Connectivité et relations UE-Asie

2020/2115(INI)

La commission des affaires étrangères a adopté un rapport d’initiative de Reinhard BÜTIKOFER (Verts/ALE, DE) sur la connectivité et les relations UE-Asie.

Le rapport note qu’une grande partie du potentiel entre l'Europe, l'Asie et les autres continents reste inexploitée en raison notamment du manque d’infrastructures physiques et numériques. L'importance d'une stratégie de connectivité efficace de l'UE a été encore soulignée par la pandémie COVID-19, qui a mis en évidence les faiblesses et les forces des réseaux de connectivité européens et mondiaux.

Principes de la stratégie de connectivité

Le rapport met l’accent sur le rôle que joue la connectivité dans les relations géopolitiques de l'UE et de ses États membres et souligne le fait que la connectivité, en tant qu'orientation fondamentale de l'Union européenne, est profondément ancrée dans l'approche de l'UE face aux défis nationaux et internationaux.

Les députés ont exhorté la Commission et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) à créer une stratégie globale de connectivité de l'UE dans le prolongement de l'actuelle stratégie de connectivité UE-Asie, dans le but de renforcer le rôle de l'UE en tant que véritable et indispensable acteur géopolitique et géoéconomique.

La stratégie devrait aborder de manière globale un large éventail de dimensions politiques, économiques, culturelles, de durabilité et de sécurité, sur la base des valeurs fondamentales de l'UE.

Les députés ont invité tous les pays européens à adhérer à la stratégie de l'UE en matière de connectivité, y compris les pays de l'Association européenne de libre-échange (AELE), des Balkans occidentaux et du voisinage européen, et à intégrer de manière fonctionnelle les différentes régions en développement. Le Royaume-Uni est également encouragé à joindre ses forces à celles de l'UE pour promouvoir la connectivité internationale stratégique.

Gouvernance de la stratégie

La stratégie devrait être suivie et coordonnée avec la recherche de connectivité interne au sein de l'UE et entre l'UE et ses membres potentiels, comme par le biais du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) ou de « l'initiative des trois mers », en renforçant les valeurs, les normes et les intérêts communs et en assurant une appropriation partagée de la stratégie par les institutions de l'UE et les États membres.

Soulignant la nature multidimensionnelle de la stratégie, qui nécessitera une coordination efficace des politiques et des projets existants en matière de connectivité et d'interopérabilité internationales, les députés attendent que la coordination existante entre le SEAE et les directions générales de la Commission soit renforcée à cet égard. En outre, le Parlement, le Conseil, les États membres et les parlements nationaux devraient tous être impliqués dans la stratégie.

Les banques de développement, les agences d'investissement et les organismes de crédit à l'exportation européens et des États membres devraient jouer un rôle central dans la gestion des investissements dans les projets de connectivité internationale.

Pour que la stratégie soit crédible, elle devrait être dotée des outils et des moyens nécessaires pour la mettre en œuvre à une échelle qui soit à la hauteur de son ambition. Des ressources publiques suffisantes devraient être allouées dans le cadre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027.

Priorités de la stratégie

La stratégie devrait également être clairement axée sur un ensemble définitif de priorités telles que, entre autres : la transition verte, les transports, la transformation numérique ; la santé, le commerce, l'investissement et la sécurité.

Partenariats pour la connectivité

La commission parlementaire a salué la création du partenariat UE-Japon sur la connectivité durable et les infrastructures de qualité, qui met l'accent sur la connectivité durable avec les Balkans occidentaux, l'Europe de l'Est, l'Asie centrale, l'Indo-Pacifique et l'Afrique. Elle espère que l'UE et le Japon promouvront activement le partenariat pour la connectivité auprès des groupes cibles concernés et parviendront à donner un coup de fouet à la mise en œuvre du partenariat au cours du premier semestre 2021.

La Russie et la Turquie ont également intérêt à devenir parties prenantes de la connectivité entre l'UE et l'Asie. Les députés sont prêts à s'associer avec eux dans la mesure du possible. Ils ont toutefois regretté que les projets financés par la Chine en Asie centrale manquent de transparence.

Les députés ont estimé que l'UE devrait renforcer sa coopération avec les États-Unis.

Connectivité mondiale

Le rapport a insisté sur le fait que la stratégie doit accorder une attention particulière à la connectivité avec le voisinage européen et avec le continent africain voisin, étant donné sa pertinence géopolitique croissante pour plusieurs acteurs mondiaux.

Enfin, la Commission devrait présenter une nouvelle approche de la communication avec un texte clair afin de créer une visibilité adéquate et une responsabilité suffisante pour les politiques de connectivité de l'UE et leurs résultats.