L'égalité hommes-femmes dans la politique étrangère et de sécurité de l'Union
Le Parlement européen a adopté par 477 voix pour, 112 contre et 94 abstentions, une résolution sur légalité des genres dans la politique étrangère et de sécurité de lUnion.
Les femmes et les filles peuvent être victimes de multiples formes de discrimination et sont particulièrement touchées par la violence physique, psychologique et sexuelle, la pauvreté, les conflits armés et les conséquences des urgences climatique et sanitaire. Les groupes et militants de la société civile de sexe féminin jouent un rôle essentiel dans lavancement des programmes de paix et de sécurité. Les députés ont souligné la nécessité de mobiliser, protéger et soutenir les femmes pour instaurer une paix et une sécurité durables.
Par ailleurs, les femmes restent largement sous-représentées et ne sont pas reconnues à leur juste valeur dans les processus de politique et de prise de décision, y compris dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité internationale dans lUnion et dans le monde.
Légalité des genres en tant que principe directeur de laction extérieure de lUnion
Les députés ont appelé le Service européen pour laction extérieure (SEAE), la Commission, les agences de lUE et les États membres à intégrer systématiquement la dimension dégalité des genres dans la politique étrangère et de sécurité de lUnion, lélargissement, le commerce et le développement.
La résolution a souligné la nécessité de maintenir lengagement en faveur de la mise en uvre du troisième plan daction sur légalité des sexes (2021-2025) aux plus hauts niveaux politiques. Les députés ont affirmé que 85% de laide publique au développement (APD) devraient être alloués à des programmes ayant pour principal objectif légalité des sexes, y compris la santé et les droits sexuels et génésiques.
Le Parlement a recommandé que le troisième plan daction sur légalité des sexes soit accompagné dindicateurs de réussite mesurables et assortis déchéances afin de permettre le suivi des changements à court, moyen et long terme. Il a invité le SEAE et la Commission à :
- intensifier les efforts pour mettre en uvre une approche structurée de lintégration de la dimension de genre dans le processus budgétaire,
- reconnaître que les femmes et les filles sont des moteurs du changement et à soutenir leur participation sûre, significative et inclusive à la vie civile et publique,
- mener une politique commerciale fondée sur des valeurs, qui vise notamment à garantir une protection élevée des droits du travail et de lenvironnement, ainsi que le respect des libertés fondamentales et des droits de lhomme, y compris légalité des genres.
Culture institutionnelle de lUnion
Les députés ont plaidé pour la création dune nouvelle configuration officielle du Conseil réunissant les ministres et secrétaires dÉtat en charge de légalité des sexes pour faciliter lintégration de légalité des genres dans toutes les politiques de lUnion, y compris dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité.
Le Parlement a demandé instamment datteindre lobjectif de 50 % de femmes aux postes dencadrement, y compris en tant que chefs de délégation et de missions et opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Malgré les progrès enregistrés, il a déploré que le SEAE soit loin de cet objectif, puisque les femmes ne représentent que deux des huit représentants spéciaux et noccupent que 31,3 % des postes dencadrement intermédiaire et 26 % des postes dencadrement supérieur. Il a invité le VP/HR à prendre des mesures pour remédier à cette situation et les États membres à proposer davantage de femmes aux postes à responsabilités.
Les députés ont souligné limportance de promouvoir légalité des genres dans la politique étrangère de lUnion, notamment dans le cadre des relations que le Parlement entretient avec des pays tiers. Ils ont salué, à cet égard, la décision des délégations du Parlement de désigner un représentant pour les questions de genre dans chaque délégation.
Accorder la priorité à la protection et à la promotion des droits des femmes et à leur participation
Le Parlement a rappelé le rôle central des femmes dans la promotion du dialogue, la consolidation de la paix et lapport de différentes perspectives sur le sens de la paix et de la sécurité. Il a invité le VP/HR, le SEAE et les États membres à préserver les droits des femmes et à veiller à leur pleine participation aux diverses étapes du cycle dun conflit, dans le cadre des activités de prévention des conflits et de médiation de lUnion.
La résolution a invité lUnion et les États membres à ratifier la convention dIstanbul, premier instrument international juridiquement contraignant en matière de prévention et de lutte contre la violence faite aux femmes, pour donner lexemple au niveau mondial et crédibiliser lengagement de lUnion en faveur de léradication de cette violence dans les relations extérieures de lUnion. Elle a également souligné limpératif déliminer le recours au viol comme arme de guerre et doppression.
Enfin, rappelant que la pandémie de COVID-19 exacerbe toutes les inégalités, y compris les inégalités entre les genres, le Parlement a insisté sur la nécessité de veiller à ce que la mise en uvre de la réponse globale de lUnion européenne à la pandémie de COVID-19 tienne compte des questions dégalité des sexes et des besoins spécifiques des femmes en garantissant leur participation à lensemble du cycle de programmation.