Résolution sur la Chine, notamment la situation des minorités religieuses et ethniques
Le Parlement européen a adopté par 505 voix pour, 18 contre et 47 abstentions, une résolution sur la Chine, notamment la situation des minorités religieuses et ethniques.
Cette résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE et Verts/ALE.
Le Parlement sest dit préoccupé face aux mesures répressives de plus en plus draconiennes que doivent subir de nombreuses minorités religieuses et ethniques, en particulier les Ouïgours et les Kazakhs, les Tibétains et les chrétiens, et a invité le gouvernement chinois à mettre un terme à la pratique des détentions arbitraires de membres des minorités ouïgoure et kazakhe et de Tibétains, de fermer tous les camps et centres de détention et de libérer les détenus immédiatement et sans condition.
Les députés ont noté que les nouvelles dispositions en matière daffaires religieuses, qui ont pris effet le 1er février 2018, sont plus restrictives envers les groupes et les activités à caractère religieux, qui doivent désormais davantage se conformer à la ligne du parti. Les députés ont déploré que, lors du sommet UE-Chine du 9 avril 2019, les problèmes urgents de droits de lhomme aient à nouveau joué un rôle marginal, alors que lUnion européenne et la Chine, dans leur déclaration commune publiée à lissue du 21e sommet UE Chine, avaient réaffirmé que tous les droits de lhomme sont universels, indivisibles, interdépendants et indissociables.
Le Parlement a considéré que, lorsque les déclarations du sommet UE-Chine savèrent faibles en matière de droits de lhomme, le Conseil, le Service européen pour laction extérieure (SEAE) et la Commission devraient refuser de les inclure et publier une communication distincte sur le sujet, assortie dune évaluation pertinente de la situation et des raisons pour lesquelles un langage plus ferme na pas pu être adopté.
Situation au Xinjiang
Le Parlement a souligné la rapide détérioration de la situation au Xinjiang, où vivent 10 millions de musulmans Ouïgours et de Kazakhs, depuis la mise en place dun programme de détention extrajudiciaire appliqué à des dizaines de milliers, voire jusquà plus dun million dOuïgours qui sont astreints à une «rééducation» politique, sans chef dinculpation et sans procès et qui sont donc détenus arbitrairement, sous prétexte de lutte contre le terrorisme et lextrémisme religieux.
Les députés ont invité le gouvernement chinois à communiquer tous les détails des personnes disparues au Xinjiang à leurs familles. LUnion européenne et les États membres doivent se poser en chef de file pendant la prochaine session du Conseil des droits de lhomme des Nations unies en vue dune résolution mettant en place une mission dinformation au Xinjiang. Le Conseil a été invité à envisager ladoption de sanctions ciblées contre des fonctionnaires responsables de la répression dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.
Tibet
Les députés ont demandé aux autorités chinoises de respecter la liberté linguistique, culturelle et religieuse et les autres libertés fondamentales des Tibétains, de s'abstenir de politiques d'implantation en faveur de la population Han et au détriment des Tibétains, et de ne pas obliger les nomades tibétains à abandonner leur mode de vie traditionnel. Ils ont déploré que lenvironnement pour la pratique du culte bouddhiste au Tibet se soit sensiblement dégradé après les manifestations de 2008, à la suite desquelles le gouvernement chinois a renforcé sa mainmise par l«éducation patriotique».
Le Parlement sest montré préoccupé par le recours abusif qui est fait du droit pénal pour persécuter les Tibétains et les bouddhistes, dont les activités religieuses sont assimilées à du «sécessionnisme». Il a condamné les campagnes menées par le truchement de l«éducation patriotique», qui saccompagne notamment de mesures destinées à placer la gestion des monastères bouddhistes tibétains sous la tutelle de lÉtat.
Le gouvernement chinois a été invité à :
- accorder aux diplomates, aux journalistes et aux citoyens de lUnion un accès sans entraves au Tibet, afin détablir un rapport de réciprocité avec laccès libre et ouvert dont les voyageurs chinois bénéficient sur lensemble du territoire des États membres de lUnion;
- permettre un accès libre, satisfaisant et sans entrave à la province de Xinjiang et à la région autonome du Tibet pour les journalistes et les observateurs internationaux, y compris le haut-commissaire des Nations unies aux droits de lhomme et les titulaires de mandats au titre des procédures spéciales des Nations unies;
Les institutions de lUnion ont été invitées à tenir réellement compte de la question de laccès au Tibet dans le cadre des discussions sur laccord entre la Chine et lUnion visant à faciliter la délivrance de visas.
Le Parlement a demandé la libération immédiate des personnes détenues de façon arbitraire et des prisonniers dopinion, y compris les adeptes du Falun Gong, ainsi que la fin des disparitions forcées. Il a aussi demandé aux autorités chinoises de mettre un terme à leurs campagnes contre les congrégations et organisations chrétiennes et de mettre fin au harcèlement et à la détention de pasteurs et de prêtres chrétiens ainsi quaux démolitions forcées déglises.
La résolution a rappelé quil est important que lUnion et les États membres abordent la question des violations des droits de lhomme à chaque niveau politique avec les autorités chinoises, conformément à lengagement qua pris lUnion européenne de sexprimer dune voix forte, claire et unifiée dans son approche à légard de ce pays, notamment lors du dialogue annuel sur les droits de lhomme, du dialogue stratégique, du dialogue économique à haut niveau, et du sommet, ainsi que du prochain sommet Europe-Asie.
Surveillance de masse
En dernier lieu, le Parlement a noté quun réseau sophistiqué de surveillance numérique invasive a été mis en place, avec une technologie de reconnaissance faciale et la collecte de données. Il a invité lUnion européenne, ses États membres et la communauté internationale à stopper toutes les exportations et tous les transferts technologiques liés à des biens et services utilisés en Chine pour étendre et améliorer la cybersurveillance et lappareil de profilage prédictif et sest inquiété de voir que la Chine exporte déjà de telles technologies vers des États autoritaires à travers le monde.