Résolution sur les priorités de l’Union européenne pour la 64e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies
Le Parlement européen a adopté par 463 voix pour, 108 contre et 50 abstentions, une résolution sur les priorités de lUnion européenne pour la 64e session de la commission de la condition de la femme des Nations unies. La résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, Renew, Verts/ALE et GUE/NGL.
Même si le programme daction de Beijing a été créé il y a 25 ans, bon nombre de défis recensés en 1995 sont toujours dactualité (comme lécart de salaire et de retraite entre les hommes et les femmes, la faiblesse des taux demploi des femmes, la sous-représentation des femmes dans les instances de décision, la répartition inégale du travail non rémunéré et la violence à caractère sexiste).
La CSW64 qui se tiendra du 9 au 20 mars 2020 sera consacrée à lexamen et à lévaluation de la mise en uvre de la déclaration et du programme daction de Beijing, des résultats de la 23e session extraordinaire de lAssemblée générale et de la pleine réalisation du programme de développement durable à lhorizon 2030.
Dans cette perspective, le Parlement a recommandé au Conseil :
- de réaffirmer son engagement sans faille en faveur du programme daction de Beijing et des conférences dexamen ultérieures ainsi que de la série dactions en faveur de légalité hommes-femmes qui y sont présentées ;
- de faire en sorte que la CSW64 débouche sur des résultats positifs, y compris sur ladoption dun ensemble dengagements ambitieux pour lavenir, présentés dans la déclaration politique;
- de veiller à ce que lUnion européenne ait une position commune et prenne des mesures fermes pour dénoncer sans équivoque le recul dont pâtit légalité hommes-femmes et les mesures qui nuisent aux droits des femmes, à leur autonomie et à leur émancipation sur tous les plans ;
- de garantir la pleine participation du Parlement et de sa commission des droits des femmes et de légalité des genres au processus décisionnel concernant la position de lUnion à la CSW64;
- de sengager à soutenir fermement les travaux de lONU Femmes, acteur central du système des Nations unies qui uvre pour faire progresser les droits des femmes ;
- de sengager fortement dans les coalitions daction, avec la Commission, et de tenir son engagement sur la communication dinformations et le suivi annuels dans le contexte du rapport sur létat davancement des travaux des coalitions daction.
Le Parlement a formulé une série de recommandations dans les domaines suivants :
LUE en tant quacteur mondial
Le Parlement a recommandé au Conseil de se poser résolument en chef de file en matière dégalité entre hommes et femmes et de concrétisation des droits des femmes et des filles dans son action extérieure, en particulier dans le cadre de sa politique étrangère et de sécurité et de sa politique de développement et de coopération, et de reconduire le plan daction sur légalité des sexes dans le contexte des relations extérieures au-delà de 2020, en revoyant ses ambitions à la hausse.
Le Conseil est invité à ; i) redoubler defforts dans la mise en uvre du programme à lhorizon 2030 afin de faire en sorte quaucune femme ou fille ne soit victime de discrimination, de violence ou dexclusion et ne soit privée daccès à la santé, à lalimentation, à léducation et aux offres demploi; ii) encourager une participation accrue des femmes dans le maintien et la consolidation de la paix, ainsi que dans les processus de médiation et les missions militaires et civiles de gestion des crises de lUnion ; iii) intégrer une perspective dégalité hommes-femmes dans laction de lUnion en matière daide humanitaire, ainsi quune perspective relative à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation.
Autonomisation économique et politique des femmes
Lautonomisation économique des femmes étant essentielle pour le développement durable et la croissance économique, le Parlement a recommandé de soutenir lentrepreneuriat féminin, lapplication stricte du principe dégalité de rémunération et le rôle joué par les femmes dans les accords commerciaux, ainsi que linclusion des femmes dans les secteurs économiques émergents tels que les technologies de linformation et de la communication (TIC), les sciences, les technologies, lingénierie et les mathématiques (STIM), le secteur du numérique, lintelligence artificielle et léconomie verte, qui sont des leviers pour la croissance durable et lindépendance financière des femmes.
Éradiquer la violence fondée sur le sexe et garantir les droits fondamentaux des femmes
Dans lUnion européenne, pas moins dune femme sur deux a été victime de harcèlement sexuel et une femme sur trois a subi des violences physiques et/ou sexuelles.
Le Conseil a été invité à condamner toute forme de violence à caractère sexiste et à déplorer que les femmes et les filles continuent dêtre exposées à la violence psychologique, physique, sexuelle et économique, et notamment à la violence domestique, au harcèlement sexuel, à la cyberviolence, à la traque furtive, au viol, au mariage précoce et forcé, aux mutilations sexuelles féminines (MSF), aux soi-disant «crimes dhonneur», aux avortements forcés, à la stérilisation forcée, à lexploitation sexuelle et à la traite des êtres humains. Linquiétude que suscite le phénomène du féminicide devrait également être prise en compte.
Le Parlement a également suggéré de finaliser durgence la ratification de la convention dIstanbul par lUnion, sur la base dune large adhésion et sans aucune restriction, et encourager sa ratification par tous les États membres.
Des politiques et des institutions répondant aux besoins particuliers des hommes et des femmes
Le Parlement a recommandé de veiller à une prise en compte systématique des questions d'égalité entre les hommes et les femmes en tant que stratégie clé pour soutenir la réalisation de l'égalité des sexes en assurant lintégration des questions dégalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines daction en insistant sur limportance particulière de procéder à des évaluations de limpact selon le sexe.
Le Conseil est invité à intégrer les questions dégalité entre les hommes et les femmes dans les politiques de lUnion en matière denvironnement et de changement climatique ainsi que dans la politique de lUnion en matière de migration.
Les députés ont également préconisé dadopter la proposition de directive antidiscrimination visant à garantir la prise en compte de la dimension dégalité hommes-femmes dans la mise en uvre du principe de légalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, dâge ou dorientation sexuelle.