Aide humanitaire

1995/0119(SYN)

La Commission a présenté son rapport annuel sur les politiques d'aide humanitaire de l'Union européenne et leur mise en œuvre en 2018.

Les crises humanitaires ont augmenté en complexité et en gravité au cours des dernières décennies. Les conflits sont restés le principal moteur des besoins humanitaires, tandis que les catastrophes naturelles ont continué à faire que de nombreuses personnes ont eu besoin d'une aide d'urgence. En 2018, plus de 134 millions de personnes ont eu besoin d'aide.

La Commission européenne a été à la pointe de la réponse de l'UE aux crises, finançant des opérations d'aide humanitaire pour plus de 1,8 milliard d'euros (l'appel humanitaire des Nations unies s'élevait à 25,4 milliards de dollars) dans plus de 90 pays, en mettant particulièrement l'accent sur le soutien aux populations touchées par les conflits en Syrie et aux réfugiés dans les pays voisins. 

Principales conclusions en 2018

- Boîte à outils d'urgence : l'outil d'intervention d'urgence à grande échelle (ALERT) a fourni 8,65 millions d'euros pour répondre aux graves inondations au Kenya, en Éthiopie et au Nigeria, aux tremblements de terre et au tsunami en Indonésie et aux effets d'un cyclone tropical aux Philippines. L'instrument de lutte contre les épidémies a permis de financer d'urgence cinq épidémies : Fièvre de Lassa (Nigeria), Ebola (RDC), choléra (Djibouti, Niger et Zimbabwe). Le montant déboursé s'est élevé à 2,775 millions d'euros. L’instrument de financement des réactions à petite échelle a été utilisé pour répondre à sept catastrophes d'un montant total de 2,225 millions d'euros, à savoir Tonga (tempête tropicale), Nigeria (mouvement de réfugiés), Nicaragua (troubles civils), Guatemala (éruption volcanique), Laos (effondrement d'un barrage), Venezuela (inondations) et Haïti (tremblement de terre).

- Syrie : en 2018, la crise syrienne est entrée dans sa huitième année. La Commission a apporté une aide vitale, principalement en fournissant de la nourriture, des médicaments, de l'eau et des abris. Les actions de la Commission ont bénéficié aux populations à l'intérieur de la Syrie ainsi qu'aux réfugiés syriens au Liban, en Jordanie et en Égypte. L'aide humanitaire de la Commission s'est élevée à 260 millions d'euros.

- Turquie : en juin 2018, l'UE a décidé d'allouer 3 milliards d'euros supplémentaires à la facilité de l'UE pour les réfugiés en Turquie afin de soutenir les réfugiés syriens. Dans le cadre de cette deuxième tranche, 550 millions d'euros ont été engagés en 2018, dont 50 millions d'euros pour l'aide humanitaire, principalement en matière de protection et de santé. Cela porte le montant total des fonds humanitaires engagés au titre de la facilité à plus de 1,45 milliard d'euros.

Le programme humanitaire phare de la Facilité, le filet de sécurité sociale d'urgence, a continué à répondre aux besoins fondamentaux et aux besoins de protection de 1,7 million de bénéficiaires. Il s'agit du plus grand projet humanitaire de l'histoire de l'UE.

- Ukraine : après plus de quatre ans de conflit, les besoins humanitaires ont persisté en 2018 dans l'est de l'Ukraine. Le conflit a touché plus de 4,4 millions de personnes, dont au moins 3,4 millions avaient besoin d'une aide humanitaire. L'UE et ses États membres sont restés l'un des principaux donateurs d'aide humanitaire, avec un total de 232 millions d'euros de soutien. 

- Yémen : le Yémen a connu la plus grande crise humanitaire au monde, avec 22,2 millions de personnes ayant besoin d'aide en 2018. En 2018, la Commission a intensifié sa réponse à la crise en fournissant 127,5 millions d'euros d'aide vitale à plus de 14 millions de personnes vulnérables. 

- Afrique : 2018 a été marquée par la pire crise alimentaire et nutritionnelle que le Sahel ait connue depuis de nombreuses années. La Commission a fourni une aide d'urgence d'un montant total de 272,9 millions d'euros aux différents pays touchés. En République centrafricaine, près de 2 millions de personnes souffraient d'une insécurité alimentaire aiguë et deux tiers de la population n'avaient pas accès aux soins de santé de base. Environ un citoyen sur quatre a été déplacé de force, soit à l'intérieur du pays, soit vers les pays voisins (Cameroun, Tchad et RDC). La Commission a alloué plus de 33 millions d'euros d'aide humanitaire à cette crise.

- Venezuela : les conditions de vie de la population se sont détériorées en raison d'une crise socio-économique et politique. Le manque de médicaments, combiné à une réduction dramatique de la capacité du système de santé, a eu pour conséquence qu'un nombre croissant de personnes n'ont pas pu être soignées. Fin 2018, plus de 3,2 millions de personnes avaient quitté le pays, principalement pour la Colombie, le Pérou, l'Équateur et le Brésil. Un total de 32 millions d'euros a été alloué par l'UE pour la fourniture notamment de services de santé et de nutrition, d'eau et d'assainissement, de protection, d'EiE, ainsi que pour le soutien aux communautés d'accueil. Ce montant comprend 7 millions d'euros d'augmentation du FED pour répondre aux besoins humanitaires urgents.

- Crise des Rohingyas : après le déplacement massif de 2017, environ un million de réfugiés apatrides ont résidé en 2018 à Cox's Bazar au Bangladesh. L'UE a fourni 46 millions d'euros d'aide humanitaire pour cette crise, tant au Bangladesh qu'au Myanmar, sous la forme de soins de santé de base, d'eau, d'assainissement, d'abris, de nutrition, de protection, de soutien psychologique et d'aide à la réduction des risques de catastrophe.

Priorités horizontales

Éducation dans les situations d'urgence : en 2018, la Commission européenne a consacré 8,5 % de son budget humanitaire à ces activités dans 34 pays (pour un montant de 91,6 millions d'euros), dépassant ainsi l'objectif de 8 % fixé pour l'année.

La Commission a également adopté une communication sur le sujet et les crises prolongées en mai 2018. Le nouveau cadre politique permettra à l'UE de mobiliser des ressources de manière plus prévisible, plus souple et plus efficace, sur la base d'une approche globale et coordonnée du lien entre l'aide humanitaire et le développement et de priorités stratégiques claires.