Coopération UE-Afrique en matière de sécurité dans la région du Sahel, l'Afrique de l'Ouest et la Corne de l'Afrique
Le Parlement européen a adopté par 427 voix pour, 128 contre et 140 abstentions, une résolution sur la coopération UE-Afrique en matière de sécurité dans la région du Sahel, lAfrique de lOuest et la Corne de lAfrique.
Les députés ont souligné la nécessité détablir un lien étroit entre la sécurité, le développement et lintervention humanitaire pour permettre un développement durable des régions du Sahel, de lAfrique de lOuest et de la Corne de lAfrique.
Action de lUnion européenne
Soulignant que lUnion africaine et les États africains de la région sont des partenaires incontournables de lUnion européenne, le Parlement a appelé la Commission, le Conseil et le vice-président/haut représentant de lUnion pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (VP/HR) à coordonner les initiatives de développement, les initiatives humanitaires et les initiatives de sécurité auxquelles ils participent dans le cadre dune stratégie intégrée permettant à lAfrique de sapproprier de manière indépendante les affaires de défense et de sécurité.
La résolution a salué lengagement global de lUnion européenne au Sahel, en Afrique de lOuest et dans la Corne de lAfrique ainsi que la contribution des missions et opérations de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) à la paix, à la sécurité et à la stabilité internationale. Elle a néanmoins souligné la nécessité : i) dadapter les règles financières et administratives, ainsi que les processus de décision politique, afin de rendre la réponse aux crises plus rapide et plus opérationnelle; ii) de renforcer les missions et les opérations de la PSDC, ainsi que la politique globale de communication et de planification stratégique de lUnion, afin daccroître la visibilité des actions de lUnion.
Le Parlement a salué la proposition de créer, sous légide de la PESC de lUnion, un instrument pour financer la coopération militaire et de défense avec les pays tiers et les organisations internationales. Compte tenu de la situation actuelle en Afrique, il a demandé au Conseil dadopter au plus vite la décision nécessaire pour la création de ce nouvel instrument pour soutenir les capacités des forces armées africaines.
Les députés ont demandé de redéfinir le format des missions de formation EUTM Mali, EUTM RCA et EUTM Somalia, afin de mieux les adapter aux besoins réels des forces armées et des populations des pays bénéficiaires. Ils ont également demandé à lUnion européenne daider la force conjointe du G5 Sahel, instrument clé pour lutter contre le terrorisme, le djihadisme et les menaces pour la sécurité régionale, à devenir opérationnelle en lui fournissant une assistance financière. Ils ont appuyé lintention de lUnion africaine denvoyer 3000 soldats en aide au G5 Sahel.
Le Parlement a reconnu le rôle important que joue le Mali pour la stabilité du Sahel exprimant ses préoccupations concernant le coup dÉtat du 18 août 2020 au Mali. Il a souligné que la poursuite de la coopération avec la communauté internationale impliquait la mise en place dun système électoral viable ainsi que dun gouvernement de transition pluraliste respectant les droits et libertés constitutionnels de chaque citoyen. Il a exprimé son soutien aux efforts du SEAE pour contribuer à une solution pacifique et démocratique à même de rétablir la stabilité et la confiance des citoyens maliens dans leurs institutions.
Bonne gouvernance
Le Parlement a déclaré quil ne peut y avoir de stratégie de sécurité sans action commune de développement durable et daide humanitaire. Rappelant les causes diverses et profondes du terrorisme et des conflits armés, il a insisté sur limportance de promouvoir le capital et le développement humains, de satisfaire aux besoins des communautés les plus vulnérables, et de développer les capacités de résilience des populations.
La résolution a souligné quune coopération efficace en matière de sécurité entre lUnion et lAfrique devait reposer sur le développement durable et mettre particulièrement laccent sur:
- la consolidation de la démocratie en garantissant des systèmes de gouvernance démocratiques responsables au travers dun contrôle parlementaire efficace, dinstitutions démocratiques et de létat de droit, ainsi que toutes les libertés de la société civile;
- la cessation et la prévention des conflits en sattaquant à leurs causes profondes;
- lélaboration de politiques axées sur les jeunes qui favorisent le développement économique et la création de perspectives demploi ;
- lautonomisation des femmes par la reconnaissance de leur rôle en tant quagents du changement dans les communautés africaines, et le développement de leur rôle en matière de consolidation de la paix, de prévention des conflits et de médiation;
- loffre de services de base, notamment en matière de santé, de sécurité alimentaire, deau, dassainissement et dhygiène, de protection sociale et de soutien aux populations déplacées, afin daccroître la confiance des citoyens dans lÉtat;
- la sécurité administrative et la stabilité juridique;
- léradication de la pauvreté, de limpunité et de la corruption;
- la lutte contre les effets du changement climatique;
- le respect de létat de droit, la promotion du développement durable et des droits de lhomme;
- la promotion de pratiques agricoles durables.
Le Parlement a souligné quune approche intégrée de la paix, de la sécurité et du développement durable nécessitait une véritable participation des acteurs locaux de la société civile. Il a insisté sur limportance du partenariat avec lONU, de la coopération avec dautres institutions internationales, lUnion africaine notamment, et du dialogue avec dautres organisations régionales.
Reconnaissant lincidence des conflits, de la pauvreté, des inégalités et du changement climatique sur les déplacements forcés, les députés ont souligné limportance daccroître la coopération entre lUnion européenne et la région du Sahel, pour traiter la question de la migration régulière, sûre et digne. Ils ont également préconisé de fournir une aide extraordinaire et globale aux régions confrontées aux difficultés inédites engendrées par la pandémie de COVID-19.
Enfin, les députés ont demandé à la Commission de renforcer les initiatives en matière de diplomatie publique afin de mieux expliquer le soutien de lUnion en matière de sécurité en Afrique et de le présenter comme une contribution à la stratégie de développement africaine de lAgenda 2063.