Rapport d’exécution sur le bien-être des animaux sur les exploitations
Le Parlement européen a adopté par 496 voix pour, 140 contre et 51 abstentions, une résolution sur le rapport dexécution relatif au bien-être des animaux sur les exploitations.
Le bien-être animal, élément important pour les éleveurs, est un sujet éthique qui prend de limportance pour les consommateurs et dans la société de façon générale. Lintérêt des consommateurs pour la qualité des aliments quils achètent na jamais été aussi grand et les citoyens de lUnion européenne veulent pouvoir faire des choix plus éclairés en tant que consommateurs.
Le Parlement a formulé les conclusions et recommandations suivantes.
Mise en uvre de la législation
Le Parlement sest félicité que la Commission compte procéder à lévaluation et à la révision de la législation relative au bien-être des animaux par la Commission dici 2023. Il a demandé que toute action législative future impliquant une modification ou un changement de système de production (dont le logement) et des critères de bien-être des animaux délevage sappuie sur des données ou études scientifiques solides et tenant compte de tous les aspects pour atteindre la durabilité et le bien-être des animaux. Il a insisté sur la nécessité de réaliser des études dimpact avant toute prise de décision et sur celle de développer une approche espèce par espèce pour définir les besoins spécifiques de chaque type délevage.
La résolution a demandé la mise en place de chaînes dapprovisionnement plus courtes pour lalimentation qui reposent sur des denrées alimentaires produites au niveau local ou régional afin doffrir aux consommateurs un meilleur accès direct à des aliments locaux et de soutenir les petits éleveurs.
La Commission est invitée, entre autres, à :
- développer lapproche «Une seule santé» dans le cadre de la révision de la législation sur le bien-être animal, et à accroître les contrôles pour détecter la présence dantibiotiques et dautres résidus chimiques interdits dans les importations en provenance de pays tiers;
- définir de manière précise et claire les conditions et installations délevage de chaque espèce danimaux, à partir dexemples de bonnes pratiques des systèmes de logement alternatifs; les députés ont demandé de supprimer et dinterdire les cages en batterie et dinstaurer des systèmes sans cage pour toutes les poules pondeuses;
- définir des mesures daccompagnement financier adéquates destinées aux éleveurs, pour encourager ces derniers à investir dans lamélioration du bien-être des animaux; les députés ont plaidé pour que les consommateurs soient informés avec précision et transparence à laide dun étiquetage clair et fiable des produits animaux portant sur les aspects liés au bien-être de la totalité du cycle de production, et notamment sur la méthode de production;
- mieux communiquer sur les bonnes pratiques et investir dans le bien-être des agriculteurs qui soccupent de bétail et dans lattractivité de leur profession;
- contrôler régulièrement les efforts consentis par les États membres ainsi que par les agriculteurs pour améliorer leur formation initiale et leur formation continue et récompenser leurs efforts à cet égard;
- sensibiliser les consommateurs et communiquer leur intention sur la réalité des élevages et leur incidence réelle pour lenvironnement, la biodiversité et le climat, ainsi que sur la diversité des modes de production et leur origine;
- définir des indicateurs de bien-être animal pour les porcs, les poulets et les poules pondeuses, ainsi que des exigences quantifiables pour la mise en place et la surveillance des conditions environnementales, telles que la qualité de lair (azote, CO2, poussières), léclairage (durée, luminosité) et le bruit minimal;
- préciser son cadre de contrôle des États membres, et veiller à ce que des mesures soient prises contre les pratiques préjudiciables et à ce que des procédures en manquement soient lancées en cas de non-conformité;
- mieux développer la coopération entre toutes les parties prenantes et faciliter le dialogue entre les différents acteurs des États membres pour leur permettre de mener une réflexion collective sur les évolutions des systèmes délevage;
- lier ses différentes stratégies grâce à des réglementations élaborées dans un souci de cohérence avec le pacte vert pour lEurope, la stratégie «De la ferme à la table», la stratégie de lUnion en faveur de la biodiversité à lhorizon 2030 et les politiques agricoles touchant au commerce, aux pratiques commerciales et à la promotion.
Dune manière générale, la Commission est invitée à retravailler la rédaction de son cadre réglementaire afin daméliorer le bien-être des animaux dans lUnion, en la rendant plus claire, exhaustive, prévisible et accessible dans le but dune meilleure lisibilité des objectifs et des indicateurs, de façon à laisser moins de place à linterprétation et à permettre et à faciliter une transposition nationale homogène entre États membres.
Étiquetage relatif au bien-être des animaux
Le Parlement estime que la réussite dun étiquetage sur le bien-être animal ne sera possible que si les coûts et les avantages se répartissent équitablement dans lensemble de la chaîne agroalimentaire et que les éleveurs se voient garantir une juste part du prix supérieur payé par le consommateur pour lachat de produits alimentaires conformes aux exigences détiquetage de lUnion en matière de bien-être animal.
La Commission est invitée à proposer un cadre communautaire harmonisé et contraignant comportant des exigences communes pour létiquetage volontaire du bien-être animal, reposant sur la réglementation européenne et invitant les États membres à lenregistrement des différentes démarches employées. Les députés ont demandé que les cahiers des charges du cadre soient conçus suivant une approche techniquement réaliste et scientifiquement fondée qui tienne compte des méthodes de production tout au long du cycle de vie, et que ce cadre assure un retour de la valeur aux producteurs.
Dans un souci de cohérence, les produits transformés et les ingrédients dorigine animale devraient également pouvoir bénéficier de cet étiquetage.
La Commission est appelée à négocier, à léchelle multilatérale et dans le cadre des accords bilatéraux, des clauses de réciprocité relatives au respect des règles applicables au bien-être des animaux pour les produits importés ainsi quà la fourniture aux consommateurs dinformations correctes.