Une nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe
La commission de lindustrie, de la recherche et de lénergie a adopté un rapport dinitiative de Carlo CALENDA (S&D, IT) sur une nouvelle stratégie industrielle pour lEurope.
Le rapport souligne que lUnion européenne a besoin dune nouvelle stratégie industrielle conforme à lobjectif de neutralité climatique dici 2050 au plus tard, en vue de soutenir la double transition écologique et numérique tout en maintenant et en créant des emplois de qualité. La stratégie devrait également renforcer le leadership mondial de lEurope et réduire la dépendance de lUnion à légard dautres parties du monde dans les chaînes de valeur stratégiques en évitant la délocalisation des industries européennes tout en préservant un marché ouvert.
Cette stratégie actualisée devrait prendre en considération deux phases principales et interdépendantes: lune axée sur la consolidation de lemploi, la reprise de la production et son adaptation à laprès-COVID, et la seconde sur la reconstruction et la transformation.
Phase de relance
Les députés considèrent linitiative Next Generation EU comme le pilier de la première phase de la reprise industrielle de lUnion après la COVID-19. Ils invitent la Commission à veiller à la mise en uvre rapide du fonds et demandent que le Parlement soit pleinement associé au processus décisionnel et de mise en uvre,
Pour une concentration efficace des 750 milliards deuros en début de période, Next Generation EU devrait :
- prévoir des objectifs en matière dinvestissements sociaux, durables et numériques;
- viser particulièrement les PME, qui ont été les plus durement touchées par la crise de la COVID-19, et soutenir leur accès au financement;
- tenir compte des spécificités des États membres, qui ont été touchés par la crise de diverses manières;
- répartir laide financière entre les différents écosystèmes industriels en veillant à soutenir les entreprises qui contribuent à la croissance à long terme qui ont un fort potentiel de relance de léconomie;
- soutenir les régimes fiscaux nationaux qui encouragent les prises de participation du secteur privé et permettent aux entreprises de convertir en fonds propres une partie de ses prêts;
- donner la préférence aux entreprises qui sengagent en faveur de la transparence, assurent la visibilité du financement de lUnion, et mettent en place des systèmes encourageant la participation des travailleurs à la vie de lentreprise.
Le rapport a salué les mesures prises par lUnion pour aider les États membres à financer les dispositifs de chômage partiel et à préserver lemploi pendant la crise de la COVID. Les députés ont toutefois souligné que les aides dÉtat ne devraient être accordées quaux entreprises confrontées aux effets immédiats de la pandémie et que lassouplissement des règles relatives aux aides dÉtat devrait être limité dans le temps.
Les écosystèmes productifs particulièrement touchés par les conséquences du coronavirus - par exemple lindustrie automobile, le tourisme, laviation, la sidérurgie et la métallurgie - devraient bénéficier dune part plus importante des aides non remboursables et dune période plus longue sous le régime spécial des aides dÉtat.
La Commission est invitée à soutenir les programmes européens et nationaux encourageant laugmentation des capitaux propres des entreprises et à faciliter la relance.
Phase de transformation et de reconstruction
Les députés estiment nécessaire que le Fonds pour la relance soit maintenu sous la forme dun Fonds de reconstruction et de transformation pour accompagner la transition environnementale et numérique tout en renforçant la compétitivité à long terme et la résilience de la société et de léconomie. Le Fonds pour une transition juste serait un outil majeur pour faciliter cette double transition.
La Commission est invitée à stimuler la demande intérieure et la croissance à long terme de lUnion en attirant davantage dinvestissements, tant publics que privés, dans la recherche et linnovation, dans le développement de nouvelles technologies durables et numériques, y compris dans les industries à forte intensité de main-duvre, dans de nouveaux réseaux et projets dinfrastructures compatibles avec les objectifs du pacte vert pour lEurope, dans lefficacité énergétique et lutilisation efficace des ressources et dans léconomie circulaire.
Soulignant le rôle essentiel du secteur numérique dans la transformation du secteur industriel, les députés ont invité la Commission à mettre en place un environnement unique européen du numérique et des données.
La Commission est également invitée à i) adopter une approche claire de la définition du marché pour les affaires de concurrence dans les différents secteurs industriels, ii) revoir les règles antitrust de lUnion, iii) évaluer régulièrement la compétitivité des différents secteurs de lindustrie de lUnion par rapport à ses principaux concurrents mondiaux, et iv) agir rapidement si des ajustements des règles européennes simposent.
Contexte international
Les députés ont demandé dinclure dans le plan de relance des mesures concrètes visant à attirer les industries en Europe, à accroître la relocalisation et la diversification des industries européennes en ce qui concerne leur importance stratégique et, du point de vue de la neutralité climatique, à raccourcir et à diversifier les chaînes dapprovisionnement.
Reconnaissant que la crise de la COVID-19 risque de conduire à une montée du nationalisme et du protectionnisme économique, les députés ont invité la Commission à :
- défendre un système commercial multilatéral ouvert et fondé sur des règles, qui i) soit compatible avec les efforts mondiaux visant à mettre un frein au changement climatique et à la perte de biodiversité ainsi quavec les normes environnementales et sociales élevées de lUnion, ii) améliore laccès des entreprises européennes aux marchés internationaux et iii) empêche les acteurs internationaux puissants dabuser de leur pouvoir de marché;
- proposer immédiatement une interdiction temporaire des rachats dentreprises européennes de secteurs stratégiques par des entreprises publiques ou liées à un gouvernement de pays tiers;
- réfléchir à la réciprocité dans laccès au marché et à renforcer le cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers (IDE) de lUnion.