Résolution sur le travail des enfants dans les mines à Madagascar
Le Parlement européen a adopté une résolution sur le travail des enfants dans les mines à Madagascar.
Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, Renew, Verts/ALE, ECR ET GUE/NGL.
Le Parlement a condamné lutilisation inacceptable du travail des enfants sous toutes ses formes, rappelant que quelque 152 millions de filles et de garçons âgés de 5 à 17 ans dans le monde sont obligés de travailler, la plupart dentre eux dans les pays les moins avancés, notamment en Afrique (72,1 millions) et dans la région Asie-Pacifique (62,1 millions).
Les députés se sont dits inquiets du grand nombre denfants qui travaillent dans les mines malgaches et des violations des droits de ces enfants. Ils ont rappelé aux autorités du pays quil leur incombe de faire respecter les droits des enfants et de garantir leur sécurité et leur intégrité. En 2018, 47 % des enfants malgaches de 5 à 17 ans étaient forcés de travailler, dont 86.000 dans les mines, lexploitation minière étant le secteur où le taux de mortalité des enfants est le plus élevé, avec 32 décès pour 100.000 enfants âgés de 5 à 17 ans.
Le Parlement a salué le fait que léradication du travail des enfants soit lune des priorités de la nouvelle Commission et lui a demandé de fournir des précisions sur la façon dont elle entend sattaquer au travail des enfants au travers de la politique, de la législation et du financement de lUnion européenne, avec notamment de nouvelles initiatives. Il sest félicité de lengagement de la nouvelle Commission à présenter une nouvelle stratégie globale en matière de droits des enfants et a invité Union européenne à considérer le respect des droits de lhomme, y compris la lutte contre le travail et lexploitation des enfants, comme un élément essentiel de son dialogue politique avec Madagascar.
Les députés ont invité lUnion collaborer avec Madagascar pour soutenir ladoption et la mise en uvre de législations et de programmes daction qui contribueraient à la pleine réalisation de tous les droits de chaque enfant, ainsi quà lamélioration des conditions de travail de tous ceux qui participent au secteur minier. Ils ont également invité la délégation de lUE à Madagascar de continuer à surveiller de près la situation des droits des enfants dans le pays.
Le Parlement a demandé à lUE, en tant quacteur principal des droits de lhomme dans le monde, de se mettre à la tête de léradication du travail des enfants et de prendre des mesures immédiates et efficaces pour mettre un terme au travail des enfants, sous toutes ses formes, au plus tard en 2025. Il a recommandé à la Commission de mettre les droits des enfants au cur de laccord post-Cotonou.
La Commission a été invitée à élaborer une stratégie de mise en uvre globale pour le programme de développement durable à lhorizon 2030 et à faire un objectif fondamental de léradication du travail des enfants. Le Parlement a souligné la nécessité, à cette fin, dinclure la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans tous les accords de partenariat économique de lUnion, au moyen de chapitres relatifs au développement durable contraignants et exécutoires.
Enfin, les députés ont appelé la Commission et les États membres à collaborer étroitement avec les différents secteurs pour assurer un suivi efficace des différentes chaînes dapprovisionnement et éviter que des produits et services liés au travail des enfants se retrouvent sur les marchés de lUnion.