Droit au regroupement familial
La Commission a présenté son rapport sur la mise en uvre de la directive 2003/86/CE instaurant des règles communes pour lexercice du droit au regroupement familial dont disposent les ressortissants de pays tiers résidant légalement sur le territoire des États membres.
Pour rappel, le 22 septembre 2003, le Conseil a adopté la directive 2003/86/CE relative au droit au regroupement familial. Cette directive sapplique à tous les États membres à l'exception du Danemark, de l'Irlande et du Royaume-Uni.
Conformément à la directive, elle ne s'applique pas aux membres de la famille d'un citoyen de l'Union. Ces trente dernières années, le regroupement familial a été lun des principaux motifs de limmigration à destination de lUnion. En 2017, 472 994 personnes ont été admises dans lUE-25 au titre du regroupement familial, ce qui représente 28% du nombre total des premiers titres délivrés aux ressortissants de pays tiers dans lUE-25.
Ce rapport offre une vue densemble de létat davancement de la mise en duvre de la directive par les États membres, en mettant laccent sur les questions clés qui sont ressorties de lanalyse de conformité de la Commission, des plaintes reçues et des arrêts pertinents rendus par la CJUE. À cet égard, il convient de souligner que la Commission a reçu de nombreuses plaintes liées au regroupement familial de ressortissants de pays tiers.
Sujets de préoccupations
Les principaux sujets de préoccupation portent sur : i) le refus de délivrer des visas ou des autorisations, ii) la preuve didentité ou des liens de parenté comme motif du rejet, iii) la longueur des délais de traitement par les administrations, iv) les coûts disproportionnés pour la délivrance des autorisations, v) la notion de ressources stables et régulières, vi) laccès à lemploi des membres de la famille, vii) lapplication incorrecte des périodes dattente et viii) la proportionnalité des conditions préalables à lintégration.
Le rapport a souligné trois problèmes majeurs auxquels les candidats font face :
1) lobligation qui est faite aux demandeurs de se présenter en personne pour déposer leur demande auprès dune représentation diplomatique; cette obligation crée un problème pratique, en particulier pour les demandes adressées aux plus petits États membres qui ne disposent pas forcément dune représentation diplomatique dans chaque pays ;
2) le délai de traitement des demandes, qui est souvent très long ;
3) le manque de documents nécessaires au traitement de la demande, notamment la preuve didentité et celle des liens de parenté. Létude a indiqué que la détection des mariages ou des partenariats enregistrés, forcés ou de complaisance, et des fausses déclarations de filiation constitue un défi majeur pour les autorités nationales, qui requiert une enquête approfondie pouvant, à son tour, influencer le délai de traitement des demandes.
Conclusions
Le rapport a indiqué que, depuis 2008, létat davancement de la mise en uvre de la directive relative au regroupement familial a progressé, notamment grâce aux procédures dinfraction engagées par la Commission et aux nombreux arrêts de la Cour de justice de lUnion européenne.
Les États membres ont déployé des efforts considérables pour améliorer et adapter leur législation nationale afin de satisfaire aux exigences de la directive.
La communication de la Commission de 2014 concernant les lignes directrices pour lapplication de la directive a souligné la persistance de problèmes dans les législations nationales, en particulier la présence manifeste de problématiques transversales concernant notamment les mesures dintégration, les ressources stables, régulières et suffisantes, la nécessité dune prise en considération effective de lintérêt supérieur de lenfant et les dispositions plus favorables pour le regroupement familial des réfugiés. Quatre ans plus tard, ces enjeux essentiels demeurent un défi pour certains États membres, qui devraient continuer à uvrer en vue de lapplication effective de la directive, en accordant une attention particulière à limportance capitale du droit fondamental au respect de la vie familiale, des droits de lenfant et du droit à un recours effectif.
En tant que gardienne des traités de lUnion, la Commission contrôle régulièrement la mise en uvre juridique et pratique de la directive par les États membres, en particulier les questions mises en évidence dans ce rapport. Le regroupement familial demeurant un enjeu de taille pour lUnion européenne dans le cadre de la politique migratoire, la Commission continuera de surveiller étroitement les législations nationales et les pratiques administratives et elle prendra les mesures quelle juge appropriées, selon les compétences qui lui sont dévolues par les traités de lUnion, notamment en ouvrant des procédures dinfraction, le cas échéant.