La protection des droits de l’homme et la politique migratoire extérieure de l’UE
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de Tineke STRIK (Verts/ALE, NL) sur la protection des droits de l'homme et la politique migratoire extérieure de lUnion européenne.
Le rapport contient des recommandations sur la protection des droits de lhomme dans le cadre de la politique extérieure de lUnion en matière dasile et de migration, qui vise à garantir la coopération de lUnion avec les pays tiers en matière migratoire et à promouvoir les droits fondamentaux des migrants et des réfugiés dans le monde entier.
Le cadre de la politique migratoire et sa dimension extérieure
Les députés rappellent que, conformément à larticle 3, paragraphe 5, et à larticle 21 du traité UE et à la charte des droits fondamentaux, lUnion européenne et les États membres doivent défendre les droits de lhomme dans leurs actions, accords et coopération externes et extraterritoriaux dans les domaines de la migration, des frontières et de lasile.
Ces obligations exigent non seulement la reconnaissance de lapplicabilité des normes pertinentes, mais aussi une mise en uvre appropriée au moyen dinstruments permettant une protection et des garanties effectives ainsi quune approche fondée sur les droits de lhomme pour lensemble du cycle de la politique migratoire, avec une attention spécifique accordée aux femmes migrantes et aux mineurs isolés.
Le rapport souligne à cet égard que les États membres doivent prendre en considération au premier chef lintérêt de lenfant et quils doivent garantir la non-discrimination et assurer les garanties procédurales, telles que le droit à un recours effectif et le droit au regroupement familial, et empêcher de séparer les enfants de leurs parents ou tuteurs légaux.
Coopération extérieure
Les députés estiment que lUE doit renforcer sa coopération extérieure avec les pays dorigine et uvrer à la réadmission durable et effective des personnes faisant lobjet dune décision de retour. Ils demandent à lUnion de veiller à ce que les accords de réadmission et les accords de coopération en matière de gestion des frontières ne soient conclus quavec des pays tiers qui sengagent explicitement à respecter les droits de lhomme, y compris le principe de non-refoulement et les droits consacrés par la convention des Nations unies relative au statut des réfugiés.
Le rapport invite la Commission à :
- veiller à ce que des évaluations des risques transparentes soient réalisées par des organes de lUE indépendants, tels que lAgence des droits fondamentaux de l'Union européenne, sur lincidence de toute coopération formelle, informelle ou financière de lUnion avec des pays tiers sur les droits des migrants et des réfugiés;
- mettre en place un mécanisme de suivi indépendant, transparent et efficace qui comprenne des rapports périodiques sur la mise en uvre des accords formels, informels et financiers avec des pays tiers qui pourraient avoir une incidence sur les droits des migrants et des réfugiés et le travail des défenseurs des droits de lhomme.
Respect des droits de lhomme et acteurs de la mise en uvre la politique migratoire extérieure
Soulignant le rôle accru de Frontex dans la coopération pratique et opérationnelle avec les pays tiers, ainsi que limportance des accords sur le statut pour garantir un cadre juridique pour la coopération entre Frontex et les autorités de gestion des frontières des pays tiers, les députés invitent la Commission à mettre en place un mécanisme de suivi indépendant portant sur les activités menées par Frontex.
Il invitent également Frontex à informer régulièrement la sous-commission «droits de lhomme», la commission des affaires étrangères et la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement de toute activité impliquant une coopération avec les autorités de pays tiers, et en particulier de la mise en uvre des droits de lhomme dans le cadre de ces activités.
Le rapport recommande détendre le mandat, les compétences et le budget de lAgence des droits fondamentaux afin de lui permettre de surveiller efficacement la dimension extérieure des politiques de lUnion en matière dasile et de migration.
Coopération de lUnion avec des pays tiers et aide financière
Prenant acte du recours croissant depuis 2016 à une conditionnalité renforcée entre la coopération au développement et la gestion des migrations, y compris le retour et la réadmission, les députés soulignent que la coopération et laide au développement de lUnion doivent être alignées sur les objectifs de développement durable.
Le rapport préconise une approche de laide humanitaire fondée sur les besoins, qui devrait respecter les principes humanitaires, le droit international relatif aux droits de lhomme, le droit international humanitaire et le droit international des réfugiés. Il souligne en outre que le fait de conditionner loctroi de laide humanitaire et de laide durgence à la coopération avec lUnion européenne en matière de migration est incompatible avec les principes humanitaires.
Les députés insistent pour quune part substantielle des fonds de lUnion soit réservée à lamélioration du respect des droits de lhomme, de la protection internationale et des perspectives des réfugiés. La Commission devrait fournir régulièrement et publiquement au Parlement des informations sur le financement des programmes de coopération en matière de migration dans les pays tiers et sur leur incidence sur les droits de lhomme.
Politique extérieure de lUnion de lUnion et objectifs en matière de migration
Les députés rappellent que lUnion et ses États membres se sont engagés, dans le cadre du pacte mondial sur les réfugiés, à partager la responsabilité de la protection efficace et complète des réfugiés et à alléger la pression qui pèse sur les pays daccueil.
Le rapport souligne à cet égard que lUnion et ses États membres devraient accroître leurs engagements en matière de réinstallation, en veillant à ce que la réinstallation ne soit pas subordonnée à la coopération du pays de transit en matière de réadmission ou de contrôle des frontières, et renforcer les voies dentrée sûres et légales et empêcher les retours forcés de réfugiés en provenance des pays daccueil.
Les députés invitent le SEAE, la Commission et les États membres à dialoguer avec les pays tiers sur les droits des migrants, qui font partie intégrante de la politique de lUnion en matière de droits de lhomme. Ils insistent pour que le lien qui existe entre les droits de lhomme et les migrations soit pris en compte dans le cadre des dialogues bilatéraux de lUnion sur les droits de lhomme avec les pays concernés.