Résolution sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × NK603 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et NK603, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, et abrogeant la décision d’exécution (UE) 2018/1111, en application du règlement (CE) nº 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil
Le Parlement européen a adopté par 483 voix pour, 178 contre et 25 abstentions, une résolution faisant objection au projet de décision dexécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × NK603 et maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et NK603.
La demande dautorisation de mise sur le marché a été présentée à lautorité compétente néerlandaise le 15 février 2016 par Monsanto Europe N.V., au nom de la société Monsanto, États-Unis. Le 22 mai 2019, lAutorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a adopté un avis favorable à la demande.
Principales observations des États membres
Les députés ont rappelé que les États membres ont transmis à lEFSA de nombreuses observations critiques qui portent notamment sur le fait quaucune analyse na été menée en ce qui concerne les résidus de glyphosate ou de métabolites du glyphosate sur le maïs GM empilé et les potentiels effets synergiques ou antagonistes des protéines «Cry» et de la protéine «Vip» ainsi que des résidus dherbicides.
Une analyse scientifique indépendante a conclu, notamment, quaucune conclusion définitive ne pouvait être tirée en ce qui concerne la sûreté du maïs GM empilé. De plus, le demandeur na pas fourni de données expérimentales pour les six sous-combinaisons actuellement non autorisées du maïs GM empilé.
Manque dévaluation des résidus dherbicide, des métabolites et des effets cocktail
Les députés ont souligné que les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides entraînent une augmentation de lutilisation des herbicides «complémentaires», du fait notamment de lapparition de plantes adventices tolérantes aux herbicides. On peut donc sattendre à ce que le GM empilé soit exposé de manière répétitive à des doses plus élevées de glyphosate, ce qui pourrait entraîner une augmentation de la quantité de résidus dans les récoltes.
En outre, des questions se posent encore sur le caractère carcinogène du glyphosate. En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer de lOrganisation mondiale de la santé a, contrairement à lEFSA et à lAgence européenne des produits chimiques (ECHA), classifié le glyphosate comme probablement carcinogène pour lêtre humain.
Enfin, comme il ressort de plusieurs études, des effets secondaires ont été observés, susceptibles de perturber le système immunitaire suite à lexposition aux protéines Bt et que certaines protéines Bt peuvent avoir des propriétés adjuvantes, ce qui signifie quelles pourraient renforcer les propriétés allergéniques dautres protéines avec lesquelles elles entrent en contact.
Manque de légitimité démocratique
Les députés ont rappelé que lors du vote qui a eu lieu en septembre, le comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale a décidé de ne pas rendre davis, ce qui signifie que lautorisation na pas été soutenue par une majorité qualifiée dÉtats membres.
La Commission a déploré à plusieurs reprises le fait que les décisions relatives à lautorisation dOGM continuent dêtre adoptées par la Commission sans quune majorité qualifiée dÉtats membres y soit favorable, ce qui est très largement lexception pour les autorisations de produits dans leur ensemble, mais qui est devenu la norme pour les décisions concernant les autorisations de denrées alimentaires et daliments pour animaux génétiquement modifiés.
Recommandations
Sur la base de ces considérations, le Parlement a estimé que la décision d'exécution de la Commission nétait pas compatible avec le droit de l'Union. En conséquence, il a appelé la Commission à :
- retirer son projet de décision d'exécution;
- progresser dans lélaboration de critères de durabilité, en associant pleinement le Parlement;
- tenir compte des obligations qui incombent à lUnion en vertu daccords internationaux, tels que laccord de Paris sur le climat, la convention des Nations unies sur la diversité biologique et les objectifs de développement durable des Nations unies;
- cesser dautoriser les OGM, quils soient destinés à la culture ou à lalimentation humaine ou animale, lorsquaucun avis nest émis par les États membres au sein du comité dappel;
- ne pas autoriser les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides jusquà ce que les risques sanitaires liés aux résidus aient fait lobjet dune enquête approfondie au cas par cas;
- tenir pleinement compte de lévaluation des risques liés à lutilisation dherbicides complémentaires et à leurs résidus dans lévaluation des risques relatifs aux plantes génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, que la plante concernée soit destinée à être cultivée dans lUnion ou quelle y soit importée comme denrée alimentaire ou aliment pour animaux;
- nautoriser des sous-combinaisons dévénements empilés que si elles ont été évaluées de manière approfondie par lEFSA sur la base de données complètes présentées par le demandeur.
LEFSA est invitée à mettre au point et dutiliser systématiquement des méthodes permettant lidentification des effets non désirés dévénements génétiquement modifiés empilés.