget sont des dépenses indexées qui, pour la plupart, ont trait aux rémunérations, aux pensions, aux frais médicaux et aux indemnités des députés (21 %) et du personnel (35 %) en fonction et retraités, ainsi quaux bâtiments (13 %).
Cadre général
Soulignant que la part du budget du Parlement en 2020 devrait être maintenue sous les 20 % du plafond de la rubrique V, le Parlement a relevé que le niveau de létat prévisionnel pour 2020 correspondait à 18,22 % du plafond de la rubrique V, taux inférieur à celui de 2019 (18,51 %) et pourcentage le plus bas de la rubrique V depuis plus de 15 ans.
Les députés ont approuvé laccord conclu pendant les conciliations entre le Bureau et la commission des budgets consistant à fixer à 2,68 % laugmentation par rapport au budget 2019, ce qui porte le niveau global de son état prévisionnel pour 2020 à 2 050 430 000 EUR et à réduire en conséquence les crédits proposés sur un certain nombre de lignes budgétaires (ex : frais de voyage ordinaires; rémunérations et indemnités; chauffeurs au secrétariat général; construction dimmeubles et aménagement des locaux; entretien des immeubles; consommations énergétiques; informatique et télécommunications ; infrastructure; mobilier; frais de missions et de déplacement entre les trois lieux de travail du personnel; frais de réception et de représentation; réunions, congrès, conférences et délégations; dépenses relatives à lassistance parlementaire).
Le Parlement a proposé daffecter i) 140 000 EUR de crédits au poste 1650 - Service médical ; ii) 160 000 EUR à larticle 320 - Acquisition dexpertise, et iii) 400 000 EUR au poste 3211 - Dépenses pour le Centre européen des médias scientifiques. Les crédits supplémentaires relatifs au poste 1650 - Service médical et à l'article 320 - Acquisition dexpertise serviront à couvrir les dépenses relatives au médiateur, au psychologue et aux experts dans le domaine de la prévention du harcèlement moral et du harcèlement sexuel ainsi que des enquêtes en la matière et de la lutte contre ces phénomènes.
Brexit
Les députés ont estimé que la majorité des économies résultant du retrait avaient déjà été prises en compte dans le budget 2019 et que 2020 ne verrait quune légère baisse de certaines dépenses en raison de la présence de 46 députés en moins. Si le Royaume-Uni ne devait pas sortir de lUnion ou sil devait en sortir sans accord, les crédits proposés pourraient être adaptés au cours de la procédure budgétaire, soit par le Bureau, soit par la commission des budgets, soit par la plénière.
Transparence et précision
Le Parlement a pris acte de lamélioration de la transparence, à la demande de lautorité budgétaire, lors de la préparation du rapport du Secrétaire général. Il a réclamé au Parlement un budget pour 2020 qui soit réaliste et précis en ce qui concerne l'adéquation entre les besoins et leur coût, tout en demandant que les ressources budgétaires et humaines globales dont dispose le Parlement soient utilisées dans un souci de rentabilité maximale.
Communication avec les citoyens
Les députés ont demandé des précisions sur lordre de grandeur du coût total prévisible avant la lecture du budget par le Parlement à lautomne 2019 pour linstallation des cinq nouveaux centres «Europa Experience» dans les bureaux de liaison. Ils ont pris acte de la création dune série dinstallations mobiles qui feront le tour des États membres afin de rapprocher lUnion des citoyens.
Politique immobilière et politique des transports
Le Parlement a demandé une nouvelle fois dassurer la transparence du processus décisionnel dans le domaine de la politique immobilière, sur la base dune information précoce. Il a réprouvé la pratique usuelle daffecter le virement de ramassage de fin dexercice aux projets immobiliers en cours. Il a recommandé que la programmation budgétaire annuelle de lensemble des bâtiments affecte, pour les frais dentretien et de rénovation, un montant correspondant à 3 % du total du coût des nouveaux bâtiments, dans le cadre dune politique immobilière régulière et anticipative.
Les députés ont demandé des précisions et des clarifications sur :
- les travaux techniques préparatoires, y compris le transfert des fonctionnalités, telles que celles situées dans le bâtiment PHS, vers dautres bâtiments ;
- le coût très élevé de certains projets dont linstallation de salles de séminaires pour les visiteurs dans le bâtiment Atrium (8,720 millions dEUR) et lespace multifonctionnel dans lEsplanade (2,610 millions dEUR), la création dune cantine en libre-service dans le bâtiment SDM à Strasbourg (1,9 million dEUR) ;
- lintention du Parlement délargir son activité et sa présence diplomatique en Indonésie (Jakarta), en Éthiopie (Addis-Abeba) et aux États-Unis (New York).
Enfin, les députés ont estimé que des économies importantes peuvent être réalisées dans le budget du Parlement en adoptant un siège unique, rappelant lanalyse de la Cour des comptes européenne de 2014, qui a estimé à 114 millions dEUR par an le coût engendré par la dispersion géographique du Parlement.
Sécurité
Le Parlement a souligné que le projet iPACS dotera le Parlement d'une technologie de sécurité intégrée de dernière génération afin d'éliminer les faiblesses restantes de la sécurité des bâtiments et quil connaîtra sa cinquième et dernière année de mise en uvre en 2020. Il a invité le Secrétaire général à synthétiser en détail l'ensemble des dépenses engagées depuis 2016 pour la sécurité des bâtiments. Il a salué le renforcement de léquipe chargée des activités de cybersécurité au cours des deux dernières années.
Aspects relatifs aux députés et aux assistants parlementaires accrédités (APA)
Le Parlement a :
- invité le Bureau à définir une solution technique permettant aux députés dexercer leur droit de vote lorsquils sont en congé de maternité, de paternité ou de maladie ;
- réitéré sa demande de dégager une solution réaliste pour les APA qui, après avoir travaillé pendant deux législatures sans interruption au terme de la présente législature, ne pourront pas bénéficier des droits à la pension du régime européen lorsquils atteindront lâge de la retraite ;
- souligné que la rémunération des stagiaires devrait au moins leur permettre de couvrir les frais de subsistance ;
- demandé que le fonds de pension volontaire des députés fasse lobjet dun examen de la Cour des comptes européenne et invite à se pencher sur les modalités permettant dassurer un financement viable du fonds de pension volontaire conformément aux dispositions du statut des députés tout en veillant à assurer une pleine transparence ;
- réclamé une nouvelle fois plus de transparence en ce qui concerne lindemnité de frais généraux des députés.
Aspects relatifs au personnel
Face au risque que les ressources financières et humaines dont disposent les institutions européennes soient de plus en plus restreintes, le rapport a insisté pour identifier les domaines, notamment les services informatiques et la sécurité, les services dinterprétation et de traduction ou le service de chauffeurs, où les synergies entre les fonctions administratives pourraient être élargies sur la base de lexpérience du Parlement et des autres institutions de lUnion en vue de définir des accords de coopération équitables.
Les députés ont recommandé de recourir davantage à la visioconférence et à dautres technologies afin de protéger lenvironnement et d'économiser les ressources, notamment en diminuant les missions du personnel entre les trois lieux de travail.
Enfin, le Parlement a demandé la transparence intégrale de lutilisation et de la gestion du financement mis à la disposition des partis politiques européens et des fondations politiques européennes.