Mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune - rapport annuel
Le Parlement européen a adopté par 454 voix pour, 148 voix contre et 102 abstentions, une résolution sur la mise en uvre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) - rapport annuel.
Une politique étrangère commune efficace
Dans un contexte où lenvironnement stratégique de lUnion se détériore, le Parlement a souligné quaucun État membre nétait capable à lui seul de sattaquer à aucun des défis auxquels le continent européen est aujourdhui confronté : conflits armés aux frontières orientales et méridionales du continent européen, terrorisme djihadiste, cyberattaques, ingérence étrangère dans les processus électoraux européens, remise en cause des accords de non-prolifération des armements, augmentation des déplacements forcés et des flux migratoires incontrôlés, tensions sur lapprovisionnement énergétique des États membres et changement climatique.
Les députés ont insisté la nécessité dune Europe plus forte, agissant de manière uniforme en matière de relations extérieures. Ils ont plaidé pour une politique étrangère commune efficace, crédible et ambitieuse sappuyant sur des ressources financières adéquates et sur des mesures fermes de la part de lUnion.
Le multilatéralisme en jeu: un besoin urgent dune Europe plus forte et unie
À une époque où les puissances en compétition remettent de plus en plus en question lordre mondial fondé sur des règles, les députés estiment que lEurope doit défendre les valeurs, les règles et les principes universels - en particulier le multilatéralisme, le droit international, létat de droit, la démocratie, le respect des droits de lhomme, les libertés fondamentales, le commerce libre et équitable, ainsi que la résolution non violente des conflits - tant à lextérieur quà lintérieur de lUE.
La résolution a souligné que multilatéralisme était la pierre angulaire de la politique étrangère et de sécurité de lUnion et quil devrait être la clé de voûte des efforts déployés par lUnion en vue de prévenir, datténuer et de résoudre les conflits en appliquant les normes et les principes du droit international.
Tout en exprimant leurs regrets quant au fait que les États-Unis se retirent progressivement de lordre mondial multilatéral fondé sur des règles, les députés ont souligné que le partenariat transatlantique demeurait indispensable pour la sécurité et la prospérité des deux côtés de lAtlantique.
Le Parlement a plaidé en faveur dune politique étrangère de lUnion qui unisse les institutions européennes et les États membres autour dune politique étrangère commune et forte à léchelle de lUnion. Il a appuyé la décision de la présidente de la Commission de transformer lexécutif de lUnion en une «Commission géopolitique» aspirant à devenir un acteur extérieur crédible qui sattellera systématiquement aux questions de politique extérieure.
Les députés ont déclaré que lUnion devrait sappuyer davantage sur les instruments relatifs au commerce et au développement tels que les accords bilatéraux et de libre-échange conclus avec des pays tiers, en subordonnant la ratification dun accord à la signature de lAccord de Paris et au respect des valeurs européennes fondamentales. Pour conserver sa crédibilité extérieure, lUnion devrait également subordonner les accords quelle conclut avec des pays tiers au respect des clauses relatives aux droits de lhomme et faire appliquer ces clauses.
Renforcer le Parlement européen pour en faire un pilier de la PESC
Le Parlement européen a rappelé quil avait le devoir et la responsabilité dexercer son contrôle démocratique sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).
La résolution a souligné à cet égard les pouvoirs de surveillance et de contrôle du Parlement et a demandé que ses rapports et ses résolutions fassent lobjet dune plus grande attention. Elle a souligné limportance des assemblées parlementaires en tant quespaces de coopération et de dialogue institutionnel et mis en exergue le rôle essentiel des missions dobservation électorale de lUnion.
Les députés ont demandé que la Commission et le SEAE partagent les informations de façon exhaustive afin de permettre au Parlement dexercer efficacement sa fonction de contrôle, y compris dans le domaine de la PESC. Ils ont appelé au renforcement des rôles de contrôle et de surveillance parlementaires sur laction extérieure de lUnion, y compris dans le cadre du processus de négociation en vue de laccord futur avec le Royaume-Uni. Ils ont également souligné le rôle du Parlement dans le cadre du contrôle et de la définition de tous les instruments extérieurs de lUnion, y compris de linstrument daide de préadhésion pour la période 2021-2027 (IAP III).
Renforcer la PESC pour contrer les menaces mondiales
Le Parlement a salué la décision prise par la présidente de la Commission de mettre en place, dans un délai de cinq ans, une union européenne de la défense véritable et opérationnelle et a souhaité que des échanges transparents aient lieu avec le Parlement et les États membres à cet effet. Il a estimé que le vote à la majorité qualifiée renforcerait lefficacité de la politique étrangère et de sécurité de lUnion et accélérerait le processus décisionnel. Il sest dit favorable à un débat européen sur de nouveaux formats, tels quun Conseil de sécurité européen.
Le Parlement a plaidé en faveur du renforcement de la capacité de lUnion et de ses États membres à agir de façon autonome dans les domaines de la sécurité et de la défense tout en soulignant le rôle important quassume lOTAN, un des piliers de la sécurité européenne.
Les députés ont recommandé, entre autres :
- dintégrer les préoccupations liées à la sécurité climatique et la volonté de faire respecter la gouvernance environnementale mondiale dans la politique étrangère de lUnion ;
- duvrer pour une politique intérieure et extérieure plus cohérente, une stratégie pour lArctique et un plan daction concret sur lengagement de lUnion en Arctique qui tienne également compte des aspects géostratégiques et de sécurité;
- de renforcer le soutien à la stratégie de lUnion en matière de sûreté maritime dans son voisinage et dans le monde;
- de mettre en place un mécanisme de surveillance et de contrôle des exportations darmements à léchelle de lUnion et de faire désarmement nucléaire multilatéral une priorité de la politique étrangère et de sécurité de lUnion; lUnion devrait poursuivre ses efforts pour sauver laccord sur le nucléaire iranien ;
- de favoriser un marché intérieur des équipements de défense plus intégré ainsi quune politique coordonnée de soutien à la recherche et au développement dans le domaine de la défense;
- dintensifier leurs efforts de lutte contre les cybermenaces et les menaces hybrides et de mettre sur pied une stratégie globale de lutte contre lingérence électorale étrangère et la désinformation dans les processus démocratiques nationaux et européens, notamment sous la forme dune propagande soutenue par lÉtat russe;
- daccroître les investissements en vue développer des technologies dintelligence artificielle fiables pour assurer lautonomie stratégique de lUnion ;
- daffecter aux missions civiles et militaires de la PSDC les ressources humaines et matérielles nécessaires au maintien de la paix et à la prévention des conflits et de renforcer la participation des femmes et leur présence aux postes dencadrement dans ces missions.
Enfin, le Parlement a appelé de ses vux une stratégie européenne délargissement crédible dans les Balkans occidentaux, qui reste pour des raisons de politique étrangère un instrument essentiel de promotion de la sécurité dans une région dimportance stratégique pour lUnion.