Résolution sur une stratégie de l’Union visant à mettre un terme aux mutilations génitales féminines dans le monde
Le Parlement européen a adopté par 612 voix pour, 7 contre et 32 abstentions, une résolution sur une stratégie de lUnion visant à mettre un terme aux mutilations génitales féminines dans le monde.
La résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, Renew, Verts/ALE, ECR et GUE/NGL.
Les députés ont rappelé que la mutilation génitale féminine - considérée au niveau international comme une atteinte flagrante et systématique aux droits fondamentaux de la personne humaine, une forme de violence envers les femmes et les filles et une incarnation de linégalité entre les hommes et les femmes - était désormais reconnue comme étant un problème mondial qui touche au moins 200 millions de femmes et de filles dans 30 pays, daprès des rapports statistiques publiés par lUnicef, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et lOMS.
Daprès les données de 2018 du FNUAP, si les tendances démographiques actuelles se confirment, 68 millions de filles dans le monde entier seront exposées au risque de subir des mutilations génitales féminines dici 2030.
Mettre fin aux mutilations génitales féminines
Le Parlement a réaffirmé sa détermination à mettre fin, dans le monde entier, à la mutilation génitale féminine, pratique qui est une forme de violence sexiste et laisse des séquelles physiques et psychologiques à très long terme aux femmes et aux filles, allant dans certains cas jusquà entraîner la mort.
Les députés ont souligné que lobjectif principal devrait être la prévention de cette pratique, à travers une transformation durable de la société et des campagnes déducation et dinformation en créant les conditions de lémancipation économique des femmes et des filles. Les soins aux survivantes des mutilations et leur protection devraient être une priorité.
La résolution a souligné limportance :
- de rendre les hommes et les garçons acteurs de la refonte des relations entre les sexes, de la modification de leur propre comportement et du soutien à lémancipation des femmes et des filles;
- de convaincre les chefs dans les communautés de participer à léradication de la mutilation génitale féminine, puisque cette pratique est transmise par les traditions et la culture ;
- dadopter une approche intersectionnelle et intégrale, qui sattaque aux causes profondes des inégalités entre les hommes et les femmes qui sous-tendent toutes les formes de violence sexiste envers toutes les femmes et les filles ;
- de rendre explicitement illégale la « médicalisation » de la mutilation génitale féminine, un phénomène de plus en plus répandu dans certains pays - y compris là où la pratique est illégale.
Cadre stratégique de lUnion
La Commission et les États membres ont été invités à :
- faire en sorte que le futur budget de lUnion tienne compte de la nécessité de bénéficier dune flexibilité accrue entre les programmes de financement de laction intérieure et de laction extérieure, afin de promouvoir des budgets qui permettent de faire face à la complexité du problème et des interventions transfrontalières permettant déradiquer la mutilation génitale féminine dans le monde entier;
- veiller à ce que tous les États membres mettent en uvre la directive concernant les droits des victimes afin de garantir que les survivantes de mutilations puissent avoir accès à des services daide spécialisés et confidentiels, y compris de soutien et de conseil post-traumatiques, ainsi quà des foyers daccueil, dans des situations durgence dans lUnion européenne;
- veiller à ce que, dans le cadre de la réforme du régime dasile européen commun (RAEC), les normes de protection internationale les plus élevées soient appliquées de manière homogène dans toute lUnion en matière de conditions à remplir, de conditions daccueil et de droits procéduraux, afin de faciliter une coopération renforcée entre États membres, notamment en ce qui concerne les demandeuses dasile vulnérables qui ont subi des mutilations génitales féminines ;
- entamer une révision de la communication de la Commission de 2013 intitulée «Vers léradication des mutilations génitales féminines», afin de faire en sorte que la lutte contre ce fléau sintensifie et que des mesures soient prises afin que les femmes et les filles mutilées ou risquant de lêtre puisse bénéficier des mêmes normes et du même traitement où quelles se trouvent dans lUE;
- veiller à ce que la prochaine stratégie européenne dégalité entre les hommes et les femmes comprenne des mesures destinées à éradiquer la mutilation génitale féminine et à fournir des soins aux survivantes et à ce quelle contienne des engagements forts et des indicateurs clairs dans tous les domaines de compétence de lUnion ;
- faire en sorte que le prochain plan daction de lUnion sur légalité des sexes compte toujours au nombre de ses actions prioritaires léradication de la mutilation génitale féminine et la fourniture de soins aux survivantes ;
- intégrer la prévention de la mutilation génitale féminine dans tous les domaines, en particulier dans ceux de la santé, santé sexuelle et génésique et droits connexes compris, de la protection sociale, de lasile, de léducation, de lemploi, des forces de lordre, de la justice, de la protection de lenfance, des médias, de la technologie et de la communication;
- créer des plateformes rassemblant une diversité de parties prenantes afin de mieux coordonner la coopération et veiller à ce que des mécanismes structurés soient en place pour faire participer les représentants des communautés touchées par la mutilation génitale féminine et les organisations locales de femmes ;
- faire en sorte que la négociation et la révision des accords commerciaux et de coopération de lUnion avec des pays tiers tiennent compte du respect des normes internationales en matière de droits fondamentaux, y compris léradication de la mutilation génitale féminine en tant quatteinte systématique aux droits fondamentaux.
Le Parlement a invité une fois encore le Conseil à finaliser durgence la ratification de la convention du Conseil de lEurope sur la prévention et la lutte contre la violence à légard des femmes et la violence domestique (convention dIstanbul) et à encourager sa ratification par tous les États membres.