Résolution sur les négociations avec le Conseil et la Commission sur la proposition législative de règlement sur le droit d’enquête du Parlement européen
Le Parlement européen a adopté une résolution déposée par la commission des affaires constitutionnelles sur les négociations avec le Conseil et la Commission sur la proposition législative de règlement sur le droit denquête du Parlement européen.
Notant que le premier document de travail en la matière a été adopté en 2015 mais que les négociations avaient par la suite échoué, le Parlement a fait part de sa désapprobation quant à lattitude du Conseil (et de la Commission), qui, après plus de quatre années de réunions informelles et déchanges de lettres et de documents, continue de sopposer à une réunion officielle afin de discuter au niveau politique des solutions envisageables pour résoudre les problèmes relevés.
Les députés ont souligné que le Conseil et la Commission ont refusé dapprouver un mandat politique qui serait confié à la présidence du Conseil afin douvrir la voie à des réunions de nature politique en vue de résoudre les questions les plus controversées et de déterminer si un accord pourrait être conclu. Dans ces circonstances, le Parlement a chargé son Président de porter à la connaissance des responsables politiques les préoccupations du Parlement concernant le non-respect du principe de coopération interinstitutionnelle par le Conseil et la Commission.
La résolution a souligné que le fait quun parlement puisse demander à lexécutif de rendre des comptes en constituant des commissions denquête dotées de pouvoirs réels pour convoquer des témoins et obtenir des documents est une prérogative intrinsèque de toutes les assemblées législatives et une condition sine qua non de la séparation des pouvoirs dans une démocratie digne de ce nom. De plus, toutes les institutions de lUnion européenne se sont régulièrement engagées à pratiquer une coopération loyale, laquelle est difficile à discerner dans le cas du règlement en question.
Le Parlement a suggéré, dès lors, que sa commission des affaires juridiques examine la possibilité de saisir la Cour de justice de lUnion européenne au sujet du principe de coopération loyale entre les institutions (article 13, paragraphe 2, du traité UE) et, à cet égard, quelle procède à des vérifications et signale les infractions commises par le Conseil au cadre juridique effectif des commissions denquête créées pendant cette législature (PANA sur lévasion fiscale et le blanchiment dargent et EMIS sur les mesures démissions dans le secteur automobile).
Les députés ont noté que larticle 226 du traité FUE, qui énonce une «procédure législative spéciale» et requiert lapprobation du Conseil et de la Commission pour ladoption dun règlement sur le droit denquête du Parlement, noblige pas le Conseil et la Commission à négocier, étant donné quils ne sont tenus que de donner ou non leur approbation à la proposition du Parlement.
Le Parlement a invité le Conseil et la Commission, sils ne sont pas en mesure de donner leur approbation à la proposition, à reprendre les négociations avec le Parlement nouvellement élu. Il a recommandé que le processus législatif découlant du droit dinitiative législative conféré au Parlement par les traités comprenne nécessairement, dans le cadre de laccord interinstitutionnel «Mieux légiférer», une demande détablissement dun calendrier législatif pour les initiatives concernées, soulignant, en outre, que cette procédure législative spéciale doit respecter les dispositions de laccord interinstitutionnel «Mieux légiférer» relatives à lobligation institutionnelle quont les trois institutions de négocier.
En dernier lieu, le Parlement a invité les partis politiques à veiller à ce que leurs programmes électoraux affirment leur engagement en faveur de la proposition du Parlement de nouveau règlement actualisé concernant son droit denquête, et a invité les différents Spitzenkandidaten à apporter publiquement leur soutien politique à ce sujet.