Décharge 2018: 8e, 9e,10e et 11e Fonds européens de développement (FED)
Le Parlement européen a décidé par 454 voix pour, 210 contre et 27 abstentions, de donner décharge à la Commission sur lexécution du budget des huitième, neuvième, dixième et onzième Fonds européens de développement (FED) pour lexercice 2018.
Dans la résolution qui accompagne sa décision de décharge (adoptée par 583 voix pour, 97 contre et 12 abstentions), le Parlement européen a formulé une série dobservations :
Exécution financière et mise en uvre des projets liés aux FED (du huitième au onzième FED) en 2018
Le Parlement a pris acte du fait que les engagements au titre des FED ont atteint 4.959 millions dEUR en 2018 et ont dès lors dépassé lobjectif annuel de 4.537 millions dEUR (soit 109,3 % de lobjectif initial, contre 95 % en 2017), tandis que les paiements au titre des FED se sont élevés à 4.124 millions dEUR (soit un taux dexécution de 98,2 % de lobjectif annuel de 4200 millions dEUR, contre 98,89 % en 2017).
Les engagements de la Banque européenne dinvestissement (BEI) se sont élevés à 880 millions dEUR (dont 800 millions pour la Facilité dinvestissement), tandis que les paiements de la BEI ont atteint 555 millions dEUR en 2018 (dont 525 millions dEUR par lintermédiaire de la Facilité dinvestissement).
Le Parlement a encouragé la DG DEVCO à poursuivre ses efforts en matière danciens contrats expirés des FED et à procéder en priorité à la clôture des opérations restantes des huitième et neuvième FED dans les meilleurs délais.
Régularité des opérations et systèmes de contrôle et dassurance
Tout en se félicitant de lavis de la Cour des comptes sur la légalité et la régularité des recettes pour lexercice 2018, les députés se sont déclarés préoccupés par lavis défavorable de la Cour sur la légalité et la régularité des dépenses sous-jacentes aux comptes dans la mesure où celles-ci présentent un taux derreur significatif de plus en plus important. La Commission est invitée à en examiner les raisons et à prendre les mesures nécessaires pour inverser la tendance à la hausse du taux derreur.
Le Parlement attend de la DG DEVCO quelle soit plus rigoureuse dans lutilisation des informations de gestion disponibles et dans le bon fonctionnement de son système de contrôle général (contrôles ex ante et audit externe ou vérification des dépenses). Il la invitée à renforcer progressivement sa chaîne dassurance conformément aux nouvelles normes de contrôle interne en mettant davantage laccent sur les compétences des personnes et la responsabilité qui est la leur lorsquelles effectuent des contrôles ainsi que sur le risque de fraude.
Coopération avec les organisations internationales, les agences de développement de lUnion et les organisations non gouvernementales
Le Parlement a constaté avec préoccupation que, pour les actions menées avec des organisations internationales, 54 % des opérations contrôlées présentaient des erreurs quantifiables représentant 62,5 % du taux derreur estimé pour 2018. Il sest également inquiété de limportante concentration de contrats des FED aux mains dun nombre très restreint dagences nationales de développement, au risque dune renationalisation de la politique de développement de lUnion.
La Commission a été invitée à renforcer le contrôle des procédures de passation et dattribution des marchés afin déviter tout risque quun nombre très restreint dorganismes publics ou semi-publics ne monopolisent une part importante des projets des FED et nacquièrent une influence de plus en plus grande dans les politiques de développement.
Appui budgétaire de lUnion
La contribution du FED aux activités dappui budgétaire a atteint 881,9 millions dEUR en 2018, dont 858,6 millions dEUR dengagements nouveaux (couvrant 56 pays partenaires au moyen de 96 contrats dappui budgétaire). En ce qui concerne les pays et territoires doutre-mer (PTOM), 92,9 millions dEUR ont été versés par les FED en faveur de 14 pays dans le cadre de 18 contrats dappui budgétaire. Les députés ont constaté avec satisfaction quavec une part de 41 %, lAfrique subsaharienne était le principal bénéficiaire de lappui budgétaire.
Le Parlement a demandé un suivi attentif et un dialogue politique approfondi avec les pays partenaires en matière dobjectifs, de progrès dans la réalisation des résultats convenus et dindicateurs de performance. La Commission est invitée à mieux définir et mesurer lincidence escomptée sur le développement et, notamment, à améliorer le mécanisme de contrôle en ce qui concerne la conduite de lÉtat bénéficiaire dans les domaines de la corruption, du respect des droits de lhomme, de létat de droit et de la démocratie.
En ce qui concerne la mise en uvre du FED, la Commission a été invitée à : i) mettre laccent sur lamélioration et le maintien de programmes daide fonctionnant bien ; ii) faire de létat de droit et du respect des droits de lhomme la condition préalable absolue à lapprobation de laide financière; iii) procéder à une évaluation, pays par pays, des projets de long terme financés par le FED afin de montrer quelles sont les retombées réelles des investissements réalisés sur le terrain.
Fonds fiduciaire de lUnion européenne pour lAfrique
Les ressources allouées au fonds fiduciaire de lUnion européenne atteignaient, fin 2018, 4,2 milliards dEUR, à raison de 3,7 milliards dEUR provenant des FED et 489,5 millions dEUR provenant des États membres et dautres bailleurs de fonds (la Suisse et la Norvège). 187 projets ont été réalisés en 2018. Linitiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants est passée de 14 à 26 pays africains à la fin de 2018.
Le Parlement a rappelé sa position constante selon laquelle la Commission devrait veiller à ce que tout fonds fiduciaire créé en tant quoutil de développement sinscrive dans la stratégie globale et les objectifs stratégiques de développement de lUnion, à savoir la réduction et léradication de la pauvreté. Le fonds fiduciaire de lUnion européenne devrait lutter contre les causes profondes de la déstabilisation, des déplacements forcés et de la migration irrégulière par une action en faveur de la résilience, de perspectives économiques, de légalité des chances, de la sécurité des populations ainsi que du développement humain et social.
À la lumière des nombreuses préoccupations exprimées par la Cour concernant labsence de critères étayés pour la sélection des propositions de projets pour les volets Afrique du Nord et Corne de lAfrique, labsence de cadre spécifique pour lévaluation des risques ou encore les graves lacunes dans lévaluation de la performance des projets, les députés ont estimé que la valeur ajoutée du fonds fiduciaire de lUnion européenne était très contestable.
Architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS)
Le Parlement a invité la Commission à favoriser limplication de lUnion africaine dans lAAPS afin de parvenir à une plus grande indépendance financière, et à recentrer laide de lUnion européenne sur le soutien au renforcement des capacités, au détriment du financement des coûts opérationnels.
Il a en outre encouragé la BEI à continuer de soutenir le développement du secteur privé local, moteur essentiel du développement durable, les infrastructures sociales et économiques de base qui présentent un intérêt immédiat pour les bénéficiaires ainsi que la recherche de nouveaux partenaires locaux et régionaux dans le domaine spécifique de la microfinance.
Enfin, sagissant de lavenir des relations Union-Afrique, le Parlement a pris acte des réflexions en cours sur la future stratégie et le futur partenariat à long terme Union-Afrique. Il y a vu loccasion de formuler des propositions pour améliorer lefficacité des modalités de mise en uvre de laide en passant dune relation qui sarticule traditionnellement autour de laide à une relation plus stratégique et intégrée.