Renforcer l’Europe dans la lutte contre le cancer - vers une stratégie globale et coordonnée
La commission spéciale sur la lutte contre le cancer a adopté le rapport dinitiative de Véronique TRILLET-LENOIR (Renew Europe, FR) sur le renforcement de lEurope dans la lutte contre le cancer vers une stratégie globale et coordonnée.
LEurope représente moins de 10% de la population mondiale, mais totalise un quart de lensemble des cas de cancer. Le cancer est la deuxième cause de décès en Europe, après les maladies cardiovasculaires, et la première cause de décès par maladie chez les enfants de plus dun an.
Les députés accueillent favorablement le plan européen pour vaincre le cancer et engagent la Commission à uvrer à lélaboration dune politique commune en matière de lutte contre le cancer qui comprenne, le cas échéant, des propositions législatives.
Les députés estiment que la politique commune de lUE devrait être axée autour des domaines daction suivants :
Prévention du cancer dans toutes les politiques européennes et les programmes de financement européens
Le rapport invite la Commission et les États membres à intégrer des campagnes de sensibilisation du public à la prévention du cancer dans tous les domaines daction concernés et à concevoir des mesures de prévention efficaces aux niveaux national et de lUnion qui soient fondées sur une expertise scientifique indépendante, les meilleures pratiques, ainsi que sur des conseils cliniques.
Rappelant que le tabagisme est à lorigine de 15 à 20% des cas de cancer en Europe, le rapport soutient fermement lobjectif dune «génération sans tabac» inscrit dans le plan, qui vise à ce que moins de 5% de la population soit consommatrice de tabac dici à 2040, contre 25% aujourdhui. Il invite instamment la Commission à fixer des objectifs intermédiaires à cet égard.
Les députés saluent également lobjectif de la Commission de réduire dau moins 10% la consommation nocive dalcool dici à 2025. Ils appellent à promouvoir des actions de réduction et de prévention des dommages liés à lalcool dans le cadre dune stratégie révisée de lUnion en matière dalcool, notamment une stratégie européenne pour labsence de consommation dalcool par les mineurs, associée, le cas échéant, à des propositions législatives.
Soulignant le rôle dune alimentation saine dans la prévention et la limitation de lincidence du cancer, le rapport insiste sur la nécessité de lutter contre la surconsommation de viande et de produits ultra-transformés, ainsi que de produits riches en sucres, en sel et en graisses. Il demande à la Commission et aux États membres dencourager daider les consommateurs à effectuer des choix éclairés, sains et durables en matière de produits alimentaires, grâce à ladoption dun étiquetage nutritionnel harmonisé et obligatoire de lUnion sur la face avant des emballages, qui se fonde sur des données scientifiques fiables et indépendantes.
Le rapport appelle entre autres à : i) soutenir la recherche et linnovation en lien avec lobésité; ii) encourager la pratique dactivités physiques et sportives tout au long de la vie, en finançant des infrastructures, des équipements et des programmes publics; iii) élargir la recherche sur les rayonnements ionisants et que sur lexposition au radon et aux produits de sa désintégration à lintérieur des bâtiments; iv) réduire la pollution de lair, des aliments, de leau et du sol, ainsi que de lexposition aux produits chimiques; v) renforcer les exigences en matière dinformation sur la carcinogénicité au titre du règlement concernant lenregistrement, lévaluation et lautorisation des substances chimiques (REACH).
Le rapport soutient fermement la révision prévue du code européen contre le cancer afin délaborer, de partager et de mettre en uvre de bonnes pratiques dans les programmes de prévention du cancer, en mettant laccent sur les groupes défavorisés, et le lancement dune application mobile européenne facile dutilisation qui aide les personnes et aborde la prévention du cancer, léducation et les soins.
Dépistage et détection inclusifs du cancer
Le rapport encourage la Commission et les États membres à organiser, en partenariat avec les acteurs de la lutte contre le cancer, des campagnes de santé publique pour remédier aux retards relatifs au dépistage, à la détection précoce et aux soins quune crise sanitaire pourrait entraîner. Les députés soutiennent le lancement dun nouveau programme de dépistage du cancer financé par lUnion, afin daider les États membres à faire en sorte que, dici à 2025, 90% de la population de lUnion remplissant les conditions requises pour participer au dépistage du cancer du sein, du cancer du col de lutérus et du cancer colorectal se voient proposer un dépistage.
En outre, les États membres devraient uvrer ensemble à la réduction des inégalités sociales et géographiques en matière de dépistage du cancer et de services de diagnostic précoce, en particulier dans les régions frontalières et isolées, notamment les zones montagneuses et urbaines éloignées des centres de dépistage.
Égalité daccès aux soins contre le cancer
Les députés réclament une réforme de la directive sur les soins de santé transfrontaliers, afin daméliorer la mobilité et laccès aux équipements et aux soins hautement spécialisés en renforçant les points de contact nationaux, qui devront disposer de ressources budgétaires accrues. Ils déplorent que, dans certains États membres, les ressources publiques ne soient pas adaptées pour permettre un dépistage et un traitement en temps utile.
Les députés demandent la pleine reconnaissance de loncologie médicale et de loncologie pédiatrique en tant que disciplines spécialisées, la définition de normes de qualité paneuropéennes pour ladministration et la supervision des traitements médicaux contre le cancer, chez les adultes comme chez les enfants. Ils prient également les États membres de proposer des services de soins palliatifs intégraux et multidisciplinaires aux patients atteints de cancer.
La Commission est invitée à consolider le marché européen des médicaments afin de renforcer légalité daccès aux traitements, y compris les médicaments innovants et personnalisés, de réduire les pénuries de médicaments, de surmonter le problème des prix élevés des traitements et des technologies innovants, dencourager lutilisation de médicaments génériques et biosimilaires et daméliorer les traitements contre le cancer pour les adultes et les enfants.
Les députés constatent également avec inquiétude que la pandémie de COVID-19 a exacerbé le manque de personnel qui frappait déjà le domaine de la santé et quil est urgent de garantir un nombre suffisant de professionnels de la santé spécialisés dans les soins contre le cancer.
Le rapport insiste sur la nécessité dun soutien ferme aux patients atteints de cancer, aux survivants et aux soignants et appelle de ses vux des exigences politiques claires sur les besoins en matière de recherche sur le cancer pédiatrique.
Instruments daction
Selon les députés, le plan ne devrait pas être uniquement considéré comme un engagement politique, mais comme un ensemble dinitiatives concrètes et ambitieuses qui soutiendront, coordonneront et complèteront les mesures adoptées par les États membres pour réduire les souffrances mentales et physiques causées par le cancer. Le plan devrait être mis en uvre en lien étroit avec la mission de recherche sur le cancer du programme «Horizon Europe».
Les députés réitèrent leur appel en faveur de financements durables pour une recherche européenne sur le cancer qui soit compétitive. Ils invitent les États membres à accroître dau moins 20% la mobilisation de la recherche publique en faveur de linnovation dans le traitement, le diagnostic et le dépistage du cancer.