Résolution sur la conférence des Nations unies de 2019 sur les changements climatiques à Madrid, Espagne (COP 25)
Le Parlement européen a adopté par 430 voix pour, 190 contre et 34 abstentions, une résolution sur la conférence des Nations unies de 2019 sur les changements climatiques à Madrid, Espagne (COP 25). La résolution a été déposée par la commission de lenvironnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire ainsi que par les groupes PPE, S&D, Renew, Verts/ALE et GUE/NGL.
Le Parlement a déclaré que le changement climatique était lun des défis majeurs auxquels se trouvait confrontée lhumanité en insistant sur le fait que la coopération internationale, la solidarité ainsi quun engagement cohérent et sans faille en faveur de laction commune étaient les seules solutions envisageables en vue dassumer collectivement la responsabilité de préserver la planète.
Les députés ont insisté sur le fait que, selon le rapport spécial du GIEC, pour avoir une véritable chance de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C dici 2100 avec un dépassement nul ou limité, il est indispensable de parvenir à un niveau zéro démission nette de gaz à effet de serre à léchelle mondiale dici 2067 au plus tard et de réduire les émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre dici 2030 à 27,4 gigatonnes déquivalent CO2 par an au maximum.
Une politique climatique européenne ambitieuse
Les députés ont souligné limportance que lUnion mène une politique climatique ambitieuse et solidaire afin de conserver son rôle de chef de file au niveau mondial en ce qui concerne le climat. Ils ont insisté sur la nécessité pour lUnion dinvestir et de réaliser des avancées majeures dans les domaines de la recherche et de linnovation industrielle.
Le Parlement attend du pacte vert européen quil établisse une stratégie complète et ambitieuse pour parvenir à une Europe neutre pour le climat au plus tard dici 2050, stratégie comprenant lobjectif de réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre dans lUnion dici 2030. Il a invité la Commission à adapter lensemble de ses politiques concernées en conséquence, notamment en matière de climat, dagriculture et de cohésion et sest prononcé en faveur dune actualisation des contributions déterminées au niveau national (CDN) de lUnion en vue de réaliser cet objectif.
Les députés ont également insisté sur la nécessité de :
- mettre en uvre lensemble des politiques climatiques en suivant le principe dune transition juste, en étroite coopération avec la société civile et les partenaires sociaux;
- définir un nouvel objectif intermédiaire de réduction des émissions à lhorizon 2040 aux fins dune plus grande stabilité des marchés ;
- poursuivre lélaboration dun modèle fiable de mesure des conséquences climatiques de la consommation ;
- mettre en place un cadre international plus solide pour protéger la biodiversité à léchelle mondiale.
Financement de la lutte contre le changement climatique
Le Parlement relève que lUnion et ses États membres représentent ensemble le premier pourvoyeur de fonds publics pour lutter contre le changement climatique mais sinquiète du fait que les engagements effectivement pris par les pays développés restent bien en deçà de lobjectif collectif de 100 milliards dUSD par an à compter de 2020. Il attend des économies émergentes quelles contribuent, à partir de 2025, à la hausse du financement international de la lutte contre le changement climatique.
La résolution a insisté sur le fait que le budget de lUnion devrait correspondre aux engagements internationaux de celle-ci en matière de développement durable ainsi quà ses objectifs de moyen et de long terme sur le plan du climat et de lénergie. Elle a dès lors invité la Commission à garantir que les investissements de lUnion sont respectueux du climat et de la biodiversité et à proposer, le cas échéant, des règles harmonisées et contraignantes, et à garantir la conformité du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) avec laccord de Paris.
Tout en soulignant limportance du processus de reconstitution du Fonds vert pour le climat, les députés ont encouragé les États membres à au moins doubler leurs contributions dans le cadre de la mobilisation initiale des ressources. Ils ont également salué la décision prise par la BEI daugmenter progressivement la part de son financement consacrée à laction pour le climat et à la viabilité environnementale, afin datteindre 50 % de ses opérations à partir de 2025.
Rappelant limportance dune transition équitable, le Parlement a invité lUnion et les États membres à mettre en place des politiques et un financement appropriés à cet égard, subordonnés à des engagements clairs, crédibles et contraignants de la part des États membres concernés en faveur dune décarbonation de léconomie dans son ensemble à court et long termes.
Les députés ont aussi insisté sur le rôle de la finance durable et jugé essentiel que les principales institutions financières internationales adoptent des financements verts afin de parvenir à une décarbonation effective de léconomie mondiale.
Un vaste effort de la part de tous les secteurs
Le Parlement a rappelé que tous les secteurs devaient faire leur part si lon voulait obtenir une économie neutre pour le climat et que la décarbonation de léconomie européenne ne doit pas conduire à déplacer les émissions de carbone vers des pays tiers par un phénomène de fuite de carbone.
Rappelant que le secteur des transports est le seul secteur qui a connu une augmentation des émissions depuis 1990, les députés ont estimé que tous les pays devraient inclure les émissions issues des transports aérien et maritime internationaux dans leurs projets de contributions déterminées au niveau national (CDN). Ils ont exhorté la Commission à proposer dinclure le secteur maritime dans le système européen déchange de quotas démission (SEQE).
Tous les pays de lUE ont été appelés à supprimer progressivement toutes les subventions directes et indirectes en faveur des combustibles fossiles dici 2020.
Rappelant que 23 % des émissions de gaz à effet de serre à léchelle mondiale proviennent de lagriculture, les députés ont insisté sur le fait que pour garantir une alimentation suffisante à une population mondiale croissante, il fallait investir dans des techniques agricoles et des méthodes de production intelligentes en vue dune production plus efficace de la viande et des produits laitiers.
Le rôle des forêts
Les députés ont fait remarquer quen mettant un terme à la déforestation et à la dégradation des forêts et en permettant aux forêts de repousser, on réaliserait au moins 30 % de toutes les mesures datténuation nécessaires pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C. Ils ont invité lUnion et ses États membres, à honorer leurs engagements internationaux de promouvoir la gestion durable de tous les types de forêts, de mettre un terme à la déforestation, de restaurer les forêts dégradées et daccroître considérablement le boisement et le reboisement au niveau mondial dici 2020.