Mécanisme de protection civile de l’Union
Le Parlement a adopté par 617 voix pour, 52 contre et 23 abstentions, des amendements du Parlement européen, adoptés le 16 septembre 2020, à la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil modifiant la décision nº 1313/2013/UE relative au mécanisme de protection civile de lUnion.
La question a été renvoyée à la commission compétente, aux fins de négociations interinstitutionnelles.
Les principaux amendements adoptés en plénière sont les suivants :
Renforcer la proposition législative en matière de prévention et de préparation
Les députés estiment que les États membres devraient tenir compte des «objectifs de lUnion en matière de résilience face aux catastrophes» lorsquils élaborent leurs plans de gestion des risques. Il sagit des objectifs définis en vue de soutenir les actions de prévention et de préparation aux fins daméliorer la capacité de lUnion et de ses États membres à résister aux effets dune catastrophe qui entraîne ou risque dentraîner des effets transfrontaliers.
Par ailleurs, la Commission devrait :
- élaborer et actualiser à intervalles réguliers un inventaire et une carte transsectoriels des risques de catastrophes naturelles ou dorigine humaine, notamment les catastrophes qui entraînent ou risquent dentraîner des effets transfrontaliers, auxquels lUnion est exposée;
- promouvoir lutilisation des fonds de lUnion qui peuvent faciliter une prévention durable des catastrophes, y compris celles qui sont causées par le déséquilibre hydrogéologique.
Les États membres devraient pour leur part :
- améliorer la planification de la gestion des risques de catastrophes au niveau national, y compris en ce qui concerne la collaboration transfrontalière, en tenant compte des objectifs de lUnion en matière de résilience face aux catastrophes;
- améliorer la collecte de données relatives aux pertes causées par les catastrophes pour garantir lélaboration de scénarios fondés sur des données concrètes, en particulier lorsquil sagit de recenser les lacunes dans les capacités transfrontalières de réaction en cas de catastrophe.
Actions générales de la Commission en matière de préparation
La Commission devrait coopérer avec les États membres pour :
- élaborer des systèmes transnationaux dintérêt européen de détection et dalerte précoce en vue datténuer les conséquences directes que les catastrophes ou pandémies peuvent avoir sur les vies humaines;
- fournir aux populations locales une assistance technique à la formation afin quelles soient mieux à même dorganiser leur première réaction autonome à une crise.
Renforcer les capacités de rescEU
Au vu de la pandémie de COVID-19 et compte tenu de la nécessité daméliorer la capacité de réaction de lUnion dans les domaines de la santé et de la protection civile, les députés estiment que rescEU devrait être considérablement renforcé afin den améliorer la performance dans chacun des trois piliers du mécanisme de lUnion: prévention, préparation et réaction.
La Commission devrait :
- établir, au sein de plates-formes logistiques, des réserves européennes de contre-mesures et déquipements médicaux, notamment les contre-mesures médicales destinées à répondre à des événements peu prévisibles ayant des conséquences considérables;
- mettre régulièrement à jour les informations relatives au nombre et à la classification des capacités de rescEU et les mettre directement à la disposition des autres institutions de lUnion.
Les députés estiment que la Commission européenne devrait être en mesure dacheter directement des capacités, de manière à permettre au mécanisme de lUnion de répondre rapidement et efficacement aux besoins des États membres, le cas échéant.
La Commission devrait conserver la propriété des capacités quelle achète même lorsque ces capacités sont distribuées aux États membres. Lorsque des capacités de rescEU sont louées, prises en crédit-bail ou obtenues par dautres moyens par la Commission, celle-ci devrait en conserver le contrôle absolu. Lorsque la Commission achète des capacités non réutilisables, elle pourrait en transférer la propriété à lÉtat membre demandeur.
La Commission devrait également mettre en place des dispositions spécifiques pour garantir la responsabilité et le bon usage des capacités de rescEU dans les pays tiers, y compris la possibilité daccès pour les contrôleurs de lUnion.
Synergie avec le programme Santé
En ce qui concerne les capacités consacrées à la réponse face aux urgences médicales, telles que les réserves stratégiques, les équipes médicales durgence et toute autre capacité pertinente, la Commission devrait veiller à ce quune coordination efficace soit mise en place avec dautres programmes et fonds de lUnion, en particulier avec le programme «UE pour la santé» et avec des acteurs européens et internationaux pertinents.
Au plus tard 2 ans après la date dentrée en vigueur de la décision modificative, la Commission devrait réexaminer lefficacité du cadre en vigueur et, si nécessaire, présenter une nouvelle proposition législative en vue de la création dun mécanisme européen de réaction sanitaire spécialisé à part entière.
Enveloppe financière
Les députés ont proposé de rétablir lannexe I, qui fixe actuellement les pourcentages relatifs dont chaque pilier du mécanisme de lUnion (prévention, préparation et réaction) devrait bénéficier en termes de financement par rapport à lenveloppe financière globale.
Les pourcentages pour la répartition de lenveloppe financière aux fins de la mise en uvre du mécanisme de lUnion pour la période 2021-2027 sétabliraient comme suit :
- Prévention: 8 % +/- 10 points de pourcentage ;
- Préparation: 80 % +/- 10 points de pourcentage ;
- Réaction: 12 % +/- 10 points de pourcentage.
Il est rappelé quun montant de 2.187.620.000 EUR serait mis à disposition par lintermédiaire de linstrument européen pour la relance.
En outre, le Parlement a réintroduit lobligation faite à la Commission de fixer par acte délégué les domaines dans lesquels la méthode dexécution budgétaire employée sera la gestion indirecte.