Accès à un internet ouvert
Conformément au règlement (UE) 2015/2120 établissant des mesures relatives à laccès à un internet ouvert et aux prix de détail pour les communications à lintérieur de lUnion européenne réglementées, la Commission a présenté un rapport sur la mise en uvre du règlement.
En particulier, ce rapport évalue la mise en uvre du règlement depuis son entrée en vigueur et compare la situation actuelle de laccès à un internet ouvert dans lUnion, notamment à la lumière de lévolution du marché et des technologies, par rapport à la situation antérieure à lentrée en application du règlement.
Lévaluation de la Commission révèle que les objectifs du règlement demeurent aussi pertinents aujourdhui quau moment de leur adoption et quils ne sont pas contestés: il existe un large consensus sur le fait que les consommateurs et les entreprises devraient avoir le droit daccéder à un internet ouvert. Cet accès les aide à obtenir des informations, à communiquer, à innover et à affronter la concurrence dans léconomie numérique mondiale. Il permet en outre de plus en plus aux citoyens de participer pleinement à la société.
Mise en uvre du règlement après décembre 2016
La supervision et lexécution du règlement sont encore relativement récentes et les travaux se poursuivent. Des autorités réglementaires nationales mènent actuellement des enquêtes sur certains sujets. Toutefois, la mise en uvre sest avérée cohérente dans lensemble de lUnion. Les questions soulevées portaient principalement sur les mesures de transparence (informations sur les contrats), les offres zero-rating et la gestion du trafic. Les autorités réglementaires nationales les examinent de manière coordonnée. En effet, au sein de lORECE, elles ont mis en place un groupe de travail pour échanger les pratiques et sefforcer dassurer une application cohérente du règlement. Ce processus de coordination a entraîné une large convergence des décisions prises dans les États membres.
Sanctions
Les sanctions varient fortement dun État membre à lautre. Par exemple, certains États membres ont lié les sanctions au chiffre daffaires de lentreprise concernée, alors que dautres ont fixé des montants maximaux, ou combinent les deux options. Pour des violations similaires, par exemple, les montants maximaux fixes vont de 15 000 euros à 3 millions deuros et les amendes maximales liées au chiffre daffaires vont de 0,5% à 10%. Le type de sanctions infligées (amendes et/ou astreintes avec ou sans possibilité dimposer dautres sanctions, telles que la suspension dactivités) diffère également entre les États membres.
Seules quelques rares sanctions ont été infligées à ce jour et toutes ont été bien inférieures au maximum applicable.
Étant donné que des sanctions efficaces, dissuasives et proportionnées sont essentielles à la bonne mise en uvre du règlement, la Commission surveille lapplication de cette disposition dans les États membres.
Conclusion
Le rapport conclut que, par rapport à la situation qui existait en 2015 avant lentrée en application du règlement, les utilisateurs finals et les fournisseurs de contenu se disent très satisfaits de la situation actuelle. Les fournisseurs de services daccès à linternet soutiennent également les principes dun internet ouvert et ne considèrent pas quil soit nécessaire de les modifier.
Lun des objectifs du règlement était de soutenir linternet en tant que moteur de linnovation. Aujourdhui, les entreprises numériques prospèrent clairement, comme en témoignent les pôles de jeunes entreprises dans des régions très dynamiques un peu partout en Europe. Lémergence de ces jeunes pousses repose notamment sur la facilité avec laquelle elles peuvent toucher leurs clients, une facilité daccès favorisée par le règlement.
Sur la base de lévaluation des deux premières années et demie de mise en uvre, la Commission conclut que les principes du règlement sont appropriés, à la lumière de lévolution du marché, et quils protègent efficacement lutilisateur final en promouvant linternet en tant que moteur dinnovation.
Sagissant des modalités dapplication du règlement, lexpérience demeure limitée en raison de la durée relativement courte de son application. Une nouvelle période de stabilité réglementaire permettra aux autorités réglementaires, aux parties prenantes et aux utilisateurs finals de mieux se familiariser avec cette application. Des dispositions législatives fondées sur des principes et directement applicables, soutenues par toutes les parties prenantes concernées et étayées par des mécanismes souples visant à garantir une prise de décision cohérente au niveau national, peuvent assurer une telle stabilité.
Par conséquent, la Commission conclut quil ne serait pas opportun de proposer des modifications du règlement à ce stade.
La Commission continuera de suivre lévolution du marché, à laune de lévolution des technologies et des services.
En particulier, elle collaborera étroitement avec lORECE, qui mène un processus de coordination qui a conduit les États membres à faire converger leurs décisions.