Résolution sur les mesures destinées à remédier aux conséquences pour l'agriculture européenne de la décision de l'OMC concernant Airbus
Le Parlement européen a adopté une résolution sur les mesures destinées à remédier aux conséquences pour lagriculture européenne de la décision de lOMC concernant Airbus. Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, Renew et ECR.
Le Parlement sest déclaré profondément préoccupé par les dommages collatéraux qui frappent toute la chaîne du secteur agroalimentaire européen du fait de la décision prise par les États-Unis dimposer des contre-mesures à lUnion à la suite du différend concernant Airbus.
Les exportations agroalimentaires de lUnion européenne, dune valeur de 4,3 milliards dEUR (60 % de la valeur totale des contre-mesures) seront en effet affectées par les nouveaux droits de douane, pour un manque à gagner équivalent à 1,1 milliard dEUR. Les principaux produits agricoles visés par les sanctions américaines sont des produits emblématiques de lUnion, faisant lobjet de labels et dappellations de qualité (vins et spiritueux, dont le whisky, huile dolive, produits laitiers, tels que le beurre et le fromage).
Agir de manière coordonnée pour apaiser les tensions commerciales
Les députés ont déploré le manque dintérêt dont ont fait preuve les États-Unis pour répondre aux tentatives de lUnion de trouver une solution négociée en temps utile, avant lapplication des droits de douane ainsi que le refus des États-Unis de travailler avec lUnion pour résoudre le différend de longue date entre Airbus et Boeing. Ils ont invité la Commission à continuer à chercher des solutions négociées pour apaiser les tensions commerciales actuelles entre les deux parties.
La nécessité pour lUnion de parler dune seule voix et dagir de façon coordonnée a été dautant plus soulignée que les droits de douane en question ont été conçus pour affecter les États membres à des degrés divers et diviser ainsi la position de lUnion.
Soutenir les secteurs les plus touchés
La Commission a été invitée à :
- examiner lincidence des contre-mesures américaines sur les secteurs concernés et le marché intérieur et, lorsque cela est justifié et dans le respect des règles de lOMC et des limites budgétaires, à mobiliser rapidement un soutien en faveur des secteurs les plus durement touchés ;
- surveiller de près le marché agroalimentaire européen afin de détecter à temps les perturbations découlant de lapplication des droits de douane, les effets de cumulation avec dautres évolutions du marché, dont celles liées à lembargo russe, et les effets secondaires du déplacement de certains produits sur la chaîne dapprovisionnement alimentaire;
- envisager de recourir à des outils prévus par le règlement OCM unique, tels que les régimes daide au stockage privé, les retraits du marché et tous autres instruments disponibles et mesures pertinentes pour faire face aux perturbations du marché intérieur;
- mener des actions transversales dinformation et de promotion pouvant prendre la forme de missions de haut niveau, de participation à des foires commerciales et à des expositions dimportance internationale pour améliorer limage et la promotion des produits concernés. Les députés ont demandé une augmentation des dotations destinées à la promotion pour 2019 pour éviter de retarder la réaction rapide aux contre-mesures des États-Unis.
Dans ces circonstances, le Parlement a rejeté toute réduction du budget de la politique agricole de l'UE et demandé de poursuivre la réforme de sa réserve de crise, dans la mesure où le secteur agricole devient de plus en plus volatil et est de plus en plus touché par des crises internationales dorigine politique, qui demandent une réponse budgétaire forte et efficace.
Tout en réaffirmant son engagement en faveur du libre-échange et de louverture des marchés, le Parlement a souligné la nécessité, pour diversifier les marchés dexportation et assurer laccès au marché des produits agroalimentaires touchés par les droits de douane américains, déliminer les obstacles techniques persistants qui empêchent les opérateurs dexploiter pleinement les possibilités dexportation possibles en vertu dautres accords commerciaux.