Résolution sur la situation des droits de l'homme au Cameroun
Le Parlement européen a adopté par 614 voix pour, 32 contre et 40 abstentions, une résolution sur la situation au Cameroun.
Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, Renew, Verts/ALE, ECR, The Left, députés.
Le Cameroun est en proie à plusieurs foyers de tensions politiques et sécuritaires simultanés, notamment aux menaces de Boko Haram dans la région de lExtrême-Nord et, depuis près de cinq ans, à linsurrection de rebelles armés séparatistes dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis 2017, le conflit armé entre les milices et les autorités de l'État a fait des milliers de morts et provoqué une crise humanitaire de grande ampleur dans les régions anglophones du Cameroun.
Profondément préoccupé par la situation des droits de lhomme au Cameroun, notamment le droit des citoyens à la liberté dexpression, de réunion et dassociation, le Parlement a condamné les violations des droits de lhomme, du droit international et du droit international humanitaire perpétrées par les parties au conflit armé et souligné limportance de la lutte contre limpunité.
Les députés ont exhorté le gouvernement camerounais et les dirigeants politiques et militaires des groupes séparatistes à conclure un cessez-le-feu humanitaire. Ils ont encouragé les parties au conflit à sentendre sur des mesures pour restaurer la confiance telles que la libération des prisonniers politiques non violents et la levée du boycott des écoles. Ils ont demandé au gouvernement du président Biya et aux séparatistes anglophones de reprendre sans délai les négociations et à la communauté internationale, en particulier à lUnion africaine, aux États dAfrique centrale et à lUnion européenne, de jouer un rôle de médiation.
Les autorités camerounaises sont invitées à :
- cesser de traduire des personnes en justice devant un tribunal militaire dans le cadre de procès à lissue prédéterminée, laquelle est souvent une condamnation à mort, ce qui est illégal au regard du droit international des droits de lhomme;
- ratifier le deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui vise à abolir la peine de mort;
- protéger toutes les femmes du pays, en particulier dans les zones de conflit, et à promouvoir légalité des sexes et lautonomisation des femmes en renforçant la participation des femmes et des organisations de défense des droits des femmes à la vie publique et politique;
- libérer immédiatement et sans condition les opposants politiques, les manifestants et tous les citoyens qui ont été arrêtés arbitrairement et sont détenus pour des raisons purement politiques.
Le Parlement a condamné le blocage de laide humanitaire et les attaques, enlèvements, actions de harcèlement et assassinats à lencontre des travailleurs humanitaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, et condamné également les actions dintimidation à lencontre des observateurs indépendants et des défenseurs des droits de lhomme. Il a appelé les deux parties au conflit à cesser de prendre délibérément pour cible les civils et demandé instamment aux séparatistes de cesser immédiatement les attaques contre les écoles.
Enfin, le Parlement a invité la communauté internationale à soutenir les efforts déployés pour lutter contre le groupe armé islamiste Boko Haram, insistant sur le fait que le terrorisme ne peut être combattu efficacement que si lon sattaque aux causes et aux problèmes spécifiques liés aux inégalités.