Accès du public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission
La Commission a présenté un rapport sur l'application en 2018 du règlement (CE) nº1049/2001 relatif à l'accès public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission.
En 2018, la Commission européenne a pris des mesures importantes pour concrétiser son attachement à accroître la transparence et lobligation de rendre des comptes, afin de renforcer la confiance des citoyens européens envers les processus des institutions de lUE.
Initiatives en matière de transparence
La Commission a déployé des efforts ciblés pour renforcer encore davantage la transparence de toutes ses activités principales, quil sagisse de lélaboration de la législation, de la mise en uvre des politiques, ou encore des contacts avec les parties prenantes et les groupes de pression.
En 2018, cette démarche sest traduite notamment par :
- lévolution du registre interinstitutionnel des actes délégués et les efforts déployés en vue de rendre la procédure législative plus transparente et plus accessible, grâce notamment aux améliorations apportées à EUR-Lex ;
- lentrée en vigueur du nouveau code de conduite des membres de la Commission européenne;
- le relèvement de la transparence au rang de principe directeur dans le cadre des nouvelles règles en matière de protection des données pour les institutions et les organes de lUE ;
- le niveau inédit de transparence dans le cadre des négociations sensibles sur le Brexit ;
- lagrandissement du registre de transparence : en décembre 2018, il contenait plus de 11.900 entrées, soit 5.000 de plus quau moment de la prise de fonction de la Commission, dont 2.762 nouvelles entités ayant adhéré au cours de lannée ;
- la publication sur un site web spécialisé, des textes de négociation, ainsi que les rapports des derniers cycles concernant les accords commerciaux existants de lUE et les négociations commerciales en cours avec des pays tiers ;
- la révision de linitiative citoyenne européenne.
En 2018, la Commission européenne a été de plus en plus confrontée à un nouveau problème généralisé en matière de transparence, à savoir la désinformation en ligne. Cest la raison pour laquelle linstitution sest engagée, avec toutes les parties prenantes, à définir un plan daction clair, complet et général pour lutter contre sa propagation et son impact en Europe, afin de garantir la protection des valeurs européennes et des systèmes démocratiques.
Demandes daccès
La Commission européenne reste, de loin, linstitution de lUE qui traite le plus grand nombre de demandes daccès à des documents au titre du règlement (CE) nº 1049/2001. En 2018, elle a atteint son plus grand nombre de demandes depuis lentrée en vigueur du règlement en 2001, avec pas moins de 6.912 demandes initiales reçues. La plupart de ces demandes concernaient chacune une série de documents, voire des dossiers entiers.
Cette hausse du nombre de demandes et de leur complexité a amené linstitution à relever le défi de concilier le principe de transparence avec une élaboration des politiques équilibrée et efficace. Elle a donné lieu à un grand nombre de documents mis à la disposition du public, sous réserve de quelques exceptions.
En 2018, cest la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire qui a reçu la plus grande part de demandes initiales (11 %), suivie du secrétariat général (6,7 %) et de la direction générale du marché intérieur, de lindustrie, de lentrepreneuriat et des PME (6,5 %). La direction générale de la fiscalité et de lunion douanière (6,4 %), la direction générale de la concurrence (5,9 %) et la direction générale de la mobilité et des transports (5,2 %) ont été les seuls autres services à recevoir chacun plus de 5 % de la totalité des demandes initiales.
En 2018, comme les années précédentes, la plupart des demandes initiales ont émané de citoyens (42,2 % des demandes environ). La deuxième place parmi les demandeurs nest plus occupée par les universitaires, comme cétait le cas en 2017, mais par les entreprises, qui ont été à lorigine de près de 16,7 % des demandes initiales. La catégorie des universitaires est passée à la troisième place (avec environ 10,6 %), suivie de près par les cabinets juridiques et les journalistes (avec environ 10,1 % chacun).
En ce qui concerne la ventilation géographique des demandes initiales, la Belgique, le Royaume-Uni et lAllemagne restent, comme en 2017, les trois principaux pays dorigine de la plupart des demandes daccès aux documents. La France est en quatrième position.
Les statistiques montrent que les documents demandés ont été intégralement ou partiellement divulgués dans plus de 80 % des demandes en phase initiale, et quun accès plus large, voire complet, a été autorisé dans près de 41 % des 288 cas examinés en phase confirmative.
Contrôle juridictionnel
En 2018, le droit daccès aux documents sur demande, tel que prévu par la charte des droits fondamentaux de lUnion européenne, les traités de lUnion et le règlement (CE) nº 1049/2001, a continué de constituer un instrument important qui permet à la Commission de donner corps à son attachement à la transparence.
En 2018, le Tribunal a rendu 27 arrêts impliquant la Commission européenne concernant le droit daccès aux documents en vertu du règlement. La Commission européenne était partie à la procédure dans 26 de ces affaires et elle est intervenue dans lune dentre elles. Dans la grande majorité de ces affaires, la position de linstitution a prévalu. Sur les 27 affaires susvisées, seulement six dentre elles ont abouti à lannulation (partielle) de la décision de linstitution contestée, dont lune émanait du Parlement.
Les faibles taux de recours et darrêts ayant conclu à une annulation de ses décisions dans ce domaine semblent illustrer le fait que la Commission européenne établit généralement un juste équilibre entre le droit daccès et les autres intérêts publics ou privés protégés en vertu des exceptions prévues par le règlement (CE) nº 1049/2001.