Rapport annuel sur les exportations d'armes
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de Hannah NEUMANN (Verts/ALE, DE) sur les exportations darmements: mise en uvre de la position commune 2008/944/PESC.
Les députés ont souligné que le fait de conserver une industrie de la défense contribue à la capacité de lUnion à se défendre et constitue une composante de son autonomie stratégique, appelant les États membres à donner la priorité aux produits européens dans leurs programmes déquipement. Un marché européen viable réduirait la dépendance à légard des exportations darmements vers les pays tiers.
Les 20e et 21e rapports annuels de lUnion européenne sur lexportation darmements
Les députés estiment que la publication des deux rapports représente un progrès vers une position commune de lUnion européenne dans le domaine des exportations darmement. Ils demandent à tous les États membres:
- de respecter pleinement leurs obligations telles quelles sont énoncées dans la position commune 2008/944/PESC en présentant des contributions complètes indiquant la quantité et la valeur totales des licences accordées et des exportations réelles, ventilées par pays de destination et par catégories de la liste des équipements militaires;
- de renforcer leur coordination et de définir de bonnes pratiques communes aux fins de la collecte et du traitement des informations et des données, et ce en vue de produire des rapports annuels mieux harmonisés et ainsi daméliorer la transparence et la convivialité des données;
- délaborer, de mettre en uvre et de faire respecter des normes communes en matière de gestion des transferts de technologie et déquipements militaire.
Les derniers chiffres de lInstitut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) montrent que les exportations darmements de lUnion à 28 représentaient 26 % du total des exportations mondiales sur la période 2015-2019, et que lUnion à 28 est le deuxième exportateur darmements vers lArabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Le rapport demande à lUnion de contribuer à renforcer la capacité des États membres à mettre en uvre des procédures strictes afin de contrôler la conformité de tous les États membres aux embargos sur les armes de lUnion et de rendre publics les résultats pertinents. Les États membres sont invités à :
- sabstenir de vendre des armes ou tout autre équipement militaire à lArabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à tout autre membre de la coalition internationale, ainsi quau gouvernement yéménite et aux autres parties engagées dans la guerre au Yémen où 22 millions de personnes ont besoin daide humanitaire;
- respecter les conclusions du Conseil du 21 août 2013 sur lÉgypte en annonçant la suspension des licences dexportation de tous les équipements qui pourraient être utilisés à des fins de répression interne;
- cesser tout transfert darmes ainsi que déquipements et de matériel de surveillance et de renseignement vers toutes les parties impliquées dans le conflit libyen.
Réexamen de la position commune par le Conseil
Le rapport a salué lintention du Conseil de renforcer la convergence et la transparence, qui sont les principaux objectifs du dernier réexamen de sa position commune, ainsi que les conclusions du Conseil sur le réexamen de la position commune, selon lesquelles «le renforcement dune base industrielle et technologique de défense européenne devrait saccompagner dune coopération et dune convergence plus approfondies dans le domaine du contrôle des exportations de technologie et déquipements militaire ».
Condamnant lintensification de la course aux armements dans le monde, les députés ont rappelé lambition de lUnion européenne dêtre un acteur mondial pour la paix et ont donc appelé lUnion à jouer un rôle actif dans les domaines de la non-prolifération des armes et du désarmement mondial.
Limportance croissante du niveau de lUE dans la production darmements
Soulignant limportance de renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la défense européen, le rapport a invité les États membres à remédier au manque defficacité actuel des dépenses en matière de défense dû à la duplication, à la fragmentation et au manque dinteropérabilité, et à faire en sorte que lUnion se positionne également en garant de la sécurité par un meilleur contrôle des exportations darmements.
Déplorant les divergences actuelles entre les politiques nationales dexportations darmements et les processus décisionnels des États membres, les députés ont invité le Conseil à poursuivre ses efforts en faveur de la convergence des politiques et des prises de décision dans le domaine des exportations darmements. Ils sont davis que des progrès sont encore possibles dans le domaine de la transparence, notamment en ce qui concerne la qualité et la comparabilité des données transmises par les États membres.
Exprimant leur préoccupation face à lutilisation de plus en plus répandue de certaines technologies de cybersurveillance à double usage à lencontre de responsables politiques, de militants et de journalistes, les députés ont invité le Conseil sur les exportations darmes conventionnelles (COARM) à aborder la question de la transparence des exportations darmements parallèlement à celle de la transparence des autorisations dexportation de biens à double usage et à envisager la recherche dapproches communes en matière de transparence dans ces deux domaines.
Les députés estiment que limportance croissante du niveau de lUE dans la production darmements, les récentes conclusions du Conseil sur la convergence en matière dexportations darmements et la mise en place de la facilité européenne pour la paix doivent être complétées par un mécanisme de surveillance et de contrôle à léchelle de lUnion, fondé sur le plein respect des huit critères définis dans la position commune. Ils demandent que des mesures soient adoptées aux fins de la mise en place dun mécanisme européen de sanctions à lencontre des États membres qui enfreignent la position commune.
Enfin, le rapport demande à la Commission de tenir le Parlement dûment informé de lutilisation des fonds de lUnion pour tous les projets de recherche et de développement associés à la construction de drones. Il demande également au VP/HR dinterdire le développement, la production et lutilisation darmes totalement autonomes, qui permettent de mener des frappes sans intervention humaine.