Droits de l’homme et démocratie dans le monde et politique de l’Union européenne en la matière - rapport annuel 2019
La commission des affaires étrangères a adopté le rapport dIsabel SANTOS (S&D, PT) sur les droits de lhomme et la démocratie dans le monde et la politique de lUnion européenne en la matière rapport annuel 2019.
Placer la démocratie et les droits de lhomme au cur de la politique étrangère de lUnion
Les députés ont affirmé que la cohérence des politiques internes et extérieures de lUnion, mais aussi entre les politiques extérieures de lUnion, représentait une condition indispensable au succès dune politique européenne efficace en matière de droits de lhomme. Ils ont demandé que les politiques en faveur des droits de lhomme, de la démocratie, de létat de droit et de la lutte contre limpunité soient intégrées dans toutes les autres politiques de lUnion ayant une dimension extérieure, telles que le développement, la migration, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, les droits des femmes, légalité des genres, lélargissement et le commerce.
Le rapport a insisté sur limportance :
- délaborer une stratégie explicite pour contrer le retrait et le recul croissants des États par rapport au cadre international en matière de droits de lhomme;
- daméliorer lefficacité de la politique étrangère et de sécurité de lUnion grâce au recours à la règle du vote à la majorité qualifiée au Conseil;
- dintroduire systématiquement des clauses relatives aux droits de lhomme dans tous les accords internationaux, en particulier les accords de commerce et dassociation entre lUnion et les pays tiers;
- de consulter régulièrement la société civile et dengager un dialogue structuré et régulier avec Parlement à propos de la mise en uvre du nouveau plan daction plan daction de lUnion en faveur des droits de lhomme et de la démocratie 2020-2024.
Droits de lhomme et COVID-19
Les députés sont félicités des réponses apportées à la pandémie de COVID-19 par les États qui ont fait des droits à la vie et à la santé leurs premiers impératifs. Ils ont insisté sur le fait que toutes les mesures prises en réponse à la pandémie doivent reposer sur les droits de lhomme et les principes de non-discrimination.
Exprimant leurs inquiétudes quant au recul des normes en matière de démocratie et de droits de lhomme que la crise a entraîné dans certains pays, les députés ont déclaré que les États doivent sabstenir dutiliser la pandémie de COVID-19 pour asseoir un pouvoir autoritaire, affaiblir la démocratie et létat de droit ou bafouer les droits de lhomme.
Gouvernance démocratique et création dun espace pour la société civile
Les députés estiment que la gouvernance démocratique et létat de droit sont menacés à léchelle mondiale en raison dune combinaison de facteurs tels que la montée de lautoritarisme et du populisme, laccroissement des inégalités et de la pauvreté, la pression sur la société civile, la prolifération des infox, les cybermenaces et les ingérences politiques menées par des acteurs extérieurs.
Le rapport invite lUnion à soutenir le renforcement dinstitutions démocratiques et de processus électoraux transparents et crédibles dans le monde entier, à favoriser le débat démocratique, à lutter contre les inégalités et à garantir le fonctionnement des organisations de la société civile.
Action en faveur du climat et droits de lhomme
Les députés estiment que les urgences environnementales, notamment le changement climatique et la déforestation, résultent dactions humaines et entraînent des violations des droits de lhomme à lencontre non seulement des personnes directement touchées, mais également de lensemble du genre humain. Ils affirment que la promotion et la protection des droits de lhomme et des actions en faveur du climat et de lenvironnement sont étroitement liées, soulignant notamment limportance dassurer laccès à leau pour prévenir les tensions dans certaines régions. Ils soulignent également la nécessité daccorder une attention particulière à laide aux personnes déplacées pour des raisons environnementales et climatiques.
Défenseurs des droits de lhomme
Le rapport appelle à mettre un terme à toutes les attaques contre les défenseurs des droits de lhomme, à la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement et à la responsabilisation des responsables. Il invite lUnion et ses États membres à élaborer une vision stratégique de haut niveau pour contrer ce phénomène, notamment par ladoption de conclusions fermes du Conseil des affaires étrangères.
Droits des femmes et égalité des genres
Le rapport condamne les réactions négatives continues à légard de légalité des genres et des droits des femmes, notamment toutes les tentatives pour réduire les droits et protections existants dans le domaine de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation, ainsi que la législation, les politiques et les pratiques qui continuent de refuser ou de limiter ces droits dans de nombreux pays du monde.
Les députés réclament ladoption dun plan daction pour légalité entre les hommes et les femmes et lémancipation des femmes dans les relations extérieures pour la période 2021-2025 (GAP III) et invitent lUnion à promouvoir légalité entre les hommes et les femmes ainsi que la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation dans toutes leurs actions extérieures.
Le rapport a également condamné la stigmatisation, les détentions arbitraires, les actes de torture, les persécutions et les assassinats de personnes LGBTI.
Droits de lenfant
Les députés demandent dintensifier la coopération et le dialogue avec les pays tiers, en faisant des droits et de la protection des enfants une priorité, dans le but de faire respecter les droits des enfants partout dans le monde et de sassurer quaucun enfant ne soit laissé pour compte. La santé et léducation des enfants, léradication du travail des enfants, la lutte contre la violence, les abus sexuels et les mariages précoces et forcés, la traite et lexploitation, ainsi que le recrutement et lutilisation denfants dans des conflits armés sont les principaux défis à relever.
Migrants et réfugiés
Le rapport déplore la situation critique des migrants et des réfugiés dans le monde, en particulier, parmi les déplacés, celle des femmes, enfants et personnes handicapées et appartenant à des minorités ethniques, religieuses et de conviction persécutées. Il rejette la tendance négative au harcèlement et à la criminalisation des activités des personnes qui défendent les droits fondamentaux des migrants et des réfugiés et leur apportent de laide.
Les députés ont également condamné lengagement de puissances dictatoriales ou autoritaires dans des guerres par procuration et exprimé leur inquiétude face à laggravation des tensions politiques internationales et, dans certaines régions du monde, à lintensification de lactivité des groupes armés non étatiques et des organisations terroristes et à la montée des violences communautaires.