Ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation
La commission spéciale sur lingérence étrangère dans lensemble des processus démocratiques de lUnion européenne, y compris la désinformation a adopté le rapport de Sandra KALNIETE (PPE, LV) sur lingérence étrangère dans lensemble des processus démocratiques de lUnion européenne, y compris la désinformation.
Nécessité dune stratégie coordonnée de lUnion contre lingérence étrangère
Les députés sont préoccupés par lincidence croissante et la nature de plus en plus sophistiquée des tentatives dingérence et de manipulation de linformation étrangères, essentiellement menées par la Russie et la Chine et visant tous les aspects du fonctionnement démocratique de lUnion européenne et de ses États membres.
Le rapport invite la Commission à proposer une stratégie coordonnée à plusieurs niveaux et intersectorielle ainsi que des ressources financières adéquates visant à doter lUnion et ses États membres de politiques de résilience et de prospection et doutils de dissuasion appropriée.
Cette stratégie devrait reposer sur:
a) des terminologies et des définitions communes, une méthode commune, des évaluations et des analyses dimpact ex post de la législation adoptée jusquà présent, un système de renseignement partagé, ainsi que la compréhension, le suivi, y compris par des alertes précoces, et la connaissance de la situation en ce qui concerne ces enjeux;
b) des politiques concrètes permettant de renforcer la résilience des citoyens européens, conformément aux valeurs démocratiques, y compris par un soutien à la société civile;
c) des capacités de perturbation et de défense adaptées;
d) des réponses diplomatiques et dissuasives pour lutter contre les opérations dingérence et dinfluence étrangères, y compris les opérations hybrides, par des mesures telles que limputation de responsabilité, la désignation des auteurs, des sanctions et des contre-mesures, ainsi que des partenariats mondiaux en vue de léchange de pratiques et de la promotion de normes internationales en matière de comportement responsable des États.
Domaines de la stratégie
La stratégie devrait reposer sur une approche fondée sur les risques, sur lensemble de la société et sur lensemble du gouvernement, couvrant notamment les domaines suivants:
- renforcement de la résilience par la connaissance de la situation, léducation aux médias et à linformation, le pluralisme des médias, le journalisme indépendant et léducation;
- ingérence étrangère qui tire parti des plateformes;
- renforcement des infrastructures critiques et secteurs stratégiques;
- lutte contre lingérence étrangère durant les processus électoraux;
- financement dissimulé des activités politiques provenant dacteurs et de donateurs étrangers;
- cybersécurité et résilience face aux cyberattaques;
- protection des États membres, des institutions, des agences, des délégations et des missions de lUnion européenne;
- ingérence dacteurs étrangers par le recrutement de personnalités haut placées, les diasporas nationales, les universités et les manifestations culturelles;
- dissuasion, imputation de responsabilité et contre-mesures collectives, dont les sanctions;
- coopération mondiale et multilatéralisme.
Les députés ont demandé en particulier à lUnion et à ses États membres daugmenter les ressources et les moyens alloués aux organismes et aux associations en Europe et dans le monde, tels que les groupes de réflexion et les vérificateurs de faits, chargés de surveiller les menaces, y compris la désinformation, et de sensibiliser à leur gravité.
Soulignant le rôle crucial de lUnion dans un sens stratégique large, les députés ont demandé à lUnion et à ses États membres de renforcer leur capacité de prospective et linteropérabilité de leurs actions, afin dêtre sûr quils seront prêts i) à prévoir, à empêcher et à atténuer lingérence et la manipulation de linformation étrangères, ii) à renforcer la protection de leurs intérêts et infrastructures stratégiques, et iii) à sengager dans une coopération et une coordination multilatérales afin de parvenir à une compréhension commune de la question dans les enceintes internationales pertinentes.
Les députés sont préoccupés par les nombreuses lacunes et failles dans la législation et les politiques actuelles au niveau de lUnion et au niveau national qui visent à détecter et prévenir lingérence étrangère et à lutter contre celle-ci. Ils sinquiètent du manque de sensibilisation à la gravité des menaces actuelles que présentent les régimes autoritaires étrangers et dautres acteurs malveillants, ainsi que du manque de normes et de mesures appropriées et suffisantes pour désigner les responsables dactes dingérence étrangère et pour réagir à ces actes.
La Commission est invitée à :
- inclure, le cas échéant, la dimension de la manipulation de linformation et de lingérence étrangères dans lanalyse dimpact ex ante réalisée avant de présenter de nouvelles propositions, en vue dintégrer la lutte contre ces phénomènes dans le processus délaboration des politiques de lUnion;
- mettre en place une task force en son sein, chargée des valeurs et de la transparence, qui se consacrerait à lexamen de la législation et des politiques existantes afin de repérer les lacunes susceptibles dêtre exploitées par des acteurs malveillants;
- envisager, avec le SEAE, de créer un centre européen de lutte contre les menaces dingérence et de lintégrité de linformation indépendant et doté de ressources suffisantes, qui aurait pour mission de repérer, danalyser et de documenter les opérations de manipulation de linformation et les menaces dingérence dirigées contre lUnion dans son ensemble.