Recensement des pays tiers à haut risque présentant des carences stratégiques: ajout du Burkina Faso, des Îles Caïmans, d’Haïti, de la Jordanie, du Mali, du Maroc, des Philippines, du Sénégal et du Soudan du Sud dans le tableau figurant au point I de l’annexe et le retrait des Bahamas, du Botswana, du Ghana, de l’Iraq et de Maurice de ce tableau
Le présent règlement délégué concerne ladoption d'une liste de pays tiers à haut risque dans le cadre de la 4e directive anti-blanchiment (directive (UE) 2015/849). L'objectif est de mettre à jour la liste de l'UE sur la base de la dernière liste disponible du Groupe daction financière (GAFI).
Contexte
La directive (UE) 2015/849 habilite la Commission à adopter des actes délégués pour recenser les pays tiers dont les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) présentent des carences stratégiques qui font peser une menace significative sur le système financier de lUnion (les «pays tiers à haut risque») en prenant en compte leurs carences stratégiques et en fixant les critères sur lesquels fonder son évaluation.
Le 14 juillet 2016, la Commission a adopté le règlement délégué (UE) 2016/1675, qui recensait plusieurs pays tiers à haut risque. Ce règlement a ensuite été modifié par plusieurs actes délégués. Depuis les dernières modifications apportées au règlement (UE) 2016/1675, le GAFI a actualisé sa liste des pays devant faire lobjet dun suivi renforcé, comme suit:
- à sa réunion plénière de février 2021, il a ajouté le Burkina Faso, les Îles Caïmans, le Maroc et le Sénégal à sa liste;
- à sa réunion plénière de juin 2021, il a ajouté Haïti, les Philippines et le Soudan du Sud à sa liste et en a retiré le Ghana;
- à sa réunion plénière doctobre 2021, il a ajouté la Jordanie, le Mali et la Turquie à sa liste et en a retiré le Botswana et Maurice.
Au cours du quatrième trimestre de 2021, la Commission a en outre achevé son évaluation des Bahamas et de lIraq. Compte tenu des progrès accomplis par ces deux pays, la Commission estime que les Bahamas et lIraq devraient aussi retirer de la liste des pays tiers à haut risque établie par lUE.
La mise à jour du règlement délégué (UE) 2016/1675 doit se poursuivre afin de tenir compte des informations fournies par les organisations internationales et les instances normatives dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, telles que les déclarations publiques du GAFI, les rapports dévaluation mutuelle ou dévaluation détaillée, et les rapports de suivi publiés.
Contenu
Le présent règlement délégué modifie le règlement délégué (UE) 2016/1675 complétant la directive (UE) 2015/849 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les points suivants :
1) Ajout à la liste des pays à haut risque figurant dans le règlement délégué (UE) 2016/1675
La Commission propose dajouter le Burkina Faso, les Îles Caïmans, Haïti, la Jordanie, le Mali, le Maroc, les Philippines, le Sénégal et le Soudan du Sud à la liste en tant que pays dont les dispositifs de LBC/FT présentent des carences stratégiques qui font peser une menace significative sur le système financier de lUnion.
Ces pays ont pris lengagement politique écrit à haut niveau de remédier aux carences constatées et ont élaboré un plan daction avec le GAFI à cet effet. Pour tenir compte du niveau de détermination affiché dans le contexte du GAFI par ces pays tiers à haut risque, ceux-ci sont mentionnés dans lannexe du règlement délégué, dans le tableau figurant au point I («Les pays tiers à haut risque qui ont pris un engagement politique écrit à haut niveau de remédier aux carences constatées et qui ont élaboré un plan daction avec le GAFI»).
2) Retrait de la liste figurant dans le règlement délégué (UE) 2016/1675
La Commission propose de retirer les Bahamas, le Botswana, le Ghana, lIraq et Maurice du tableau figurant au point I de lannexe.
Le GAFI a salué les progrès importants accomplis par le Botswana, le Ghana et Maurice dans lamélioration de leurs dispositifs de LBC/FT et a constaté que ces trois pays avaient établi le cadre juridique et réglementaire nécessaire pour respecter les engagements de leurs plans daction en ce qui concerne les carences stratégiques identifiées par le GAFI. Lévaluation de la Commission a conclu que, daprès les informations disponibles, les Bahamas, le Botswana, le Ghana, lIraq et Maurice ne présentaient plus de carences stratégiques dans leurs dispositifs de LBC/FT.
3) Autres pays tiers identifiés publiquement par le GAFI
En octobre 2021, le GAFI a publiquement identifié la Turquie comme présentant des carences stratégiques dans son dispositif de LBC/FT. La Turquie a pris lengagement politique à haut niveau de travailler avec le GAFI à renforcer lefficacité de son dispositif de LBC/FT. Depuis ladoption, en octobre 2019, du rapport dévaluation mutuelle la concernant, la Turquie a progressé dans la mise en uvre dun certain nombre de mesures recommandées dans ce rapport en vue daméliorer son dispositif de LBC/FT.
Dans le contexte des négociations dadhésion, la Commission a élaboré de nouvelles mesures datténuation avec la Turquie afin dassurer son alignement sur la directive (UE) 2015/849. Sous réserve que la Turquie mette en uvre les engagements quelle a pris, la Commission estime que ces mesures datténuation supplémentaires remédient suffisamment aux carences qui subsistent. Par conséquent, elle nestime pas nécessaire dadopter dautres mesures au titre de la directive anti-blanchiment.
4) Éléments juridiques
En conséquence directe de ladoption du présent règlement délégué, les entités assujetties dans tous les États membres sont tenues dappliquer des mesures de vigilance renforcées à légard de la clientèle conformément à la directive (UE) 2015/849 en ce qui concerne les relations daffaires ou les transactions impliquant des pays tiers dont linscription dans lannexe du présent règlement délégué est maintenue.
En outre, le règlement financier interdit aux personnes et entités exécutant des fonds ou des garanties budgétaires de lUnion dengager des opérations nouvelles ou renouvelées avec des entités constituées ou établies dans des pays répertoriés dans le règlement délégué au titre de la directive (UE) 2015/849, sauf si laction est physiquement mise en uvre dans lun de ces pays, sous réserve de labsence dautres facteurs de risque. Les partenaires chargés de la mise en uvre doivent également transposer ces obligations dans les contrats quils concluent avec les intermédiaires financiers retenus.