Évaluation de la mise en œuvre de l’article 50 du traité UE
Le Parlement a adopté par 516 voix pour, 85 contre et 91 abstentions, une résolution sur lévaluation de la mise en uvre de larticle 50 du traité UE.
Larticle 50 du traité UE, en prévoyant explicitement le retrait de lUnion dans le cadre du droit de lUnion, établit la procédure unique en vertu de laquelle un État membre peut légalement se retirer de lUnion. Les députés ont souligné que les dispositions de larticle 50 du traité UE et la manière dont elles ont été interprétées et appliquées traduisent et défendent les valeurs communes et les objectifs qui fondent lUnion, en particulier la liberté, la démocratie et létat de droit.
Prenant acte du retrait du Royaume-Uni de lUnion européenne, tout en le déplorant, le Parlement a déclaré que larticle 50 du traité UE avait rempli ses objectifs consistant à préserver le droit souverain dun État membre de se retirer de lUnion européenne, et à assurer le retrait ordonné du Royaume-Uni de lUnion, tout en rendant possible par la suite une relation renforcée entre lUnion et le Royaume-Uni en tant que pays tiers.
Priorités de lUnion
Le Parlement a jugé globalement atteints les objectifs de larticle 50 du traité UE et des négociations de retrait avec le Royaume-Uni, qui visaient à parvenir à la désolidarisation de ce dernier avec lUnion, à garantir la stabilité juridique et à réduire le plus possible les dysfonctionnements, ainsi quà offrir une vision claire de lavenir aux citoyens et aux personnes morales, en assurant un retrait ordonné et en protégeant lintégrité et les intérêts de lUnion européenne, de ses citoyens et de ses États membres.
La protection des droits des millions de citoyens de lUnion au Royaume-Uni et de ressortissants britanniques dans lUnion, les circonstances particulières dans lesquelles se trouve lîle dIrlande et lélaboration dun règlement financier unique ont été essentiels pour structurer le processus et limiter ses répercussions dans lUnion. Les députés estiment toutefois quil aurait été nécessaire dassurer une plus grande clarté quant au règlement des éventuels litiges susceptibles de découler de lapplication de laccord de retrait, en particulier en ce qui concerne le rôle de la Cour de justice.
Le Parlement a salué le fait que les négociations avec le Royaume-Uni aient donné la priorité à la question des droits des citoyens. De plus, lUnion a clairement mis en évidence dès le départ que la situation spécifique de lîle dIrlande et la nécessité de préserver laccord du Vendredi saint et datténuer les effets du retrait du Royaume-Uni sur lIrlande.
Les députés ont rappelé que le cadre des relations futures entre lUnion et le Royaume-Uni a été défini dans la déclaration politique accompagnant laccord de retrait, qui comprend des dispositions claires en matière de coopération dans les domaines de la politique étrangère, de la sécurité et de la défense. Ils ont toutefois regretté que le caractère juridiquement non contraignant de la déclaration politique ait permis au Royaume-Uni de ne pas aborder les parties relatives à la politique étrangère et de sécurité.
Souplesse prévue à larticle 50 du traité UE
Bien que le retrait ne soit pas subordonné à un accord entre lÉtat membre qui se retire et lUnion, le processus de retrait du Royaume-Uni a montré limportance de conclure un accord sur les modalités du retrait, en particulier afin de protéger les droits et les attentes légitimes des citoyens concernés.
Les députés estiment que larticle 50 du traité UE assure un bon équilibre entre la garantie dun processus de retrait juridiquement solide et la souplesse politique nécessaire à ladaptation aux circonstances particulières. Ils ont toutefois relevé que les dispositions de larticle 50 du traité UE manquent de détails sur les aspects suivants:
- les exigences formelles relatives à la notification de lintention de quitter lUnion et la possibilité explicite de révoquer la notification;
- le cadre approprié pour la prolongation de la période de deux ans prévue à larticle 50, paragraphe 3, du traité UE, qui permet une certaine souplesse dans les négociations dans le respect du principe de coopération loyale;
- lincidence de lobligation de tenir compte du cadre des relations futures;
- lapplication des dispositions de larticle 218 du traité FUE, et en particulier les dispositions sur le rôle du Parlement européen et de la Cour de justice de lUnion européenne;
- les éventuelles dispositions transitoires.
Compte tenu de limprévisibilité du processus de retrait, les dispositions du traité UE relatives au retrait devraient assurer la sécurité juridique du grand nombre de citoyens de lUnion et de citoyens de lÉtat membre sortant concernés, en défendant les droits que ces personnes ont acquis en vertu du droit de lUnion. Les députés estiment que les institutions de lUnion auraient pu faire davantage pour informer les citoyens au cours des différentes phases du retrait.
Le rôle des institutions dans le processus de retrait
Les députés considèrent que les institutions de lUnion et les États membres ont réagi collectivement et ont opté pour une stratégie cohérente en définissant en temps utile, de manière claire et structurée, les aspects du processus de retrait.
Le Parlement a joué un rôle central dans lensemble du processus et contribué activement à la mise sur pied de stratégies et à la protection des intérêts et des priorités de lUnion et de ses citoyens au moyen de résolutions étayées. Le Conseil européen a agi comme facteur de cohésion et de stabilisation au cours du processus. La Commission et les États membres, à tous les niveaux de ladministration publique, ont agi pour informer et préparer les citoyens et le secteur privé grâce à ladoption de mesures durgence unilatérales et temporaires pour faire face à la possibilité dune absence daccord et dun retrait désordonné.
Les députés ont insisté sur la pertinence des principes fondamentaux proposés par le Parlement européen et introduits par le Conseil européen dans ses directives de négociation successives, puis mis en uvre lors des négociations:
- protéger les droits des citoyens découlant de leur statut de citoyens de lUnion;
- agir dans lintérêt de lUnion et préserver son intégrité constitutionnelle ainsi que lautonomie de son processus décisionnel;
- préserver le rôle de la Cour de justice de lUnion européenne;
- préserver la stabilité financière de lUnion;
- défendre la jouissance, par lÉtat qui se retire, de tous les droits et son respect de toutes les obligations découlant des traités, y compris le principe de coopération loyale;
- défendre la distinction claire de statut entre les États membres et les pays tiers, étant donné quun État ayant quitté lUnion ne saurait jouir des mêmes droits et être soumis aux mêmes obligations quun État membre.
La résolution a insisté pour que les pouvoirs du Parlement en lien avec la phase de contrôle soient dûment garantis et exercés en temps opportun pour ce qui est de la conclusion des accords internationaux, en particulier ceux conclus dans le cadre dun retrait de lUnion européenne. Il a relevé à cet égard limportance de garantir que le Parlement européen soit informé sur un pied dégalité avec le Conseil à toutes les étapes de la procédure de négociation entre lUnion et des pays tiers.
Thèmes de réflexion
Les députés estiment que larticle 50 du traité UE permet de résoudre laspect procédural du retrait dun État membre, mais ne répond pas aux conséquences politiques, sociales et économiques importantes et aux perturbations quentraîne le retrait dun État membre de lUnion, au sein des États membres, entre eux ainsi quà léchelon international.
Le Parlement a renouvelé son invitation à mener une réflexion approfondie sur le retrait du Royaume‑Uni de lUnion européenne et sur son incidence sur lavenir de lUnion. Il estime quil est de la responsabilité et du rôle de lUnion et de ses États membres dagir davantage pour préserver le processus dintégration européenne, protéger les valeurs et les principes européens, et empêcher quun retrait de lUnion ne se reproduise. Il a souligné la nécessité de mettre en place des garanties pour que le débat public qui précède le déclenchement de larticle 50 du traité UE par un État membre permette aux citoyens concernés de prendre une décision en connaissance de cause.