Sécurité de l'aviation civile
La Commission a présenté son rapport annuel concernant la mise en uvre du règlement CE n° 300/2008 relatif à linstauration de règles communes dans le domaine de la sûreté de laviation civile. Le rapport couvre la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2017.
Lannée 2017 a été marquée par de nouvelles préoccupations liées à la menace mondiale que constituent les engins explosifs improvisés (EEI) dissimulés dans des dispositifs électroniques ayant fait lobjet de manipulations frauduleuses. Les autorités américaines et britanniques ont interdit tous les appareils électroniques personnels de taille supérieure à celle dun téléphone portable en cabine sur les vols au départ daéroports situés dans certains pays du Moyen-Orient et dAfrique du Nord. La cybersécurité et la protection des zones publiques des aéroports sont restées une priorité.
Inspections
La Commission a poursuivi son cinquième cycle dinspections des autorités compétentes en 2017. Au total, 9 autorités compétentes ont été inspectées pendant lannée. Pour la plupart des États membres, ces inspections ont fait apparaître des améliorations notables par rapport aux inspections précédentes. Les déficiences les plus courantes en 2017 concernaient des lacunes dans la mise en uvre des programmes nationaux de contrôle de la qualité. Certains États membres nont pas suivi avec la régularité prévue les transporteurs aériens étrangers et nont pas appliqué intégralement certaines des méthodes de contrôle de conformité imposées par le règlement.
Les États membres inspectés ont cependant, pour la majorité dentre eux, aligné les programmes nationaux de sûreté de laviation civile avec la législation de lUnion, ils ont mis en uvre la plupart des exigences relatives à la formation en matière de sûreté, respecté la fréquence minimale dinspection des mesures de sûreté dans les aéroports et veillé à ce que les déficiences constatées soient corrigées dans les délais établis.
En ce qui concerne les aéroports, les résultats des inspections témoignent des efforts accomplis par les autorités compétentes et le secteur. La majorité des exigences de sûreté ont été correctement mises en uvre; le niveau de conformité pour les principaux domaines de sûreté aérienne est resté stable, autour de 80 %.
La plupart des déficiences constatées restent liées au facteur humain. En particulier, certaines dispositions relatives au contrôle daccès, à linspection/au filtrage du personnel et des bagages de cabine nécessiteront des efforts soutenus de la part des autorités compétentes, des parties prenantes du secteur et de la Commission. Les fouilles de sûreté des aéronefs sont un autre domaine où des efforts supplémentaires doivent être faits.
Lévaluation dun aéroport des États-Unis (laéroport international de Charlotte-Douglas) a confirmé que la mise en uvre des mesures de sûreté des États-Unis reste du même niveau que la mise en uvre de la législation européenne en matière de sûreté aérienne.
Législation, essais, études
Le rapport note en particulier ce qui suit :
- la Commission et les États membres procèdent à un ajustement constant des mesures datténuation des risques, de manière à assurer le niveau de sûreté le plus élevé tout en réduisant au minimum les effets négatifs sur les activités. En mai 2017, la Commission a adopté le règlement dexécution (UE) 2017/815 modifiant le règlement dexécution (UE) 2015/1998 en ce qui concerne la clarification, lharmonisation et la simplification de certaines mesures de sûreté aérienne spécifiques ;
- deux essais menés aux Pays-Bas et en France se sont achevés au cours de lannée 2017. Ils portaient sur le recours à des équipements de nouvelle génération pour linspection/le filtrage des bagages de cabine sans quil faille en extraire les ordinateurs portables, et sur le recours à des équipements danalyse des chaussures détectant à la fois la présence de métaux et de matières explosives en combinaison avec des portiques de détection des métaux et des scanners de sûreté. Les deux essais ont donné des résultats positifs et il sera envisagé d'inclure celui relatif aux équipements danalyse des chaussures dans une modification de la législation en 2018 ;
- fin 2017, la DG MOVE a commandé une étude afin danalyser les avantages notamment économiques dans le cadre des dispositions existantes relatives au contrôle unique de sûreté entre lUE et les États-Unis dAmérique, entre lUE et le Canada et entre lUE et le Monténégro. Si létude confirme limportance des avantages quapporte le contrôle unique de sûreté, cela pourrait constituer un encouragement pour engager des pourparlers avec les principaux partenaires de lUE concernant le contrôle unique de sûreté. Létude sera achevée en septembre 2018 ;
- pour ce qui est du fret, la Commission a continué de travailler étroitement avec les États membres afin de préparer la mise en uvre dun système danalyse dinformations anticipées sur les marchandises, avant chargement (PLACI).
Dialogue avec les organismes internationaux et les pays tiers
La Commission a poursuivi ses efforts pour renforcer la sûreté aérienne à travers le monde, grâce à la coopération mise en place depuis longtemps avec lOrganisation de laviation civile internationale (OACI) et à son projet de renforcement des capacités CASE pour lAfrique et le Moyen-Orient.
Au niveau de lOACI, une task force chargée dexaminer la question du transport des appareils électroniques portatifs à bord dun aéronef a été mise en place avec le ferme soutien des États membres et de la Commission. La task force sest réunie en juillet à Paris et a formulé un certain nombre de recommandations sur la manière datténuer la menace que représentent les explosifs dissimulés, sans avoir à interdire des articles tels que les appareils électroniques portatifs.
À loccasion du dialogue sur les transports avec Singapour (juin 2017), un accord administratif a été signé afin de témoigner d'un engagement continu en faveur de la concrétisation du contrôle unique de sûreté entre lUnion européenne et Singapour.