Résolution sur Cuba, le cas de José Daniel Ferrer
Le Parlement européen a adopté par 382 voix pour, 243 contre et 42 abstentions, une résolution sur Cuba - le cas de José Daniel Ferrer. Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, Renew et ECR.
Le Parlement a condamné la détention arbitraire depuis le 1er octobre 2019 de José Daniel Ferrer, chef de lopposition à la tête de lUnion patriotique de Cuba (UNPACU). Il a demandé aux autorités cubaines de procéder à sa libération immédiate et de lautoriser à consulter lavocat de son choix, à avoir des contacts avec sa famille et à avoir accès à tous les documents relatifs à sa détention et aux motifs allégués de celle-ci. Il a par ailleurs dénoncé la torture et les mauvais traitements dont aurait souffert M. Ferrer.
Les députés ont réitéré leur préoccupation face aux persécutions, au harcèlement ainsi quaux agressions dont sont constamment victimes les dissidents pacifiques, les journalistes indépendants, les défenseurs des droits de lhomme et lopposition politique à Cuba, réclamant de meilleures garanties quant au droit à un procès équitable et à lindépendance du pouvoir judiciaire.
Le Parlement a demandé au gouvernement cubain :
- de mettre en uvre des réformes juridiques afin de garantir la liberté de la presse, dassociation et de manifestation, et dengager les réformes politiques devant permettre la tenue délections libres, justes et démocratiques qui tiennent compte de la volonté souveraine du peuple cubain et librement exprimée par celui-ci;
- daligner sa politique en matière de droits de lhomme sur les normes internationales définies dans les chartes, déclarations et instruments internationaux dont Cuba est signataire ;
- de permettre à la société civile et aux acteurs politiques de lopposition de participer activement à la vie politique et sociale, sans aucune restriction;
- dautoriser les observateurs indépendants des droits de lhomme, cubains ou étrangers, à se rendre sans aucune restriction à Cuba afin dinviter les rapporteurs spéciaux des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté de réunion pacifique et dexpression ainsi que sur la situation des défenseurs des droits de lhomme ;
- de garantir la liberté des médias et la liberté dexpression, de mettre un terme au harcèlement et à la détention de journalistes indépendants et de cesser dimposer la censure en ligne tout comme de cesser de bloquer les sites internet et de restreindre laccès à linformation;
- dabolir la peine de mort pour tous les crimes et de réexaminer toutes les condamnations à la peine capitale pour sassurer que ces procès sont conformes aux normes internationales.
Le Parlement a rappelé que laccord de dialogue politique et de coopération comprenait une clause prévoyant la suspension de laccord et devant sappliquer en cas de non-respect des dispositions relatives aux droits de lhomme. Il a insisté par conséquent pour que lUnion européenne suive et surveille de près le respect des droits de lhomme et des libertés fondamentales à Cuba dans le cadre de la mise en uvre de laccord, et présente régulièrement au Parlement des rapports en la matière.
Les députés ont demandé au Service européen pour laction extérieure (SEAE) et à la Commission à soutenir activement les groupes de la société civile et les particuliers qui défendent les droits de lhomme à Cuba. Ils ont invité le nouveau vice-président/haut représentant à reconnaître lexistence dune opposition politique au gouvernement cubain et à soutenir sa participation dans le dialogue politique entre lUnion et Cuba, et à exiger que les autorités cubaines engagent des réformes devant conduire à une transformation démocratique du pays.