Résolution sur la situation en Bolivie
Le Parlement européen a adopté par 425 voix pour, 132 contre et 109 abstentions, une résolution sur la situation en Bolivie. Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, Renew et ECR.
La résolution rappelle que le 20 octobre 2019, des élections présidentielles et législatives ont eu lieu en Bolivie dans un contexte de fort clivage et de controverse quant à la candidature du président Evo Morales. Linterruption inattendue du décompte des voix et la proclamation par le président Morales de sa victoire avant même que tous les résultats officiels naient été transmis et publiquement annoncés ont donné lieu à dimportantes manifestations qui ont été une source de vive inquiétude pour lensemble de la communauté internationale puisquà ce jour, 32 personnes ont été tuées, des centaines de personnes blessées et plus de 600 personnes arrêtées.
Soupçons de fraude électorale
Les actions de la Cour suprême électorale ont suscité des contestations et fait naître des soupçons de fraude non seulement parmi les partisans des candidats de lopposition, mais aussi parmi les observateurs nationaux et internationaux et de la majorité de la communauté internationale. Après la présentation, le 10 novembre 2019, du rapport daudit de lOrganisation des États américains (OEA) demandant lannulation du processus électoral et la tenue dune nouvelle élection, Evo Morales et dautres membres de son gouvernement ont dû démissionner, quitter le pays et abandonner leurs fonctions.
Organiser une nouvelle élection présidentielle
Le Parlement a dénoncé le manque de transparence et de crédibilité des autorités boliviennes ainsi que leur tentative de fraude électorale, une infraction grave qui devrait conduire, en vertu de la législation bolivienne, à déclarer lélection nulle et non avenue.
Tout en se disant favorable à lobjectif de nommer une nouvelle Cour électorale indépendante pour garantir la transparence des élections, le Parlement a déclaré quun nouveau scrutin dès que possible était indispensable pour que la situation redevienne stable. Il a invité les autorités intérimaires à assumer la responsabilité de la crédibilité de la procédure en organisant des élections régulières et ouvertes à tous, auxquelles tous les acteurs politiques puissent concourir conformément au droit bolivien et à lordre constitutionnel.
Le Parlement a demandé à Jeanine Añez, présidente par intérim ainsi quaux nouvelles autorités intérimaires de prendre les mesures qui simposent pour rétablir la confiance et organiser le processus électoral. Il a demandé quun dialogue soit instauré afin dorganiser immédiatement une nouvelle élection qui soit démocratique, transparente, régulière et ouverte à toutes les parties, avec un organe électoral composé de nouveaux membres, de manière à sortir de la crise actuelle tout en évitant des représailles politiques.
Le Parlement sest déclaré prêt à assister un tel processus électoral et a invité la VP/HR à déployer une mission dobservation électorale de lUE de plein exercice.
Éviter les violences et traduire les responsables en justice
Le Parlement a salué la décision de retirer les forces armées des zones de manifestation et dabroger une loi qui leur donnait toute latitude pour user de la force. Il a demandé aux forces de lordre de faire preuve de retenue et déviter tout usage disproportionné de la force dans le cadre du maintien de la sécurité et de lordre public et que soient ouvertes à bref délai des enquêtes approfondies, transparentes et impartiales sur les violences, et que les responsables soient traduits en justice.
Les députés ont également réaffirmé que le respect de lindépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et la liberté dassociation et dexpression pour tous les Boliviens, y compris les paysans et les peuples et nations autochtones, sont des piliers incontournables de la démocratie et de létat de droit.