La persécution des minorités fondée sur les convictions ou la religion
Le Parlement européen a adopté par 496 voix pour, 28 contre et 113 abstentions, une résolution sur la persécution des minorités fondée sur les convictions ou la religion.
Les députés sont préoccupés par les niveaux élevés de coercition, de discrimination, de harcèlement, de violence et de répression que subissent les personnes appartenant à des minorités religieuses ou de conviction. Ce phénomène mondial sintensifie dans certaines régions et touche de nombreuses communautés religieuses, entre autres les bouddhistes, les chrétiens, les hindous, les musulmans et les juifs, ainsi que les groupes de personnes athées, humanistes, agnostiques ou qui ne sidentifient à aucune conviction ou religion.
Le Parlement a affirmé sa détermination à promouvoir et à protéger les droits des personnes appartenant à des minorités de religieuses ou de conviction partout dans le monde, y compris leur droit dadopter, de changer leur religion ou conviction, ou de choisir, de manifester, de pratiquer ou dabandonner leur religion ou conviction, dans le respect des principes dégalité et de non-discrimination. Ils ont fermement condamné toutes les formes de persécution, de violence et dincitation à la violence et les actes de terrorisme visant toute minorité fondées sur la religion ou les convictions.
Les députés ont également dénoncé le fait quun nombre considérable dindividus et dorganisations de la société civile sont persécutés parce quils remettent en cause, critiquent ou caricaturent des croyances religieuses de façon pacifique. Ces violations persistantes de leur liberté de pensée et dexpression se produisent même au sein des États membres de lUnion européenne.
La résolution a insisté sur le fait que les États ont la responsabilité première de promouvoir et de protéger les droits de lhomme des personnes appartenant à des minorités religieuses ou de conviction, tout en les protégeant contre les violations de ces droits, en particulier les crimes contre lhumanité et de génocide. Les églises, les organisations confessionnelles et les autres institutions de conviction et de religion, ainsi que les associations religieuses jouent aussi un rôle important dans le tissu social des pays en développement.
Relever les principaux défis posés par la persécution des minorités religieuses
Le Parlement a souligné quil est capital que les auteurs de violations des droits de lhomme à légard de personnes appartenant à des minorités religieuses ou de conviction rendent compte de leurs actes. En outre, il est primordial de mener des enquêtes approfondies sur les violations des droits de lhomme, de veiller à ce que les victimes et leurs familles aient effectivement accès à la justice et à des voies de recours, et de leur fournir des réparations adéquates.
LUnion et ses États membres devraient :
- uvrer durgence en collaboration avec les mécanismes et commissions concernés des Nations unies en vue dintensifier leurs enquêtes sur les violations des droits de lhomme à lencontre des minorités religieuses ou de conviction dans le monde entier;
- accroître leur soutien politique à la Cour pénale internationale et à sengager dans la lutte contre limpunité dans ce contexte par la ratification du statut de Rome;
- mettre en place des mécanismes qui leur permettraient de détecter les signes précoces et les facteurs de risque de crimes internationaux, en vue de prévenir les actes de violence fondés sur les convictions ou la religion, en particulier les crimes internationaux, tels que le génocide, les crimes contre lhumanité et les crimes de guerre;
- appliquer des sanctions contre les personnes et les entités responsables dabus ou de violations graves ou systématiques de la liberté de religion ou de conviction;
- reconnaître les droits, les convictions et les valeurs des populations indigènes, et sengager à éliminer la discrimination spécifique des populations indigènes fondée sur leurs convictions, de manière complète par lintermédiaire de laction extérieure de lUnion.
Les députés sont vivement préoccupés par lutilisation abusive et linstrumentalisation de la croyance ou de la religion pour imposer des politiques, des lois, y compris pénales, discriminatoires, ou des restrictions qui contredisent et compromettent les droits des personnes LGBTIQ, des femmes et des filles et limitent leur accès aux services de base, tels que léducation et la santé, y compris les droits sexuels et génésiques, pénalisent lavortement dans tous les contextes et ladultère ou facilitent les pratiques religieuses contraires aux droits de lhomme.
Le Parlement a également déploré le fait que, dans plus de 70 pays dans le monde, les autorités appliquent des lois pénales ou cherchent à introduire de nouvelles lois qui prévoient des sanctions en cas de blasphème, dhérésie, dapostasie, de diffamation ou dinsulte à la religion ainsi quen cas de conversion, y compris la peine de mort. Il a demandé à lUnion dintensifier son dialogue politique avec tous les pays concernés en vue dabroger ces lois.
La Commission est invitée à suivre attentivement lutilisation de la législation en matière de sécurité, de trouble à lordre public et de lutte contre le terrorisme et lextrémisme comme instrument servant à persécuter ou à pénaliser les personnes appartenant à des minorités religieuses ou de conviction.
La résolution a souligné limportance des initiatives qui sappuient sur léducation et les dialogues interculturel, interconfessionnel et interreligieux dans le but de lutter contre la persécution, lintolérance et les discours de haine à légard des minorités fondées sur les convictions ou la religion. Les gouvernements sont appelés à lutter contre le phénomène de la haine en ligne et hors ligne dont les minorités religieuses ou de conviction continuent dêtre la cible.
Renforcer la politique étrangère et laction extérieure de lUnion en matière de droits de lhomme
Les députés ont invité le Conseil, la Commission, le SEAE et les États membres de lUnion à faire de la lutte contre les persécutions fondées sur les convictions ou la religion une des priorités de la politique étrangère de lUnion en matière de droits de lhomme. Cette question devrait être systématiquement soulevée dans le cadre des dialogues sur les droits de lhomme avec les pays partenaires et dans les enceintes des Nations unies compétentes en matière de droits de lhomme.
La Commission et le SEAE sont invités à :
- examiner attentivement la situation des minorités religieuses en matière de droits de lhomme dans les pays tiers et la mise en uvre des engagements y afférents pris dans le cadre des accords bilatéraux entre ces pays et lUnion;
- garantir un financement adéquat des questions liées à la protection des personnes appartenant à des minorités religieuses ou de conviction, dans le cadre du programme thématique sur les droits de lhomme de linstrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale - LEurope dans le monde.
Les députés ont recommandé de renforcer lengagement multilatéral de lUnion en vue de promouvoir le respect des minorités religieuses ou de conviction et dintégrer ce principe dans les politiques en matière de droits de lhomme partout dans le monde.