L'accès à l'eau en tant que droit de l'homme - aspects extérieurs
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de Miguel URBÁN CRESPO (GUE/NGL, ES) sur l'accès à l'eau en tant que droit de l'homme: la dimension extérieure.
Les députés ont réaffirmé le droit à leau potable et à l'assainissement en tant que droit de lhomme, les deux droits étant complémentaires. Les États devraient garantir un accès universel, propre et abordable à une eau potable de qualité en quantité suffisante ainsi quun meilleur accès à leau destinée à lassainissement et à lhygiène. Le droit à leau devrait être guidé par une logique fondée sur lintérêt public et sur des biens communs publics et mondiaux.
Le rapport a souligné que le fait dériger le droit à leau potable et à lassainissement en droit de lhomme pourrait déboucher sur de nouveaux progrès :
- en accordant une plus grande priorité politique à ce domaine et en améliorant la mise en uvre et le suivi des mesures y afférentes;
- en assurant un financement plus efficace ainsi quen favorisant la responsabilisation et la participation du grand public, en particulier des populations les plus marginalisées, notamment dans les pays en développement;
- en accordant une place prioritaire à l'aide à la fourniture deau potable et dassainissement dans lattribution des crédits de lUnion et la programmation de laide.
LUnion est invitée à promouvoir des mécanismes de protection à léchelon international, régional et national pour que le respect du droit à leau et à lassainissement ne soit pas facultatif pour les États, mais un droit opposable. Les députés ont également invité lUnion et les États membres à promouvoir les droits à leau potable et à lassainissement ainsi que leur développement normatif dans les enceintes multilatérales et régionales.
Les députés ont insisté sur :
- la nécessité de prendre des mesures danticipation dans le domaine de laccès à leau et à lassainissement et de disposer dindicateurs fiables et comparables pour mesurer le progrès ou la régression en matière daccès à leau et à lassainissement;
- limportance dinvestissements dans les solutions durables en matière deau potable, telles que la remise en état des écosystèmes aquatiques, le recyclage des eaux usées, le dessalement de leau de mer dans les zones côtières et lamélioration des systèmes dégouts, de lirrigation et des pratiques agricoles.
Défenseurs des droits de lhomme
Le rapport a souligné limportance de laction des défenseurs des droits environnementaux et la nécessité de leur fournir un soutien actif ainsi que de protéger leur vie et leur intégrité, en particulier pour les personnes qui protègent le droit à leau. Il a invité lUnion et ses États membres à renforcer les mécanismes de protection et de prévention à légard des défenseurs des droits de lhomme liés à lenvironnement. Le droit de protestation sociale et le droit de réunion pacifique devraient être respectés en particulier dans le cadre de lopposition à des projets qui compromettent la jouissance des droits fondamentaux à leau potable.
Droits des peuples autochtones
Les députés ont fait part de leur préoccupation particulière quant à lincidence significative de certains mégaprojets, dont des projets dinfrastructure, des projets dindustries extractives et des projets de production dénergie, sur les droits fondamentaux à leau et à lassainissement, notamment pour les peuples autochtones. Ils ont insisté sur limportance de veiller à ce que de véritables analyses dimpact complètes sur les droits de lhomme soient réalisées et que la population concernée et les groupes de la société civile soient consultés de bonne foi et que, le cas échéant, les populations autochtones aient donné leur consentement libre, préalable et éclairé à propos de tout mégaprojet.
Droits des femmes et des filles
Le rapport a souligné quun accès abordable à leau et à des services dassainissement et dhygiène adéquats (WASH) est une condition préalable essentielle à la santé publique et au développement humain, notamment le droit à léducation des filles. Il a insisté sur le fait que le secteur WASH des pays en développement devrait se voir accorder une priorité élevée dans la politique de développement de lUnion. Il a demandé que les femmes et les filles soient protégées contre les menaces ou les agressions physiques, notamment les violences sexuelles, lorsquelles vont chercher de leau à des fins domestiques et quelles utilisent des installations sanitaires hors de leur domicile.
Garantir un accès équitable à leau
Le Conseil, dans ses conclusions de 2018, a condamné lutilisation de leau comme arme de guerre. Les députés ont rappelé que la privation intentionnelle deau conduisant à lextermination de civils est un crime contre lhumanité en vertu du statut de la Cour pénale internationale et quelle peut également être considérée comme un crime de guerre. Ils ont demandé aux puissances occupantes de prendre des mesures immédiates pour garantir un accès et une distribution équitables de leau aux personnes vivant dans les territoires occupés et de veiller à ce que les personnes vivant dans les territoires occupés détiennent le contrôle de leurs ressources en eau.
Le rapport a souligné limportance de la gestion intégrée des ressources en eau ainsi que la nécessité dune plus grande complémentarité entre les actions humanitaires, de développement et de paix afin de répondre aux besoins urgents et dintervenir plus tôt pour sattaquer aux causes profondes des crises humanitaires liées à leau et à lassainissement et en prévenir lapparition.
Rôle des entreprises
Les entreprises du monde entier doivent veiller à ce que leurs activités nentravent pas la jouissance du droit fondamental daccès à leau potable ou nen abusent pas. Les députés ont demandé à lUnion et à ses États membres de participer de manière constructive aux travaux du groupe de travail intergouvernemental des Nations unies sur les sociétés transnationales et les autres entreprises en ce qui concerne les droits de lhomme en vue de mettre en place un instrument international contraignant pour réglementer, dans le cadre du droit international en matière de droits de lhomme, les activités des sociétés transnationales.
Lutter contre la pénurie deau
Les députés ont rappelé que lapprovisionnement en eau et lassainissement sont des services dintérêt général et non des marchandises. Ils ont souligné le caractère épuisable de leau et demandé à la Commission et aux États membres dagir de manière préventive contre une pénurie mondiale deau et daider les pays extérieurs à lUnion à prendre des mesures visant à lutter contre cette pénurie. Les États sont invités à adopter des dispositions juridiques pour éviter que leau ne fasse lobjet de spéculation financière sur les marchés à terme et à promouvoir un cadre approprié de gouvernance des services deau et dassainissement dans le cadre dune approche principalement fondée sur les droits de lhomme.