Résolution sur le règlement d’exécution (UE) 2021/621 de la Commission du 15 avril 2021 modifiant le règlement (UE) n° 37/2010 afin de classifier la substance «imidaclopride» en ce qui concerne sa limite maximale de résidus dans les aliments d’origine animale
Le Parlement européen a adopté par 441 voix pour, 232 contre et 18 abstentions, une résolution faisant objection au règlement dexécution (UE) 2021/621 de la Commission du 15 avril 2021 modifiant le règlement (UE) n° 37/2010 afin de classifier la substance «imidaclopride» en ce qui concerne sa limite maximale de résidus dans les aliments dorigine animale.
Une demande de fixation dune limite maximale de résidus (LMR) pour limidaclopride dans les salmonidés a été soumise à lAgence européenne des médicaments. Lagence, sur la base de lavis rendu en septembre 2020 par le comité des médicaments à usage vétérinaire, a recommandé de fixer la LMR pour limidaclopride à 0,6mg/kg (600 µg/kg) pour tous les poissons à nageoires.
Lavis du comité des médicaments à usage vétérinaire qui sous-tend la recommandation de lagence nest disponible que sous forme de synthèse et selon la Commission, il ne sera divulgué intégralement quaprès ladoption de la LMR.
Limidaclopride est une substance active biocide néonicotinoïde (NNI) qui a été commercialisée en vue dune utilisation large en matière de traitement des cultures et du bétail, en raison de sa toxicité à légard dune grande variété de nuisibles.
Le Parlement rappelle que des preuves saccumulent quant aux effets dévastateurs du recours à limidaclopride sur la biodiversité, en particulier sur celle des rivières et des cours deau. En effet, le recours à limidaclopride naffecte pas seulement les crustacés, les mollusques et les insectes, mais également les organismes du sol et les populations aviaires.
Plusieurs études scientifiques ont conclu, au terme dessais sur des animaux, que limidaclopride était toxique pour la reproduction et quil sagissait dun perturbateur endocrinien.
À la lumière de ces considérations, le Parlement estime le règlement dexécution (UE) 2021/621 nest pas conforme au droit de lUnion dans la mesure où il viole la liberté dinformation et les principes fondamentaux de transparence, de contrôle démocratique et de responsabilité étant donné que lavis du comité des médicaments à usage vétérinaire à ce propos na été mis à disposition que sous forme de résumé.
Les députés estiment que lAgence devrait rendre publique lintégralité de lavis du comité des médicaments à usage vétérinaire et que lévaluation des risques de limidaclopride est insuffisante en ce qui concerne la prise en compte des valeurs deffet aigu et quelle ne tient pas compte des effets différés, cumulatifs et chroniques.
La Commission est invitée à :
- abroger le règlement dexécution (UE) 2021/621 et à présenter un nouveau projet inscrivant limidaclopride dans la liste des substances pharmacologiquement actives pour lesquelles aucune limite maximale ne peut être fixée pour lusage aquatique, établie à lannexe IV du règlement (CE) nº 396/2005;
- appliquer le principe de précaution lorsquelle procède à une évaluation des informations disponibles, afin de quantifier les risques deffets nocifs sur lenvironnement, la biodiversité, le bien-être des animaux et la santé humaine;
- communiquer systématiquement sur la manière dont les principes de précaution et de consentement éclairé sont pris en compte et sur la manière dont les conclusions de lavis du comité des médicaments à usage vétérinaire sont tirées;
- respecter le principe démocratique du consentement éclairé et à réaliser un bilan de qualité du processus dévaluation des risques afin détablir des LMR pour les médicaments vétérinaires dans les aliments dorigine animale;
- veiller à ce que lévaluation des risques comprenne des essais écotoxicologiques cumulatifs, actualisés, évalués par des pairs et portant sur des espèces non ciblées dans le sol et le milieu aquatique, à ce quelle couvre également les résidus environnementaux dans lair, le sol et leau, et à ce quelle précise les études et avis scientifiques indépendants et évalués par les pairs qui ont été pris en considération.
Le Parlement a réaffirmé la nécessité de renforcer la coopération scientifique, la coordination et la cohérence entre les agences de lUnion compétentes dans ce domaine, à savoir lAgence, lEFSA et lECHA, en collaboration avec les agences nationales et internationales. Un cadre commun dévaluation des risques pour les produits biocides et phytopharmaceutiques utilisés dans les chaînes alimentaires devrait être élaboré afin déviter les incohérences et de limiter les risques de dommages environnementaux et décocide.