Résolution sur la situation de l’état de droit dans l’Union européenne et l’application du règlement (UE, Euratom) 2020/2092 relatif à la conditionnalité
Le Parlement européen a adopté par 506 voix pour, 150 contre et 28 abstentions, une résolution sur la situation de létat de droit dans lUnion européenne et lapplication du règlement (UE, Euratom) 2020/2092 relatif à la conditionnalité.
Le Parlement a réaffirmé sa position concernant le règlement sur la conditionnalité liée à létat de droit, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2021 et est directement applicable dans lUnion européenne et tous ses États membres pour tous les fonds du budget de lUnion.
La Commission doit agir rapidement pour faire appliquer le règlement sur la conditionnalité
Les députés estiment que la situation relative au respect des principes de létat de droit dans certains États membres justifie un recours immédiat au règlement sur la conditionnalité liée à létat de droit. Ils ont exhorté la Commission à réagir rapidement aux graves violations persistantes des principes de létat de droit dans ces États membres et à analyser la nécessité de déclencher sans retard la procédure prévue dans le règlement relatif à la conditionnalité.
Conformément à larticle 5 du règlement relatif à la conditionnalité, «la Commission doit vérifier si le droit applicable a été respecté et, au besoin, prendre toutes les mesures appropriées pour protéger le budget de lUnion». Les députés ont demandé à la Commission de sacquitter immédiatement de lobligation qui lui incombe en vertu du règlement dinformer le Parlement de toute notification écrite aux États membres concernés, exposant les éléments factuels et les motifs spécifiques des violations de létat de droit ou de toute enquête en cours. Or, le Parlement na à ce jour reçu aucune information de ce type concernant une notification.
Le Parlement a regretté labsence de toute notification écrite de la Commission aux États membres depuis lentrée en vigueur du règlement, malgré les nombreuses inquiétudes quant aux violations de létat de droit recensées dans le rapport 2020 de la Commission sur létat de droit, ainsi que lexistence de deux procédures au titre de larticle 7, qui ont une incidence sur la bonne gestion financière du budget de lUnion et ne sont toujours pas résolues par les États membres.
Vers une éventuelle procédure judiciaire contre la Commission
Les députés ont rappelé que, dans sa résolution du 25 mars 2021, le Parlement a donné à la Commission un délai concret. Regrettant que la Commission nait pas répondu aux demandes du Parlement avant le 1er juin 2021 et nait pas activé la procédure prévue dans le règlement sur la conditionnalité liée à létat de droit dans les cas les plus évidents de violation de létat de droit dans lUnion, les députés ont estimé que cela constituait une base suffisante pour engager une action en justice contre la Commission au titre de larticle 265 du traité FUE.
Les députés ont invité le Président du Parlement à appeler, dans les deux semaines, la Commission à «remplir ses obligations» relatives au règlement sur la conditionnalité liée à lÉtat de droit. Entre temps, le Parlement devrait entamer immédiatement les «préparatifs nécessaires en vue dune éventuelle procédure judiciaire contre la Commission» au titre de larticle 265 du TFUE.
Tirer parti de tous les instruments
Le Parlement a regretté que le Conseil ne soit pas en mesure dobtenir de véritables avancées pour faire appliquer les valeurs de lUnion dans le cadre des procédures en cours engagées au titre de larticle 7 en réponse aux menaces qui pèsent sur les valeurs européennes communes en Pologne et en Hongrie. Il a recommandé que le Conseil adresse des recommandations concrètes aux États membres en question et quil fixe des échéances pour la mise en uvre de ces recommandations.
La Commission est invitée à tirer parti de tous les instruments dont elle dispose, notamment le règlement, pour lutter également contre les violations persistantes de la démocratie et des droits fondamentaux partout dans lUnion, y compris les attaques contre la liberté des médias et les journalistes, les migrants, les droits des femmes, les droits des personnes LGBTIQ, et la liberté dassociation et de réunion.
Les députés ont rappelé que le Parlement avait le droit de voter sur une motion de censure à légard de la Commission et quelle pouvait réagir au manque de coopération du Conseil. Ils ont invité les autres institutions à coopérer plutôt quà faire obstacle aux efforts visant à résoudre la crise actuelle.