Coopération UE-Afrique en matière de sécurité dans la région du Sahel, l'Afrique de l'Ouest et la Corne de l'Afrique
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de Javier NART (Renew, ES) sur la coopération UE-Afrique en matière de sécurité dans la région du Sahel, lAfrique de lOuest et la Corne de lAfrique.
Le rapport a souligné la nécessité détablir un lien étroit entre la sécurité, le développement et lintervention humanitaire pour permettre un développement durable des régions du Sahel, de lAfrique de lOuest et de la Corne de lAfrique.
Action de lUnion européenne
Les députés ont appelé la Commission, le Conseil et le vice-président/haut représentant de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) à coordonner les initiatives de développement, les initiatives humanitaires et les initiatives de sécurité auxquelles ils participent dans le cadre dune stratégie intégrée permettant à lAfrique de sapproprier de manière indépendante les affaires de défense et de sécurité.
Le rapport a salué lengagement global de lUnion européenne au Sahel, en Afrique de lOuest et dans la Corne de lAfrique ainsi que la contribution des missions et opérations de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) à la paix, à la sécurité et à la stabilité internationale. Il a néanmoins souligné la nécessité : i) dadapter les règles financières et administratives, ainsi que les processus de décision politique, afin de rendre la réponse aux crises plus rapide et plus opérationnelle; ii) de renforcer les missions et les opérations de la PSDC, ainsi que la politique globale de communication et de planification stratégique de lUnion, afin daccroître la visibilité des actions de lUnion.
Les députés ont salué la proposition de créer, sous légide de la PESC de lUnion, un instrument pour financer la coopération militaire et de défense avec les pays tiers et les organisations internationales. Compte tenu de la situation actuelle en Afrique, ils ont demandé au Conseil dadopter au plus vite la décision nécessaire pour la création de ce nouvel instrument pour soutenir les capacités des forces armées africaines.
Les députés ont demandé de redéfinir le format des missions de formation EUTM Mali, EUTM RCA et EUTM Somalia, afin de mieux les adapter aux besoins réels des forces armées et des populations des pays bénéficiaires. Ils ont également demandé à lUnion européenne daider la force conjointe du G5 Sahel, instrument clé pour lutter contre le terrorisme, le djihadisme et les menaces pour la sécurité régionale, à devenir opérationnelle en lui fournissant une assistance financière. Ils ont appuyé lintention de lUnion africaine denvoyer 3000 soldats en aide au G5 Sahel.
Bonne gouvernance
Saluant la stratégie de lUnion pour la Corne de lAfrique, qui couvre non seulement les politiques en matière de sécurité et daide humanitaire, mais également les politiques de développement et les objectifs du Millénaire pour le développement, les députés ont souligné limportance dune vision à long terme des politiques de développement. Ils ont demandé à la Commission et aux États membres de coordonner leurs initiatives dans ce domaine et délaborer une programmation commune pour les différents pays et la région dans les plus brefs délais.
Le rapport a souligné quune coopération efficace en matière de sécurité entre lUnion et lAfrique devait reposer sur le développement durable et mettre particulièrement laccent sur:
- la consolidation de la démocratie en garantissant des systèmes de gouvernance démocratiques responsables au travers dun contrôle parlementaire efficace, dinstitutions démocratiques et de létat de droit, ainsi que toutes les libertés de la société civile;
- la cessation des conflits et la prévention de leur résurgence ;
- lélaboration de politiques axées sur les jeunes qui favorisent le développement économique et la création de perspectives demploi ;
- le soutien des plans daction de stabilisation préventifs;
- lautonomisation des femmes par la reconnaissance de leur rôle en tant quagents du changement dans les communautés africaines ;
- loffre de services de base, notamment en matière de santé, de sécurité alimentaire, deau, dassainissement et dhygiène, de protection sociale et de soutien aux populations déplacées, afin daccroître la confiance des citoyens dans lÉtat;
- la sécurité administrative et la stabilité juridique;
- léradication de la pauvreté, de limpunité et de la corruption;
- la lutte contre les effets du changement climatique,
- la promotion de pratiques agricoles durables.
Le rapport a souligné quune approche intégrée de la paix, de la sécurité et du développement durable nécessitait une véritable participation des acteurs locaux de la société civile. Il a insisté sur limportance du partenariat avec lONU, de la coopération avec dautres institutions internationales, lUnion africaine notamment, et du dialogue avec dautres organisations régionales.
Soulignant que la Chine communiste et la Russie autoritaire avaient adopté des approches différentes dans leurs relations avec les pays dAfrique, en opposition à laction de lUnion, les députés ont demandé à la Commission de renforcer les initiatives en matière de diplomatie publique afin de mieux expliquer le soutien de lUnion en matière de sécurité en Afrique et de le présenter comme une contribution à la stratégie de développement africaine de lAgenda 2063.