État des capacités de cyberdéfense de l’Union
Le Parlement européen a adopté par 591 voix, 65 contre et 26 abstentions, une résolution sur létat des capacités de cyberdéfense de lUnion.
État des capacités de cyberdéfense de lUnion
Les députés ont affirmé quune politique de cyberdéfense commune et une coopération accrue au niveau de lUnion visant à mettre en place des capacités communes et améliorées de cyberdéfense sont des éléments essentiels pour bâtir une Union européenne de la défense plus solide. La nature transfrontière du cyberespace, ainsi que le nombre important de cyberattaques et leur complexité croissante, nécessitent une réaction coordonnée au niveau de lUnion, y compris par la mobilisation des capacités de soutien communes des États membres et lappui des États membres aux mesures prévues dans la «boîte à outils cyberdiplomatique de lUnion».
Le Parlement a invité le Service européen pour laction extérieure (SEAE) et la Commission à poursuivre, en coopération avec les États membres, lélaboration dun ensemble complet de mesures et dune politique cohérente en matière de sécurité informatique afin de renforcer la résilience, mais aussi la coordination en matière de cyberdéfense. Il a demandé le renforcement de la coopération avec léquipe civile dintervention en cas durgence informatique pour les institutions, organes et organismes de lUnion (CERT-UE) afin de protéger les réseaux utilisés par lensemble des institutions, des organes et des agences de lUnion.
Prenant acte de lobjectif du cadre stratégique de cyberdéfense de 2018 consistant à mettre en place un réseau CERT militaire de lUnion, les députés ont invité les États membres à accroître les capacités de partage dinformations classifiées et à mettre en place un réseau européen rapide et sécurisé de détection, dévaluation et de lutte contre les cyberattaques. Ils ont souligné la nécessité dinvestir dans la cyberdéfense en vue de renforcer la résilience et les capacités stratégiques de lUnion et de ses États membres.
Vision stratégique - Parvenir à la résilience en matière de cyberdéfense
Le Parlement a souligné quil était essentiel de surmonter la fragmentation et la complexité actuelles de larchitecture cyber globale au sein de lUnion et de définir une vision commune pour déterminer comment garantir la sécurité et la stabilité dans le cyberespace. Il a préconisé la création dune unité conjointe de cybersécurité en vue de renforcer la coopération et de remédier à linsuffisance du partage dinformations entre les institutions, les organes et les agences de lUnion.
Étant donné que les capacités de cyberdéfense comportent souvent une dimension duelle (civile et militaire), les députés ont rappelé que linnovation technologique était principalement portée par des entreprises privées et que, par conséquent, la coopération avec le secteur privé et les parties prenantes civiles devrait être renforcée.
Le Parlement a également relevé que, contrairement à dautres domaines militaires, linfrastructure utilisée pour «créer» le cyberespace est principalement aux mains dentités commerciales établies pour la plupart en dehors de lUnion, ce qui entraîne une dépendance industrielle et technologique vis-à-vis de tiers. LUnion devrait donc renforcer sa souveraineté technologique et stimuler linnovation en investissant dans lutilisation éthique de nouvelles technologies de sécurité et de défense, telles que lintelligence artificielle et linformatique quantique.
En vue de surmonter la paralysie face aux menaces hybrides, les députés estiment que lUnion devrait sefforcer de trouver une solution juridique qui prévoirait un droit à une défense collective et qui permettrait ladoption par les États membres, sur la base du volontariat, de contre-mesures collectives.
Renforcer les partenariats et le rôle de lUnion dans le contexte international
Face à lattitude systématiquement agressive dont font preuve notamment la Chine, la Russie et la Corée du Nord dans le cyberespace et aux nombreuses cyberattaques contre des institutions publiques et des entreprises privées, les députés estiment que lUnion et lOTAN devraient se coordonner dans les domaines où des acteurs hostiles menacent les intérêts euro-atlantiques en matière de sécurité.
Les députés ont notamment recommandé :
- une coopération plus étroite entre lUnion et lOTAN, notamment en ce qui concerne les exigences dinteropérabilité en matière de cyberdéfense;
- une meilleure coordination en matière de cyberdéfense entre les États membres, les institutions de lUnion, les alliés de lOTAN, les Nations unies et lOrganisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ils encouragent, à cet égard, la poursuite de la promotion des mesures de confiance de lOSCE concernant le cyberespace;
- la mise en place dun partenariat solide dans le domaine informatique avec le Royaume-Uni, qui est à la pointe en matière darsenal de cyberdéfense. La Commission est invitée à étudier la possibilité de relancer un processus visant à établir à lavenir un cadre formel et structuré de coopération dans ce domaine.
Tous les États membres ainsi que lUnion sont invités à jouer un rôle moteur lors des discussions et initiatives menées sous les auspices des Nations unies, notamment en proposant un plan daction, ainsi quà promouvoir un comportement responsable des États dans le cyberespace.